AMIENS : RETOUR A LA CONFRONTATION GAUCHE / DROITE

Il arrive que l’adversité favorise la construction du « l’union fait la force », et les gauches picardes pourraient une nouvelle fois en faire la démonstration (1) Quatre ans après, elles restent sous l’impact du vote contraint entre Xavier Bertrand et la cheffe de l’extrême-droite à l’élection régionale de décembre 2015, un impact amplifié par le second tour de l’élection présidentielle. Autre vent contraire aux gauches : l’omniprésence des conseillers élyséens dans les bureaux et les rues de la ville pour qu’Amiens reconduise la droite à la mairie dès le soir du premier tour de l’élection de mars (2).

CONSTRUCTION MUNICIPALISTE A GAUCHE

Une liste authentiquement citoyenne – « municipaliste » pour reprendre la terminologie des meilleurs analystes dans la presse de ces dernières semaines – a vu le jour en novembre à Amiens. Particularité, elle intègre pour 50% les huit formations de gauche amiénoises (3).

Et une étude de l’IFOP, financée par le groupe Fiducial et le Courrier Picard, lui reconnait une réelle notoriété dès cette mi-janvier. Après deux meetings de plus de 500 personnes et quatre temps forts de travail qui ont réuni à chaque fois de 100 à 150 femmes et hommes, parmi lesquels moins d’un tiers sont membres d’un des huit groupes politiques. Très majoritairement ces femmes et hommes ont eu vingt ans entre l’alternance de 1986 et la mobilisation de rejet de l’alliance FN et droite de 1998. Deux figures incarnent plus particulièrement cet investissement de la confrontation droite / gauche par ces dizaines de personnalités qui exercent depuis toujours des responsabilités politico-sociales : Evelyne Becker, 55 ans, déléguée prudhommale et responsable CHSCT de l’usine Goodyear pendant la lutte contre les 4 fois 8 heures et contre la liquidation, soutenue par François Ruffin pour être en position éligible LFI à l’élection européenne ; Julien Pradat, architecte pratiquant une maîtrise d’œuvre à l’écart des facilités des promoteurs en vue, plus connu encore pour participer à un investissement culturel qui a su soustraire de haute lutte des lieux urbains historiques à la spéculation immobilière. La dynamique générationnelle est vigoureuse et c’est heureux car la marche est haute.

Redonner sens au politique à gauche ne se fera pas en un claquement de doigts. La droite, de Gest à Macron ce 23 novembre, accuse ouvertement la CGT (4) de porter la responsabilité des 1150 licenciements des Goodyear, un désastre suivi par la liquidation de près de 300 emplois par Whirlpool et son vrai faux repreneur, le délégué 80 du Medef Nicolas Decayeux. Le rouleau compresseur patronal et préfectoral est d’autant plus pesant que, localement, les politiques de recrutement ont gonflé les effectifs des intérimaires et des CDD, qu’il s’agisse de l’agro-alimentaire, des industries, de la logistique ou des centres d’appels. Les régressions en matière de modulations horaires, de salaires etc. s’y font largement sentir, les DRH tirant tous les atouts pour l’employeur des décrets El Khomri et des ordonnances du 22 septembre 2017. Autre couvercle, cette fois sur les milieux associatifs et éducatifs : le meurtre d’un jeune de 19 ans le 26 janvier vient de raviver la plaie des émeutes d’août 2012 et de la méthode alors imposée par Valls et Hollande à l’encontre des habitant.e.s des grands ensembles.

A Amiens comme ailleurs, reconstruire les clivages droite et gauche exige donc des actes, bien au-delà des déclarations et proclamations. Indice du chemin à parcourir : l’étude citée de l’IFOP jette une lumière crue sur le très petit niveau d’adhésion électorale à gauche puisque les intentions de vote comptabilisées sur les six listes de droite totalisent près de 60% (5).

