9 octobre : mobilisation contre la politique antisociale de Macron

La  politique du gouvernement, antisociale …

La rentrée de septembre est terrible pour l’ensemble du mouvement social … Après la démission de Hulot qui sonne le glas des velléités écologistes de Macron, le gouvernement n’arrête pas de taper sur les plus pauvres : gel des salaires et des pensions, augmentation de la CSG, diminution des prestations sociales, démantèlement du code du travail avec diminution des représentants syndicaux dans les instances consultatives. Alors que le président n’a cessé de faire des cadeaux aux plus fortunés (Suppression de l’ISF, baisse des sanctions pour fraude fiscale, Flat tax, CICE…), sans compter l’abandon d’une politique sérieuse contre les évadés fiscaux alors que près de 300 postes vont être créés pour traquer la triche ... au chômage. Et le gouvernement a dans les cartons une réforme de l’assurance chômage encore plus défavorable aux salarié-es. Dans la fonction publique, le gouvernement va augmenter le temps de travail soit par l’obligation d’heures supplémentaires dans l’enseignement soit par une augmentation de la durée de travail au-delà des 35 h sans compensation salariale. Et partout dans les hôpitaux, l’enseignement, la police, la justice et dans de nombreuses branches du privé (restauration, commerce…) les conditions de travail se détériorent par manque de postes avec une souffrance au travail de plus en plus marquée.

… répressive et méprisante pour les plus en difficulté

Dans le même temps près de 200 militants syndicaux sont l’objet de sanctions pour faits de grève dans le seul secteur de la SNCF. Les méthodes de management de plus en plus inhumaines provoquent dépressions et parfois suicides.

Il est vrai que ton est donné par le Président des Riches, arrogant vis à vis des plus en difficulté. Qu’il parle du « pognon de dingues » distribué en allocations aux plus pauvres sans aucun résultat selon lui, de l’emploi que l’on peut trouver si l’on veut bien chercher « en traversant la rue », il n’arrête pas d’humilier les plus pauvres. Par contre il n’est pas gêné d’offrir un pognon de dingues aux plus riches sans aucun résultat en terme d’emploi !

… provoque une colère sourde dans le pays

La majorité des retraité-es est vent debout contre les attaques de Macron, les travailleurs de la santé, de la justice, de l’Education, les uberisés, les paysans sont mécontents des choix faits et de la diminution de leur pouvoir d’achat, de l’augmentation de la productivité sans que le chômage diminue. Ils ont de plus en plus conscience que Macron est «  le Président des riches », cela explique le décrochage de Macron dans l’opinion qui n’a plus que 29 % d’opinions favorables.

Mais le mouvement syndical est divisé

Le 9 octobre est compliqué. A l’origine c’était le rendez-vous unitaire de l’intersyndicale des retraité-es. FO, la CGT puis Solidaires ont décidé début septembre de faire du 9 une journée d’action interprofessionnelle pour exprimer le ras-le-bol des salarié-es qui prennent des coups de tous les côtés. L’intersyndicale des retraité-es dont certains syndicats n’appellent pas au 9 a décidé de reporter le rassemblement des retraité-es au 18 octobre. La FSU a été ambiguë, dénonçant à juste titre une plate forme floue et préférant mobiliser son secteur dans une grève Education le 12 novembre avec la CFDT et l’UNSA, 2 organisations qui n’appellent pas au 9 octobre ! Cependant, face à l’arrogance de Macron de nombreux syndicats s’engagent aujourd’hui pleinement dans le 9 octobre comme l’ensemble des organisations de fonctionnaires qui appellent les agents de la Fonction publique à se mobiliser le plus massivement possible le 9 octobre sur leurs revendications, contre le gel des salaires, pour la création d’emploi dans la FP, la titularisation des précaires, la défense de la fonction Publique et du code des pensions. De même de nombreuses sections FSU départementales comme le Rhône appellent à faire grève le 9 octobre comme premier point de mobilisation face aux attaques de Blanquer, ce qui n’exclut pas une action Education dans les semaines qui suivent.

Tous ensemble, en grève et dans la rue le  9 octobre 2018 !

C’est cette colère qui doit s’exprimer, en traduisant dans la rue la somme des mécontentements qui travaillent aujourd’hui l’ensemble de la société. C’est d’ailleurs ce que dit  la plate forme revendicative du 9 octobre :

• Pour l'augmentation générale des salaires, retraites et pensions, traitements et minima sociaux
• Pour l'amélioration des conditions de travail
• Pour la défense de la Sécurité Sociale, le maintien du régime d'assurance-chômage
• Pour la défense du service public et contre la suppression de postes dans la FP
• Contre le régime de retraites par points et pour le maintien de tous les régimes existants

Au-delà, il faut continuer à privilégier les cadres unitaires dans les luttes locales (ce qui est parfois plus facile) et s’employer à les faire converger dans des actions nationales qui lient syndicats, associations et partis politiques comme ce fut le cas le 26 mai. Mais l’action syndicale est aussi plombée par l’absence de perspectives permettant d’offrir un débouché politique. La difficulté des cadres syndicaux à mobiliser les salarié-es n’est pas due à l’absence de colère, mais à l’absence d’alternative politique UNIE, qui contribue à la démoralisation sociale.

Il y a 10 fois plus de raisons de se révolter qu’en 68. Le gouvernement Macron est fort de nos faiblesses à gauche. Il serait dramatique que, comme en Italie, cette colère populaire s’exprime très à droite. Ensemble! continuera à se battre pour cette unité de luttes sans sectarisme et dans le respect des histoires politiques et sociales de chaque partenaire. Le chemin sera difficile…

Gilbert DUMAS

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