Au présent avec Mélenchon pour un autre avenir

Après le ralliement sans scrupule1 de Manuel Valls à Emmanuel Macron, Benoît Hamon a déclaré ce mercredi : « Je suis le seul à pouvoir conjuguer des électorats différents, des radicaux aux plus modérés. Je suis aujourd'hui le seul à pouvoir les faire gagner ensemble et ainsi créer les conditions d'une majorité parlementaire pour gouverner ». Appel désespéré à un retrait hors de question. En fait, le candidat du PS et ses soutiens ne comprennent pas qu'« occuper une place centrale à gauche », comme il le revendique, ne veut plus rien dire.

Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, a rapidement proposé l’organisation d’une réunion avec Benoît Hamon, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et lui-même afin de se « rassembler autour d’un projet profondément ancré à gauche, d’une campagne et d’une candidature communes ». Démarche de sommet, irréaliste et sans consistance, négligeant les dynamiques à l’œuvre : celle qui voit le PS prendre l’eau, celle autour de la candidature Mélenchon, en pleine ascension. Comment peut-on proposer de dilapider ainsi tout un travail militant ?

Au Havre, s’adressant à 5 000 personnes - un nouveau record historique -, le candidat de la France insoumise a répondu : « J'ai marché mon chemin, sans ne céder à rien, je ne vais pas commencer aujourd'hui ! À faire le contraire ou à m'engager dans je ne sais quel arrangement qu'on me suggère de faire. (…) Je ne dépends que de vous, c'est à vous que j'ai fait la promesse, je ne négocierai rien, avec personne ! ». Et d'appeler en ces termes à rejoindre l’élan actuel : « Bienvenue à ceux qui veulent prendre place dans nos rangs, avec nous, qu’ils ne demandent rien, comme nous, nous ne demandons rien ». Se rassembler sans préalable et sans condition autre que celle de souhaiter en commun une alternative démocratique, sociale et écologique, voilà où nous en sommes ! Si l’on met de côté un aspect "qui m’aime me suive" quelque peu désuet, ainsi que les querelles de boutique et les mauvais procès, si l'on refuse de négliger le présent au prétexte de préparer l'avenir, peut-on faire mieux aujourd'hui ?

Michèle Kiintz et Gilles Alfonsi, le 31 mars 2017. Publié sur le site de Cerises.

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