« Colère de Brest ! L'humain d'abord »

Première ville du Finistère avec 140 000 habitants, Brest a perdu 25 000 habitants depuis 25 ans, et surtout beaucoup d'emplois. Son arsenal est passé de 7 000 à moins de 3 000 salariés aujourd'hui. L'ancienne usine électronique Ericson, plus de 1000 salariés dans les années 80, devenue Jabil, vient de connaître son 5eme plan de licenciements, il ne restera qu'un peu plus d'une centaine de salariés. Comme le reste du Finistère, cette ville ouvrière subit de plein fouet la crise capitaliste.

Le PS, à dominante catho-libérale, est aux affaires depuis 30 ans, le maire sortant François Cuillandre vise un 3ème mandat, il ne mise que sur « l'attractivité » pour les investisseurs et les bobos. La vie des quartiers est délaissée au profits de projets de prestige, le dernier en date étant un projet de téléphérique. En réponse à une bataille militante de plusieurs années pour le passage de l'eau en régie publique, l'adjoint PCF dévoué au PS a mis en place une SPL (Société Publique Locale) société privée qui s'est construit un siège de 7 millions d'euros. Aucun audit n'a été fait qui aurait permis de récupérer l'argent volé par Véolia, qui est toujours là, en sous-traitance de la SPL, et une eau, qui est toujours parmi les plus chères du pays.

La baisse des dotations de l'État va priver Brest de 4 millions d'euros, mais la majorité sortante (PS-EELV- PCF-UDB-BNC) se garde de toute critique de la politique gouvernementale.

Cuillandre s'est aussi battu pour que Brest ait le statut de « métropole », qu'il a obtenu, rentrant dans la logique de concurrence des libéraux, au détriment de la Bretagne rurale...

Après des mois d'attentisme du PCF, le Front de Gauche, qui regroupe également le PG, la GA et la FASE, est quand même parvenu à tenir une première réunion consacrée aux municipales en mai 2013. Le PCF Brestois a alors expliqué qu'il attendait le bilan de ses élus avant de travailler à un programme municipal. Il s'est finalement mis « en retrait du Front de Gauche »  après une réunion qui avait discuté d'une charte pour ces municipales.

Pendant l'été, puis à la rentrée de septembre, des ateliers ont travaillé sur les questions d'économie, d'écologie et de démocratie. Une Assemblée citoyenne très large s'est réunie qui a permis d'élargir à des syndicalistes, des militant-e-s associatifs.

Depuis plusieurs mois, aux côtés des militant-e-s d'Ensemble, on trouve donc le PG, des militants du PCF qui n'acceptent pas la soumission au PS, des non encartés, des syndicalistes, et depuis le début 2014 le NPA.

Notre liste s'intitule « Colère de Brest! L'humain d'abord », car nous avons mesuré l'état de colère qui s'exprime dans les mouvements sociaux, dans la population, sur les marchés, au porte à porte. Le « Tonnerre de Brest », étant le canon qui sonnait lorsqu'un bagnard s'était évadé du bagne. Et « L'humain d'abord » comme réponse pour transformer cette colère en force de propositions et de transformation sociale.

Dans un climat fraternel et constructif un programme a été construit, et enrichi par des Assemblées citoyennes tenues dans chacun des 7 grands quartiers. Sans rentrer dans le détail, sont dénoncés: la dés-industrialisation (l'Etat a une dette envers cette ville dont la présence militaire a bridé le développement), les quartiers à l'abandon, les grands projets imposés (l'aéroport Notre Dame des Landes, et plus près à Landivisiau un projet de Centrale à gaz), les services publics aux mains du privé (Kéolys, Sodexo...), des zones vertes menacées par l'extension urbaine, et une démocratie en panne.

Les points forts du programme sont donc le retour à des services 100 % publics, la gratuité des transports, la sortie du nucléaire militaire, des États généraux de l'industrie, la tarification progressive de l'eau, la restauration publique locale et bio, des Conseils de quartier autonomes...etc

Notre tête de liste est un jeune militant du PG de 28 ans, la seconde une camarade d'Ensemble, secrétaire en milieu associatif. Nous menons une campagne dynamique et combative, très collective, très présente dans la presse, sur les murs, au porte à porte avec un quatre page tiré à 30 000 exemplaires, présence dans les manifestations du 8 mars , et demain du 18 mars contre le « pacte de responsabilité ».

La gauche de la gauche ne cesse de progresser à Brest. En 2001, c'était « Brest A Gauche Autrement » (BAGA) qui faisait 7 %, en 2008, c'était « La Gauche debout ! » qui faisait 8,99 % (le POI : 2,29 % et LO : 1,65 %). Cette année, le POI n'est pas parvenu à monter une liste.

Nous espérons, et faisons donc tout pour, passer la barre des 10 %. Le maire sortant F. Cuillandre a toujours dit « fusion = confusion » pour nous empêcher d'avoir des élus même par une fusion « démocratique » sans accord programmatique.

Nous voulons des élus indépendants du PS, libres de vote comme d'expression, pour avoir des élus qui portent la colère populaire, et qui se battront pour « l'humain d'abord », il nous faut donc gagner la première bataille, celle des 10 %.

La liste de Cuillandre s'est élargie cette fois, mais sur la droite, en intégrant l'ancien chef de file du RPR, puis de l'UMP, Pellicano, passé cette fois au PRG, ainsi que le directeur de la CCI. En face, la droite est divisée entre Prunier, le chef de l'UMP 29 et B. Malgorn, l'ancienne Préfette de Rennes, qui se livrent une vraie guerre, de nature à rassurer le PS. Le FN est un parachuté, proche de Paul-Marie Couteaux, celui qui parle de camp de concentration pour les Roms. Il ne compte que sur la dynamique nationale en faveur du FN, en général moins forte en Bretagne.

Cette campagne de « Colère de Brest! L'humain d'abord » enregistre déjà un premier succès : la clarification à gauche à Brest. D’un côté, celles et ceux qui pensent et agissent pour faire du Front de Gauche une force utile pour reconstruire une alternative éco-socialiste et de l’autre, celles et ceux qui se sont ralliés, sans principe, à la liste du Parti socialiste. Il s’agit donc de marquer l’essai en terme de résultat électoral et de transformer toute cette énergie dans la construction d’une force pérenne.

André Garçon

 

Pour en savoir plus, le site de notre liste: coleredebrest.fr

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