Air France : la direction à court d'argument

« Tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. » Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906.

Il restera de cette mobilisation du 5 octobre une direction en déroute, fuyant devant les grévistes au lieu de dialoguer. Les récentes décisions d'Air France sont en effet difficiles à justifier. Après des années de pans sociaux, de restriction des effectifs, de pression sur les congés (les salariés ont perdu chacun entre 10 et 15 jours de congés par an), de blocage des salaire, les comptes sont maintenant positifs, le résultat d'exploitation est prévu à 123 millions d'euros pour 2015. Mais cela ne suffit pas pour les actionnaires, qui veulent une entreprise TRES RENTABLE. La direction a donc annoncé une réduction du nombre d'avions, des lignes long courrier. , et du personnel : - 1700 salariés du personnel au sol, - 900 PNC et – 300 pilotes.

Depuis des années, le personnel a réalisé des hausses de productivité considérable (par 20 % ces deux dernières années). Cela se traduit pas des rythmes effrénés dans tous les secteurs de la compagnie. Les PNC par exemple se retrouvent avec des horaires de vol énormes et épuisants. Un tract de la CGT (février 2015) dénonçait plusieurs cas de suicide dans la compagnie, à Strasbourg, Toulouse, Orly, Roissy... Et c'est à ces salariés que l'on annonce de nouvelles réductions d'effectif, qui vont se traduire par un travail encore plus intensif pour ceux qui restent. La menace de licenciements secs plane dans l'air, surtout que la direction a dans la ligne de mire les effectifs d'escale comme Marseille (1000 salariés), Toulouse ou Bordeaux, où ils veulent abandonner la présence Air France au profit du TGV, de HOP ! (filiale régionale) ou des lignes low cost. Les pilotes sont aussi largement mobilisés avec les autres salariés, eux qui avaient mené une grève très dure il y a deux ans contre l'invasion des low cost dans le ciel français.

Le 5 octobre, un rassemblement d'environ 500 salariés de l'escale (piste, enregistrement) a eu lieu à 8h au terminal F, pour converger vers le siège à 10h avec les autres salariés. Ce sont toutes ces catégories de personnel, toutes unies, qui se sont retrouvées à ce moment. Le CCE a été envahi, le DRH a refusé le dialogue et a juste essayé de s'enfuir, ce qui a provoqué la colère des salariés...

Où est la violence sociale ? Du coté d'une simple bousculade, ou bien dans ces décisions de capitalistes qui suppriment sans état d'âme des milliers d'emplois ?

Ensemble ! réaffirme sa solidarité avec les salariés en lutte.

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