21 janvier « Women's March »

Les propos profondément mysogines, lesbophobes, xénophobes,racistes, homophobes (…) du nouveau président des Etats-Unis pendant sa campagne électorale ont suscité une vague de refus horrifiés, ébahis, effarés. L'expression totalement déshinibée d'un tel personnage accédant aux plus hautes fonctions de l’État ne pouvait rester sans réponse, sans protestations, sans la réaction de notre dignité et l'expression de notre force commune à travers le monde. 

Dès les préparations avec le CNDF de la journée de manifestation du 25 novembre contre les violences faites aux femmes, nous apprenions l'organisation aux Etats-Unis d'une « Women's March on Washington » et nous adoptions le principe de nous mettre en lien avec les américaines à Paris, celles-là même qui avaient organisé à l'automne une « March against Trump », mais également les relais américaines de celles qui lançaient l'appel pour Washington le 21 janvier 2017, lendemain de l'investiture de Trump. L'idée de lancer cette marche avait été prise et relayée via facebook au lendemain de l'élection de Trump par une américaine retraitée.

La jonction s'est faite en décembre, et nous avons travaillé ensemble, féministes américaines et françaises réunies, pour préparer cette manifestation du 21 janvier : texte d'appel, visuels, occupation des réseaux sociaux, tout s'est lancé en commun, et nous avons immédiatement senti que la mobilisation s'amplifiait rapidement. Réunie autour du slogan des américaines « les droits des femmes sont les droits humains », cette manifestation se voulait celle de toutes les femmes publiquement bafouées et humiliées, mais aussi celle de toutes les personnes déconsidérées, abaissées, trainées dans la boue par cet homme portant une parole publique face au monde.

« Mon vagin t'emmerde » disait la pancarte d'une manifestante, en réponse à Trump disant qu'il peut se payer les femmes qu'il veut et les attraper par leur « chatte ». D'où les nombreux « pussy hats » tricotés pour l'occasion, les nombreuses chattes dessinées, arborées, brodées, cousues, signe de ralliement, de provocation ou d'humour. « My body, my choice », « mon corps m'appartient », tu n'y toucheras pas, pas plus que tu ne toucheras impunément à nos sœurs et à leurs droits (égalité, respect, santé, avortement, contraception...), pas plus que tu n'inciteras à la haine de nos frères homos, de couleur, amérindiens, étrangers… Nous avons marché pour l'égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix. Nous avons marché pour conquérir de nouveaux droits partout dans le monde, pour interdire à quiconque de défaire ce que nous avons âprement conquis.

Une manifestation colorée de vie, de pancartes, de fleurs, de maquillages, de banderoles, une manifestation de joie dans le froid. 

Parmi les plus de 300 « women's marches » organisées aux Etats-Unis, et de nombreuses marches à travers le monde et en France (Paris, Nantes, Montpellier, Rennes, Poitiers, Nice, Marseille, Bordeaux (…), Madrid, Londres, Amsterdam, Berlin, Stockholm, Zagreb, New Delhi, Sydney, Melbourne, Auckland, Wellington, et bien sûr Washington DC, Los Angeles, Seattle, New-York, Boston avec plusieurs centaines de milliers de manifestant-es), toutes ont rencontré un immense succès. 

L'investiture de Trump le 20 janvier, son premier décret s'attaquant à l'« Obama care », sa mégalomanie imprévisible, ont fait de cette journée aux Etats-Unis celle des femmes et des hommes qui veulent manifester leur vigilance et leur défiance au nouvel hôte de la Maison Blanche. Cette marche était donc soutenue par de nombreuses associations en opposition à la politique et à l'homme Trump : associations féministes, écologistes, des droits civiques, des amérindiens, des antiracistes, d'Amnesty International et de Planned Parenthood, de nombreuses personnalités et artistes... 

Restons en alerte et éveillé.e.s ! 

Les vents contraires soufflent, et nous avons besoin de nous réunir pour tenir l'essentiel toujours tellement fragile : notre humanité, à chaque instant mise en péril par nos craintes et nos lâchetés, toujours à conquérir pour vivre ... humainement , femmes et hommes, dans l'égalité. 

Cécile Silhouette

 

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