Dans les cinq semaines restantes, c’est donc une vraie révolution civique qu’a à réussir le rassemblement « Amiens c’est l’tien »

 

CLORE CE MANDAT DU RETOUR DE L’AFFAIRISME

Faire face aux droites picardes ne peut se faire dans l’ouate ordinaire de la civilité comme doit ne pas le faire oublier le précédent de Picardie citoyenneté.

Souvent leur chef de file exerce la profession d’assureur et gestionnaire de patrimoine : c’est la position subalterne parfaite attendue par ces propriétaires fonciers, ces entrepreneurs et franchiseurs qui dominent les pouvoirs ici. Le rôle à leurs yeux de l’élu de droite n’est que d’aligner les affaires de la cité sur leurs besoins immédiats. Après Robien et Bertrand, Jenlis est dans ce cas. Est-ce pour cela que Macron l’a intronisé le 22 novembre chef de l’union des droites à Amiens et pour la Somme ? Le ralliement du clan Robien au clan élyséen permettra-t-il d’inscrire Amiens dans les villes qui auront réélu leur maire de droite dès le premier tour ? Localement élargi à LR (de fait et non de jure), l’accord LRM-UDI ambitionne en tout cas d’également baliser le scrutin cantonal et régional de 2021 dans la Somme : après le désastre de l’élection européenne et sa réplique annoncée le 15 mars, LRM veut voir dans la double élection de 2021 son ultime corde de rappel.

Factuellement, Jenlis est aussi chargé de tenir en laisse le LR Gest : le pilotage des 39 maires de la communauté d’agglomération depuis 2014 a ramené l’affairisme des années Chirac et Sarkozy au premier plan, non sans risques pour des pans entiers des intérêts économiques les plus anciennement installés. De gros acteurs fonciers comme Immochan par exemple sont en passe d’imposer des opérations freinées par les municipalités antérieures.

La pari amiénois de Macron peut-il réussir ? En tout cas, le satisfecit gouvernemental sur le front de l’emploi se décline ici sans fausse pudeur. Et de fait, après la saignée des 1150 licenciements de Dunlop Goodyear de 2014, le bassin amiénois a dernièrement renoué avec la croissance : solde net de 700 emplois en 2017, de 900 en 2018 et encore de 150 en 2019.

Car excellemment positionnée entre Rotterdam, Le Havre d’une part et d’autre part la verticale Lille-Paris-Marseille et l’axe Reims-Strasbourg vers les marchés d’Allemagne et d’Europe centrale, Amiens connait un boom logistique depuis 10 ans : le fournisseur blanc-meslinois de Babou, de la Foire fouille etc. a fait en 2007 d’Amiens nord sa base principale, imité en 2015 par Amazon.

Également excellemment connectée aux réseaux de fibres optiques transmanche et transatlantique, Amiens est de plus en plus en pointe dans les activités de télévente : Bank Orange ouvre prochainement un 5ème plateau de plus de cinq cents postes.

Et le très récent regroupement de toutes les activités d’un CHU d’exception s’accompagne d’un vigoureux essor des établissements privés qui le dédouble et d’une non moins vigoureuse expansion de leur zone de chalandise.

Sur ce fonds de dynamisme du marché de l’emploi, le bilan des sortant.e.s est pourtant détestable sur ce qui est la colonne vertébrale du bassin de vie : l’agro-industrie, la chimie végétale, la pétrochimie et le façonnage métallurgique. La Communauté d’agglomération, loin de tirer les enseignements de Lubrizol, vient de délivrer un permis de construire qui contrevient totalement à la préservation de cette excellence industrielle : à l’emplacement de l’ex-usine Goodyear,  ce permis autorise l’entreposage de produits inflammables or ses 28 hectares ne sont qu’à un kilomètre de distance de deux usines très performantes, celle de l’américain Procter&Gamble et celle du japonais Ajinomoto.

