Après la chute d'Alep. Comme en un cauchemar...

Le 9 janvier, Bachar al-Assad était omniprésent sur la chaîne d'informations continue France Info, et aussi sur RTL et la Chaîne parlementaire...

On dira que les journalistes font leur travail, et qu'on ne saurait leur faire reproche de partager un tel scoop.

Encore faudrait-il compléter l'information, comme le fait Hala Kodmani dans Libération du 10 octobre. Les 3 médias étaient en fait 4, puisque était également présente la correspondante du site Boulevard Voltaire fondé par Robert Ménard (1). Par ailleurs l'entrevue a été rendue possible dans « le cadre de la visite de 3 députés français » (2).

Tout cela au lendemain de la chute d'Alep et après des années de répression sauvage contre la population syrienne.

Le correspondant de RTL explique que « le président syrien est froid, sans scrupule ». Froidement en effet, il dévide ses propos insipides sur le thème que toutes le guerres sont « mauvaises » (bad), mais qu'un régime responsable se doit d’arracher les populations des mains sanglantes des « terroristes »... Refrains connus, dont il n'a pas hélas le monopole.

Plus original le salut à la « position bienvenue » de François Fillon, qui « veut combattre le terrorisme et qui ne se mêle pas de la politique syrienne ». Occasion donc pour Bachar al-Assad de se mêler de la politique française.

Pourtant, on ne rêve pas. Bachar al-Assad auréolé de sa « victoire » à Alep peut tout se permettre. Comme en toute guerre, « malheur aux vaincus » et « respect aux vainqueurs » !

Mais de quelle guerre parle-t-on ?

Celle qu'illustre une photo publiée dans Le Figaro du 4 janvier : un blindé chargé de soldats au milieu d'une ville fantôme, pulvérisée, sans âme qui vive.

Des ravages qui ne résultent pas d'un tremblement de terre, ni d’une confrontation entre puissances militaires antagoniques. C'est d'Alep qu'il s'agit. Cité multiséculaire, deuxième ville de Syrie,dont les quartiers Est ont été rasés, vidés de leurs habitants, après des années de bombardements et des mois de siège. Grâce auxquels Bachar al-Assad, avec le soutien massif de l'aviation russe, des combattants du Hezbollah, des milices iraniennes, irakiennes, afghanes..., a pu reconquérir Alep sur les forces hostiles à son régime, et crier victoire.
Le blindé est russe.

Les ruines sont syriennes.

Tel est le cadre dans lequel Bachar al-Assad peut parader devant les caméras françaises.

Francis Sitel.

(1) : La journaliste de Libération précise que sur ce site sont publiés des extraits des propos non retenus par les chaînes de télévision, dans lesquels Bachar al-Assad traite la France « d’État aveugle » depuis qu’elle a rompu les relations avec son régime, aveuglement dans lequel il inclut « les médias mainstream qui ont échoué. Leur version a été discréditée. C'est dans les médias alternatifs quil faut aller chercher la vérité ». On comprend que le même site qualifie le discours du dictateur d' « entretien nécessaire, passionnant ».

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(2) : Thierry Mariani, Nicolas Dhuic et Jean Lassalle.

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