AP-HP : Martin Hirsch persiste et provoque les personnels.

Martin Hirsch n’a toujours pas renoncé à imposer son projet de ré-organisation du temps de travail à l’ AP-HP, c'est-à-dire de remise en cause de l’accord 35 heures de 2002. Il veut obtenir la  suppression des jours de RTT, la flexibilisation des horaires de travail et imposer de faire en 7h30 ce qui se fait actuellement en 7h50. Objectif financier d’abord et avant tout : 20 à 25 millions d’euros par an.

Concrètement, Martin Hirsch et son armée de managers-financiers veulent imposer de baisser le temps de travail quotidien de milliers d’agents hospitaliers, ‘’récupérer’’ ainsi les jours RTT et faire sur le dos des personnels un gain de productivité.

Cette idée avait provoqué une mobilisation sans précédent au mois de mai et juin 2015. 8 000 agents s’étaient retrouvés en manifestation devant le siège avenue Victoria le 21 mai malgré des records d’assignations et les déplacements du directeur avaient partout été perturbé. On se rappelle notamment son passage au 7/9 de France –Inter à Georges Pompidou,  ou la mobilisation du personnel avait entrainé  le choix d’interrompre en direct  l’émission.

Avant les vacances d’été, la direction avait annoncé qu’elle allait aller à la rencontre des salarié(e)s dans les services. Elle a vu ce que cela donnait ! Dans les établissements où la direction générale s’est déplacée tout l’été, l’opération séduction a fait flop. Partout les mêmes réponses : nos conditions de travail sont déjà trop dégradées, il manque du personnel, on est déjà rappelé au téléphone sur nos congés, pas question de continuer à faire les heures supplémentaires non reconnues et donc non payées parce que le temps de liaison entre équipes, essentiel, n’est pas reconnu, et en plus nos salaires sont bloqués, etc…. 

Ce n’est  d’ailleurs pas la première fois que la direction de l’AP-HP cherche à jouer le contact direct avec les personnels. L’ancienne directrice de l’AP-HP, Mireille Faugères avait fait réaliser un baromètre social  par une boite privée. Les conclusions sont restées dans les tiroirs : 500 000 euros ont été gaspillés ! 

Mais pour le gouvernement, soutien de Martin Hirsch, l’enjeu va au delà de l’Assistance Publique.

Il s’agit bien sur de mettre un coup d’accélérateur aux restructurations néolibérales de l’hôpital public en attaquant les personnels et leurs droits. 22 000 postes au niveau national sont dans le collimateur des restructurators. Imposer aux 72 000 agents de l’ AP-HP cette ‘’ré-organisation’’, ce serait 1100 postes supprimés et ce serait aussi un signal national qui rentrerait en écho avec ce que réclame aujourd’hui la fédération Hospitalière de France (qui regroupe les directions hospitalières publiques), à savoir  limiter à 15 les jours dans l’année les RTT à l’hôpital public.

Cela s’intègre avec les accords sur les retraites complémentaires et les contre-réformes de la loi Macron. De ce point de vue, c’est la politique d’austérité conforme aux injonctions de la commission européenne et de la banque centrale européenne dans le cadre du pacte de stabilité qui s’applique : faire des économies dans tous les domaines de l’action publique pour garantir le remboursement de la dette de l’Etat et les profits des banques. Le dernier exemple étant le projet de coup de rabot sur l’allocation adulte handicapé envisagé par le projet de loi de finance de 2016.

Il faut dire que Macron est d’une certaine manière dans la place puisque la numéro 2 de l’AP-HP est une camarade de promotion à l’ENA, après avoir été directrice de cabinet du ministre Cahuzac, à sa manière un fameux expert en économies !

Le 27 octobre 2015, Martin Hirsch a sorti du chapeau un accord….avec la seule CFDT, qui ne représente que 18% des votes du personnel aux élections professionnelles. Un accord qui prévoit tout simplement la suppression de 3 jours de RTT, la mise en place du passage au 7heures 30 pour tous en 2016 et l’aggravation de la flexibilité des personnels.

D’après les autres syndicats, c’est essentiellement la reprise du projet avancé par Martin Hirsch en avril dernier. 

La direction de la  CFDT a donc choisi de maquiller une décision de Martin Hirsch en accord. Il faut savoir que depuis la loi Bachelot, il a la compétence pour ‘’décider ‘’ de l’organisation du temps de travail. L’hôpital-entreprise, c’est aussi cela : le directeur est devenu  chef d’entreprise. Mais un ‘’accord’’ lui permettra de faire croire que le ‘’dialogue’’ social a eu lieu, même si cet accord est ultra-minoritaire.

Les 6 organisations syndicales qui sont restés groupées en intersyndicale ont vigoureusement protesté contre la manœuvre. Dans un communiqué, elles appellent à une grève le 17 novembre et annoncent que si le 17 novembre la décision du 17 octobre n’est pas annulée, la grève totale illimitée sera à l’ordre du jour.

Des assemblées générales se préparent. Nul doute qu’elles seront massives et que la mobilisation sera au rendez-vous.

Cette mobilisation sociale a déjà et aura un impact politique. Ensemble ! avec le Front de gauche santé y prendra toute sa place.

Roland Foret

 

 

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