« C'est dans la commune que réside la force des peuples libres. »

À quelques jours seulement des élections municipales, la grande inconnue reste le nombre d’abstentionnistes du premier tour qui, dégoûtés de tout, ne se déplaceront pas pour élire leurs conseillers municipaux et communautaires et leur maire.

Alors que les observateurs notent que ces élections seront une sanction de la politique d’un gouvernement socialiste-EELV qui penche dangereusement vers le social-libéralisme, ce risque de l’abstention plane sur les bons scores que doivent faire les listes Front de Gauche.

Ce qui fera la différence dans la dernière semaine, c’est notre capacité à démontrer aux déçus du vote Hollande aux présidentielles qu’ils peuvent faire entendre leur voix. L’alternative de gauche se situe dans ce rassemblement autour des listes qui réunissent largement ceux qui veulent une autre société, plus humaine et plus démocratique. Du score des listes conduites par le Front de Gauche dépendra la capacité du peuple de ce pays à résister aux mauvais coups engagés ou annoncés.

Les villes, et c’est particulièrement vrai pour la France, sont, depuis le Moyen-Âge, de formidables lieux de résistances au pouvoir central. Le gouvernement veut absolument casser cela. Celui-ci comme ceux qui l’ont précédé d’ailleurs. C’est le sens de la loi sur la création des Métropoles. C’est la condition pour mettre la France à la botte de l’Europe capitaliste et austéritaire qui marche au pas de charge pour réduire les peuples au silence et asseoir les profits du libéralisme financier.

« C'est dans la commune que réside la force des peuples libres. Les institutions communales sont à la liberté ce que les écoles primaires sont à la science ; elles la mettent à la portée du peuple ; elles lui en font goûter l'usage paisible et l'habituent à s'en servir ». Cette tradition, relevée en son temps par Tocqueville (une fois n’est pas coutume !), empêche le libéralisme de tourner en rond. Elle est de celles qu’il faut maintenir et amplifier.

Le droit de voter a été chèrement conquis. En 1848 pour les hommes ; il y a seulement soixante-dix ans pour les femmes et quarante ans pour les jeunes de 18 à 21 ans. S’en servir, c’est résister.

Il nous reste peu de temps pour convaincre. Mais jusqu’à l'élection, nous avons la responsabilité de mobiliser l’électorat populaire, l’électorat foncièrement de gauche pour faire grandir l'alternative à l’austérité et aux libéraux de tout poil.

François Asensi, 14 mars 2014. Publié sur le site de Cerises.

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