Le 28 mai prochain, le prononcé de la condamnation de Goodyear pour licenciement sans cause économique ne manquera donc pas d’ouvrir le procès de la délivrance de ce permis de construire (6). En fait, l’exécutif amiénois sortant et les hauts fonctionnaires d’Etat ont en partage de gérer fiasco sur fiasco face à Goodyear et face à la multinationale du gros électro-ménager Whirlpool.

N’est-il pas incroyable qu’en janvier encore Gest-Fouré s’adossent en comité de suivi Whirlpool à Pannier-Runacher qui, au nom de Bercy, délie la multinationale de ses obligations de PSE pour les transférer à l’exécutif régional ? Voilà un manque de détermination qui laisse mal augurer d’une capacité à affronter les négociations du brexit et leurs redoutables enjeux dans l’agro-alimentaire et dans la logistique du nord-ouest de l’Europe.

 

LE DÉFAUT DE DISCIPLINE DE LA NOUVELLE DROITE LRM

Dans cette conjoncture qui s’assombrit, l’étude de l’IFOP chiffre de 31 à 37% les intentions de vote pour la coalition sortante LR/UDI renforcée par LRM. Et la rédaction du Courrier Picard souligne que cela représente une perte de 10 points en six ans (7).

L’étude décèle un plébiscite pour la dissidence solitaire de l’adjoint au commerce qui atteindrait le deuxième score dans les listes de droite testées. Cette évaluation est en résonnance avec trois années de récriminations commerçantes tous azimuts : les commerçants du centre viennent d’être lourdement pénalisés par l’ouverture d’un sixième parc de grande distribution en périphérie et ont été gravement désorganisés par les travaux imputés à la modernisation du réseau de bus et finalement par l’échec commercial d’un transport collectif administré par la filiale SNCF spécialisée, Keolis.

Facteur plus essentiel encore du recul de l’union de la droite chiffré par l’IFOP : deux dissidences LRM bravent l’adoubement présidentiel de l’exécutif local sortant. L’IFOP les voit approcher 10% pour peu qu’elles fassent cause commune, ce qu’elles ont entrepris dès le lendemain de la publication du Courrier Picard. Si la configuration à droite est en voie de se réduire de cinq listes à trois, c’est aussi que chacun a en ligne de mire l’épée de Damoclès du renouvellement du conseil régional dans treize mois : n’y siègent que le clan Le Pen et les droites fédérées par l’axonais Xavier Bertrand qui lui est désormais ouvertement en campagne pour priver Macron d’une réélection en 2022.

LA LISTE CITOYENNE INCLUANT 8 PARTIS POLARISE LA SCÈNE ÉLECTORALE

La liste de gauche elle est évaluée à 21, 24 ou 27%, une fourchette sujette à caution en l’absence de publication des taux de refus essuyés par les enquêteurs. Amiens c’est l’tien, liste citoyenne intégrant pour moitié des militant.e.s du PC, d’Ensemble !80, France Insoumise, Picardie Debout, EELV, PS, Génération.s et Place publique aurait donc à ce stade assis sa notoriété.

La liste gremetzienne labellisée Amiens Insoumise friserait elle 5%, une prévision prudente de l’institut qui ne fait que reconduire là le score de 8% que l’Aube Nouvelle avait atteint le 23 mars 2014.

A gauche donc, l’étape décisive de la confrontation électorale s’engage. Et l’enseignement n°1 pour la liste citoyenne de gauche est le faible indice d’adhésion à un vote à gauche que mesure l’institut à cette étape de la campagne. Le moment de l’administration des 600 questionnaires a été la troisième semaine de janvier, un moment où l’inflexibilité de Macron et Philippe s’impose un peu plus aux manifestant.e.s sans que les questionnaires ne révèlent un effet de retour aux votes de gauche dans une ville majoritairement populaire comme Amiens. Autrement dit ce qui n’est pas encore obtenu dans la rue s’obtiendra par la rue, pas par les urnes. Aucune analogie avec décembre 1995 et l’élection d’avril 1997 n’est à attendre, le vocabulaire des gauches françaises pouvant remiser définitivement cette notion de « débouché politique » et sa dernière déclinaison, le « vote de classe ».

