Au-delà du scrutin du 25 mai, la bataille pour un projet de société

Sur fond de démission idéologique, le PS engage en connaissance de cause une course mortifère. Comment ne pas voir que dans sa fuite en avant austéritaire, il perdra non seulement son âme, mais aussi la plus grande part de ses électeurs ? De plus, vu sa politique de droite, il sera vain pour lui de justifier l’appel au rassemblement de "la gauche" par la montée du Front national.

Rien n'est plus urgent, face à cette marche folle, de proposer la convergence des citoyens et des forces qui ne se résignent pas à l’austérité sans fin et à un horizon funeste : Front de gauche, qui tarde trop à accomplir sa mue en un front citoyen ; militants et sensibilités d’EELV, du PS et du NPA ; citoyens engagés dans de multiples luttes et expériences autogestionnaires… tous susceptibles de faire naître une dynamique en faveur d’une alternative politique. Certes, le chemin sera long pour réussir à conquérir une majorité en faveur de transformations profondes. Et alors ?

Pour qu’une telle option prenne corps et soit capable de disputer ce qui reste de l’hégémonie du PS sur la gauche et, mieux, de mettre en cause globalement l’option libérale, tout un champ d’idées est à cultiver. L’heure est ainsi à élaborer et à mettre en débat une conception et un projet de société, au-delà des habituels catalogues de promesses.

Le succès de la manifestation du 12 avril a été une nouvelle étincelle, montrant les possibilités de convergences entre des citoyens et des forces d’horizons variés. On est loin de la gestion des défaites sociales à laquelle sont résignées, chacune à sa façon, la direction de la CFDT, acquise à l’esprit des réformes en cours, et malheureusement la direction de la CGT, dont l’inertie concerne aussi bien la constitution d’un pôle syndical de transformation sociale et écologique que l’enjeu d’une alternative politique.

Le 25 mai, en allant voter pour les listes présentées par le Front de gauche aux élections européennes, nous n’oublierons pas qu’au-delà des échéances électorales, l’avenir appelle un vrai combat d’idées, persévérant et dans la durée. Alors que s’annonce une crise globale, avec la droite et l’extrême-droite en embuscade, il serait temps de mettre de côté les querelles de boutiques et de leader-ship pour affronter les adversaires de l’émancipation. Eux mènent depuis longtemps une puissante bataille idéologique, pourquoi pas nous ?

Gilles Alfonsi, 16 mai 2014. Publié sur le site de Cerises.

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