1er novembre Paris. autour de 1917, deux livres Syllepse, David Mandel et Moshe Lewin

A l’initiative des éditions Syllepse et de l’Association Autogestion :

Réunion-débat autour de deux livres portant sur la révolution d’Octobre 17

avec David Mandel, l’auteur de  Les soviets de Petrograd

et Denis Paillard, traducteur de Russie/URSS/Russie (1917-1991) de Moshe Lewin

Mercredi 1er novembre, 14h à 19h

Le Maltais rouge 40 rue de Malte, 75011 Paris
métro République ou Oberkampf

Les soviets de Petrograd de David Mandel

Portée par les damnés de la terre, la révolution des soviets a ouvert un immense arc d’espérances dans le monde, avant que la contre-révolution stalinienne ne vienne la saccager et la détruire. Les Soviets de Petrograd (1917-1918), l’ouvrage que nous propose l’historien canadien David Mandel, dévoile la réalité des soviets derrière les images d’Épinal. Comment sont-ils nés ? Qui en était membre? Quels étaient leurs rôles? Que voulaient-ils?
Nés de la volonté des ouvriers, dans une situation de guerre et de marasme économique aigu, de contrôler la production contre le sabotage des patrons, ils se sont vite heurtés à leur hostilité ainsi qu’à celle du gouvernement provisoire de Kerenski. Ils sont alors conduits à prendre des responsabilités dans la gestion des entreprises et du pays et, au paroxysme de la crise sociale, politique et militaire, à se poser en alternative d’un appareil d’État déliquescent.

Ils suivront ainsi un chemin hésitant jusqu’à la crise révolutionnaire d’octobre 1917 où surgit le mot d’ordre bolchevique «Tout le pouvoir aux soviets!».

Russie / URSS / Russie (1917-1991) de Moshe Lewin

Le jugement de Moshe Lewin est sans appel : le régime issu de la révolution d’Octobre est « un système barbare construit sur les ruines d’un grand idéal émancipateur ».
La Révolution russe n’a pas ouvert une ère nouvelle dans l’histoire de l’humanité, mais frayé le passage complexe, mouvementé et violent d’une Russie précapitaliste à une Russie capitaliste.
Moshe Lewin souligne les discontinuités et les continuités entre la Russie d’avant la révolution et l’URSS.
Il insiste notamment sur le chauvinisme grand-russe comme composante essentielle de l’idéologie du régime. Dénoncé au début des années 1920 par Lénine comme l’un de ses pires représentants, Staline célébrera, aux lendemains de 1945, la « grande et sainte Russie ». Dans les années 1960, quand le régime entame son déclin, le nationalisme grand-russe pénètre toutes les instances de l’État et du parti.
Moshe Lewin déconstruit également l’assimilation de l’URSS au « communisme », paradoxalement partagée par les adversaires du communisme et par les nostalgiques du système.

Alors que certains, au prétexte que l’histoire aurait mal tourné, souhaitent déchirer la page, il fournit un éclairage sur ce « continent disparu » et restitue à l’URSS sa véritable place dans la réflexion sur la révolution et le socialisme.

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Auteur: 
Robi Morder