Après la 2ème assemblée du Front de gauche

Le Front de gauche a tenu le dimanche 7 décembre 2014 sa deuxième « Assemblée Générale », rassemblant des représentants des différents espaces du Front de gauche, des assemblées Citoyennes, des Fronts Thématiques, des organisations qui la constituent et de personnalités qui participent à ses débats. La première du genre pour le rassemblement s’était tenu le 6 septembre après une année de forte division et d’incertitude sur la pérennité du Front de Gauche (lire le compte rendu fait alors par la délégation d’Ensemble qui pointait les nombreuses contradictions qui existaient : https://www.ensemble-fdg.org/content/assemble-de-rentre-du-front-de-gauche-un-point-dappui-pour-aller-plus-loin)

Un éclatement du Front de gauche aurait été un évènement négatif considérable dont les répercussions se seraient fait sentir, bien au-delà des organisations qui le constituent, sur l’ensemble du champ politique à gauche et du mouvement social. Rien n’est jamais totalement acquis et de nombreux débats politiques subsistent. Mais les échanges de l’Assemblée Générale du 7 décembre ont permis de vérifier qu’il existait de nombreux accords sur l’appréciation de la situation politique et les priorités à développer, ce qui a permis un travail dans un climat serein et apaisé. Cette cohérence qui commence à se développer s’appuie sur trois éléments décisifs :

- Le constat partagé  de la nécessité impérieuse de trouver les moyens de susciter des dynamiques d’implications populaires qui soient capable de mettre en échec la politique d’austérité de François Hollande et Manuel Valls et qui puissent ainsi ouvrir de nouvelles perspectives d’avenir. L’outil qui a été construit ces derniers mois avec le Collectif « Alternative à l’Austérité » auquel participent toutes les forces du Front de Gauche est un outil précieux de construction du rapport de forces qui permet de rassembler des forces syndicales associatives et politiques sur ce terrain. La question de la Loi Macron fait figure de prochain rendez-vous majeur en ce sens.

- La nécessité de travailler à l’émergence d’une alternative politique au gouvernement de Valls et Hollande est une question centrale qui ne peut passer seulement par l’auto affirmation du Front de gauche, mais nécessite un processus de rassemblement des forces politiques, issues du mouvement, intellectuelles, du monde de la culture, de citoyens… La recomposition politique à grande échelle qui s’est engagée à gauche avec la nomination de Manuel Valls comme Premier Ministre (départ d’EELV du gouvernement, « Frondeurs » du PS…) pose la question de façon objective. Il faut engager les travaux pratiques pour concrétiser cette perspective, c’est le sens de la proposition d’« Assises contre l’austérité et la transformation sociale et écologique » que le Front de gauche a mis en débat auprès de tous ses partenaires potentiels.

- Enfin, cette recomposition politique des forces de gauche sera confrontée aux prochaines échéances électorales, notamment départementales qui approchent à grand pas. Mais pour être capable de rassembler largement les forces qui s’opposent à la politique du gouvernement, il est indispensable que le Front de gauche soit capable de définir pour lui-même une démarche cohérente. Le travail sur un document d’orientation du Front de gauche pour les élections départementales est en bonne voie et il contribue à surmonter la division douloureuse des municipales. Mais le caractère tardif de cette discussion (alors que les discussions sont déjà engagées dans l’ensemble des départements) témoigne que la remise en mouvement du Front de gauche pour en faire une force de proposition, demande encore un travail important.

Le Front de gauche est confronté aujourd’hui à un paysage politique plus complexe, qui connait de fortes mutations. Il n’est plus le seul à critiquer à gauche la politique du gouvernement (même si on peut toujours débattre de la cohérence de tel ou tel positionnement). Il doit être capable de redéfinir et de réaffirmer sa fonctionnalité politique. Un des risques dans cette situation serait de penser qu’il est possible pour les composantes du Front de gauche de jouer avant tout leur propre partition en relativisant le rôle du Front de gauche comme pivot de toute recomposition durable. Dans certains endroits, les discussions entre EELV et le PG semblent être prioritaires sur tout échange du Front de gauche. Dans d’autres, les relations entre le PCF et des courants de la gauche du PS se font au détriment des autres partenaires du Front de gauche. Il ne s’agit pas de distribuer des bons et des mauvais points, mais de mesurer l’enjeu qui est posé par la situation. Rien ne se fera sans un Front de gauche remis en mouvement, capable d’initiative et de réactivité.

Après cette assemblée, de nombreux objectifs ont été fixés. Il y en a un à ne pas oublier : fixer une nouvelle assemblée du Front de gauche pour poursuivre ces échanges indispensables !

François Calaret

 

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