Après la Fête de l’Huma…

La Fête de l’Humanité constitue toujours un moment important de la rentrée politique. C’était le cas, en particulier cette année, après trois semaines de crise politique continue au plus sommet de l’Etat et quelques jours avant le vote de confiance à l’Assemblée Nationale du nouveau gouvernement Valls. La principale image qui ressort de cette édition du rassemblement à la Courneuve est évidemment la rencontre inédite entre les forces politiques (Front de gauche, Europe Ecologie, « Vive la gauche » – les « frondeurs » du PS) qui ne se reconnaissent pas dans la politique de François Hollande. « Rassemblement anti Hollande » a titré le journal Libération pour résumer l’évènement.

Il est vrai que pour la première fois depuis la victoire de François Hollande en 2012 et à la différence des années précédentes, aucun ministre du gouvernement n’a fait le déplacement à la Courneuve. Ce qui illustre concrètement la fracture qui traverse aujourd’hui la gauche entre des orientations inconciliables. La Fête de l’Humanité a été ce week end la démonstration que le rassemblement de « toute la gauche » n’avait plus de réalité aujourd’hui mais qu’est posée de façon impérieuse la nécessité de construire des passerelles des convergences entre tous ceux qui recherchent une alternative à l’austérité.

C’est là que les « travaux pratiques » - comme y appelle un responsable d’Europe Ecologie – doivent commencer. Comment passer du « contre » au « pour », de l’opposition à la politique libérale de ce gouvernement à un projet alternatif et faire ravaler à Manuel Valls ses propos pour qui « il n’existe pas d’alternative crédible » à la politique qu’il mène ? Le défi est que cette démarche alternative ne se situe pas seulement en opposition à la politique du gouvernement mais attaque de front l’hégémonie libérale et conservatrice qui s’impose aujourd’hui et soit à même de constituer un rassemblement à même de battre la droite et l’extrême droite.

Le point de départ pour engager cette construction avec quelques chances de succès, c’est de considérer que les points d’accords sont potentiellement plus importants que les divergences. Et qu’il est nécessaire pour vérifier et consolider ces convergences en propositions communes de partir des grands enjeux des crises multiples, écologiques, économiques, démocratiques, auxquelles nous sommes confrontées. C’est le sens de la proposition faite par Ensemble ! « d’Assises contre l’austérité et pour la transformation sociale et écologique » pour permettre d’engager, ce travail de construction de propositions communes, qui doit se concrétiser par des débats menées à une large échelle qui associe les forces et les propositions issues du mouvement social, du monde intellectuel critique, des arts et de la culture… Cette proposition a rencontré de premiers échos positifs et des rencontres à venir doivent permettre d’avancer dans ce sens.

Le Front de Gauche a un rôle décisif à jouer dans cette construction. Une semaine après son assemblée de rentrée qui s’est tenue le 6 septembre, il faut renforcer les initiatives du Front de Gauche, en faire une force agissante dans le pays, le tourner vers les prochaines mobilisations, du 23 septembre en défense de l’hôpital, du 30 septembre avec les retraités et le 16 octobre pour défendre la protection social. Il y a une bataille politique que le Front de Gauche peut engager contre le projet de budget d’austérité présenté par le gouvernement et qui va affaiblir en particulier l’accès à la santé des plus fragiles. Le travail engagé avec des forces politiques, syndicales et associatives à partir de la marche du 12 avril dans un collectif qui vient de se renommer « Collectif pour une Alternative A l’Austérité », constitue un outil précieux. Ces initiatives à prendre ne dépendent que des forces du Front de Gauche. Il y a urgence, là aussi, à reprendre les « travaux pratiques ».

François Calaret

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