De fait, les raisons de douter que le politique puisse être investi au quotidien par les citoyens et par leurs formations de gauche sont profondément ancrées, nationalement et régionalement. Et si localement les raisons d’agir ne manquent pas dans les quartiers comme dans les zones industrielles, syndicats et partis, longtemps figés dans des cultures peu démocratiques, commencent seulement à participer à leur prise en charge, ne se libérant que très tardivement de la démagogie sans fard des années Gremetz et de son cortège de fractures sectaires.

Dans les raisons d’agir qui s’imposent en ce début de campagne, citons les deux friches commerciales qui pèsent lourdement sur le quotidien d’Amiens Nord et d’Amiens sud-ouest : elles résultent de l’affrontement local d’Auchan et de Carrefour il y a dix ans, un affrontement qui entre dans une nouvelle phase à l’échelle de la moitié nord de la France, Ile-de-France incluse. S’impose également de s’opposer à la SA HLM adossée à la Chambre de commerce : elle a entrepris de vider des cages d’escalier de la manière la plus détestable sur le grand ensemble de 7000 habitant.e.s qu’elle gère seule à 6 kilomètres du centre-ville. Son objectif est de contraindre l’ANRU à une deuxième grosse opération de démolition et de contraindre au départ des ménages que son conseil d’administration juge indésirables (familles monoparentales, salarié.e.s retraité.e.s etc). De fait encore l’intérim étant une clé centrale pour les employeurs des industries comme des services, s’impose d’adapter les services, tarifs et horaires urbains pour tenir compte des particularités d’intermittence de temps de travail et de revenus de ces milliers de femmes et d’hommes.

Lever les doutes sur l’utilité d’investir collectivement le politique est donc le chantier maintenant ouvert à Amiens soit, pas-à-pas, l’organisation de moments mêlant à égalité de paroles et d’initiatives individualités qui s’engagent, militant.e.s de formations politiques, syndicalistes, élu.e.s d’entreprises ou de conseils d’école etc. Il s’agit pour reprendre la formule d’Evelyne Becker de faire de ce moment de confrontation électorale un moment « d’émergences citoyennes », tant il est vrai que seule l’intervention des intéressé.e.s peut changer le quotidien.

Sans être une fin en soi, ce « municipalisme » qu’avaient su faire percer les Motivé.e.s en 2001 est plus essentiel aujourd’hui encore : la part d’aventurisme et de pulsions autoritaires n’a cessé de grossir depuis ce fichu 21 avril 2002. La responsabilité amiénoise n’est pas mince.

LES FAUX PAS À RÉPÉTITION DES SORTANTS

Au soir du premier tour de l’élection municipale de 2008, le système local RPR-UDF vieux de vingt ans s’était effondré. Amiens c’est l’tien est en capacité, en dépit des rustines élyséennes, de parvenir à un résultat identique tant l’affairisme des sortants menace l’avenir proche, tant les fissures s’élargissent.

Ainsi les comités de quartier installés il y a trente ans par Robien ont cessé d’être représentatifs des droites et des quartiers. Autre produit de l’alliance Robien pour l’UDF, Meyzin pour le RPR, la cohorte de quelques dizaines de hauts fonctionnaires grassement rémunérés pour cornaquer les services ne gère plus au mieux que l’immobilisme : et sous la poigne de Gest, elle a passé à la trappe des services aussi essentiels que la voirie dont la remarquable technicité s’était tissée sur plusieurs décennies. Et si les propriétaires fonciers et promoteurs ont obtenu la mise à l’écart de l’agence d’urbanisme, c’est un maillon essentiel aux relations avec les ministères et avec l’exécutif régional etc. qui fait cruellement défaut désormais.

