Andrea Kotarac : du populisme au souverainisme et du souverainisme à l'extrême-droite

Voici la lettre que nous lui avions adressée personnellement le 30/04 et que son appel à voter pour le
Rassemblement National aux élections européennes du 26 mai nous autorise à rendre publique :

« A Andrea Kotarac,
Nous avons été surpris, et à vrai dire choqués, par ta participation annoncée au Forum Economique
organisé en Crimée à Yalta du 18 au 20 avril, et tenons par ce courrier à marquer notre désaccord. Un
Forum dont l’aspect géostratégique n’était pas anodin, ne serait-ce que par sa localisation en Crimée (dont
l’annexion par la Russie n’est pas reconnue par l’ONU) et le titre même : «Monde. Russie. Crimée. Nouvelle
réalité mondiale» qui marque l’empreinte de la politique internationale déployée par Poutine.
En tant que citoyens français, nous n’avons pas d’avis à défendre sur la « russité » ou « l’ukrainité » de la
Crimée, mais nous défendons, comme partout, le droit à l'autodétermination des peuples. Et il ne nous
semble pas que l’autodétermination des populations concernées ait pu s’exprimer dans des conditions
démocratiques. Répondre à une invitation à Yalta à quelques jours du 5° anniversaire de l’annexion est une
façon d’entériner le fait accompli.
Bien entendu, ce n’est pas la recherche d’échanges ou de partenariats (qu’ils soient politiques, culturels ou
économiques) en Russie qui pose en soi problème : c’est le type de partenaires invitants et invités !
La Russie est un voisin européen et les échanges entre mouvements sociaux et écologistes, forces
syndicales, mouvements démocratiques sont à développer. Cela inclut ceux qui sont réprimés par le régime
autoritaire de Poutine. Mais que peut-on attendre d’oligarques russes acquis à la politique brutale de
Vladimir Poutine, comme le co-président du Forum Andrey Nazarov ?
Nous n’avons pas très bien compris à ce propos quelle entité tu avais vocation à représenter là-bas ? Sans
doute pas la Région … la France Insoumise ? ou ?
Autre aspect : la presse n’a pas manqué de souligner la présence importante à Yalta de représentant-es de
l’extrême-droite française et européenne. En soi, le seul fait de se retrouver dans le même lieu avec Marion
Maréchal-Le Pen ou Thierry Mariani, n’est pas forcément LE problème principal (il y a des épisodes où pour
des raisons diamétralement opposées de telles coïncidences peuvent arriver) … Mais lorsqu’il s’agit dans le
même temps de toute une série de représentants de l’extrême-droite européenne, du Vlaams Belang à
Italia Madre, de régimes dictatoriaux du Moyen-Orient ou d’Afrique, de représentants de la « République
de Donetsk », d’Ossétie du Sud, d’Abkhazie (autant de territoires sécessionnistes imposés par les armes
russes et reconnus par aucun pays hormis la Russie) … Il ne s’agit plus de coïncidences regrettables : la
présence massive de ces représentants peu recommandables fait système, et fait système avec les invitants
eux-mêmes ! Et si Bachar El Assad n’est pas venu en personne, il était prévu comme « invité d’honneur » si
on en croit l’agence Tass …
Nous avons donc de sérieux désaccords sur la conception des échanges internationaux, qui ne peuvent
s’identifier avec des collaborations avec les régimes en place, et sur la conception même des solidarités
internationales qui, pour nous, ne relèvent pas de la "diplomatie" entre (ou avec) des puissances étatiques.
Sans doute aussi sur le « réalisme politique » ou bien le « campisme anti-Trump » qui feraient que les
« ennemis de nos ennemis » soient de fait un peu nos amis …
Nous tenions donc à réagir à ce sujet. Ce courrier t’est adressé personnellement, car nous souhaiterions
quelques explications sur les motivations et les conditions de cette participation qui n’est pas anodine. Ce
n’est ni une déclaration publique ni un communiqué de presse. Nous nous autorisons par contre d'en
adresser copie aux Co-secrétaires du PG/FI , aux responsables du GRAM et à la Présidente du Groupe à la
Région auquel tu appartiens. Lyon le 30/04/2019 Ensemble!69. »

Hélas, nous avons la réponse à nos intérrogations : Andréa Kotarac n'appartient plus à notre camp social et
politique puisqu'il a choisi celui du néofascisme. Nous devons en prendre acte et en tirer les conséquences.
Cette dérive doit nous interroger sur le moment politique que nous vivons où les reclassements politiques
les plus rapides et inattendus sont possibles.

Ensemble!69

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Auteur: 
lboffet