Sans doute, les multinationales françaises et étrangères n’attendent-elles pas des exécutifs politiques une prospective très informée. Toutefois la remontée des moyens d’aménagement des Chambres de commerce et d’industrie départementales sur une Chambre de commerce et d’industrie de grande région, à Lille, fait perdre en réactivité dans des tissus économiques de plus en plus réticulaires. Gest attaque Evelyne la rouge qui fera fuir, selon lui et Macron, les investisseurs. Les carences avérées ou programmées en matière de gestion des risques ou d’aménagement et d’entretien des zones industrielles sont des menaces bien réelles celles-là pour les dits « investisseurs » (8).

Un cycle urbain s’achève à Amiens, rendant nécessaire de modérer l’inflation de studios au sud-ouest, à proximité du pôle santé et d’arrêter de dilapider du très bon foncier d’activités dans le voisinage des échangeurs, de la gare centrale et dans les deux zones industrielles de 1946 et de 1958.

 

CONCLUSION

L’étude de l’IFOP donne la maire UDI réélue avec l’alliance LRM et LR : voilà un formatage de la confrontation électorale à enterrer sans fleur ni couronne.

Avec une borne annoncée d’entrée de jeu : faute d’ouverture de la liste macroniste officielle, les dissidents LRM ne manqueront pas de tendre la main à la gauche, avant et après le 15 mars. Une offre à décliner en toutes circonstances. L’ adversaire de mon adversaire est très rarement mon ami.

 

 

(1) Avec la Bourgogne et le Languedoc-Roussillon, la région eut à faire face au ralliement de l’UDF, Robien inclus, au choix de l’alliance avec l’extrême-droite pour se maintenir à l’exécutif régional. Les gauches picardes surent impulser une riposte d’ampleur, Picardie citoyenne.

(2) jusqu’à cette insistance de Macron à embarquer ses ennemis jurés de LR aux côtés de LRM pendant ses deux longues journées de séjour au chevet de la cathédrale fin novembre

(3) Picardie debout, PC, LFI, EELV, Ensemble!, PS, Génération.s, Place Publique : en juin 2017, la députée vallsiste sortante et son suppléant de 2012 rallié à LRM avaient été battus par cet axe de forces dont la fédération socialiste, frondeuse, était sortie au tout dernier moment. François Ruffin devenait député au terme d’une campagne fournie : oscar du documentaire pour Merci patron, présence marquée aux côtés des Whirlpool, renouvellement des pratiques de campagne à Flixecourt, Abbeville et Amiens etc. Picardie debout ! est née de cette campagne.

(4) Et à travers la CGT toutes les gauches : au moment du conflit sur l’organisation du travail, les trois assemblées, municipale, départementale et régionale, sont à majorité composée d’élu.e.s du PS, du PC et d’EELV.

(5) 600 questionnaires administrés par centres d’appel dans la semaine du 20 janvier. Le taux de refus comme le taux d’intention de participation ou non au vote du 15 mars ne sont pas publiés.

(6) À remettre en cause également : l’aval préfectoral de février 2019, délivré hors saisine de la DREAL des Hauts-de-France, saisine incontournable dans le périmètre SEVESO de l’Espace industriel nord. Ce couac sur le droit de l’environnement est dans la droite ligne de ces multiples dysfonctionnements causés par l’absorption de la Picardie par le Nord-Pas-de-Calais voulue par Valls et Hollande.

(7) Sur cette étude et plus généralement sur les dimensions politico-sociales locales et régionales, le Courrier picard est un outil d’observation et d’analyses critiques indispensable notamment sous les signatures de Térézinha Dias, Philippe Fluckiger, Bakhti Zouad et Alexandre Boulard

(8) Une polémique à l’initiative des dissidents LRM se développe sur l’absence de travaux d’une mission « start up » financée à hauteur de deux fois du budget de la mission pour l’emploi des jeunes

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Auteur: 
Eugène Bégoc