Autorisation de mise sur le marché des médicaments : une corruption généralisée

La conclusion saute à l’esprit à la lecture de l’enquête publiée par Médiapart le 24 mars 2015 sur les pratiques de connivence et de corruption qui ont eu cours entre de nombreux laboratoires pharmaceutiques et des membres dirigeants des autorités sanitaires chargées du médicament.

C’est une véritable mascarade de contrôle que démontrent les éléments rapportés par Médiapart et dont certains remontent jusqu’à 1989.

Censés défendre l’intérêt collectif, des  hauts fonctionnaires, des experts, chargés du contrôle négociaient un avis favorable avec les groupes pharmaceutiques contre espèce sonnantes et trébuchantes ou bien se trouvaient au cœur d’un conflit d’intérêts passant des instances publiques aux activités de conseil privés des groupes pharmaceutiques.

Quand on se rappelle que Jérôme Cahuzac avait été sous le gouvernement Rocard de 1988 à 1991, conseiller technique pour le médicament auprès de Claude Evin, ministre de la santé et des affaires sociales et interface entre le ministère et la direction de la pharmacie et du médicament, il apparait que c’est une véritable ‘’Cahuzaquerie’’ qui semble avoir existé dans ces d’instances sanitaires (commission de la transparence, commission d’autorisation de mise sur le marché…).

Une fois de plus apparaissent crûment les liens entre des intérêts capitalistes privés et des autorités publiques qui démontrent comment les intérêts de la Sécurité sociale et pour la santé de la population leur sont secondaires.

On comprend peut-être mieux comment un scandale comme le Médiator a pu exister et comment encore récemment un laboratoire a pu obtenir un tarif exorbitant pour son produit le Sovaldi.

On comprend également mieux comment par contre les intérêts financiers des grands groupes de la pharmacie sont protégés et garantis.

A la sortie, ce sont les actionnaires qui se gavent comme ceux de Sanofi, avec plus de 4 milliards de dividendes distribués sur une année, alors que cette entreprise multiplie les suppressions d’emploi.

Marisol Touraine a demandé une enquête interne, mais aucune plainte auprès des tribunaux n’est déposée pour corruption et fausses déclarations et le risque d’étouffement de l’affaire au sein de la HAS est grand.

Il faut choisir la santé et le bien commun contre les profits et la corruption. La santé n’est pas une marchandise. Le médicament est une affaire trop sérieuse pour laisser à des groupes privés le soin de décider ce qu’ils produisent, fixer le prix et contrôler le marché.

L’exemple actuel de la pénurie de vaccins dits ‘’pentavalents’’ organisée par Sanofi et GSK en est une nouvelle illustration. Cette pénurie, qui reste actuellement sans explications sérieuses, aboutit dans la réalité à forcer à la prescription de vaccins ‘’ hexavalents’’ plus chers et plus rentables. Sans rentrer dans les débats sur la vaccination, cela aboutit à la remise en cause du droit des usagers de choisir les vaccinations qu’ils souhaitent ou non recevoir après un échange avec leur médecin sans doute plus utile et pertinent pour l’information que d’avoir à subir les choix de production de l’industrie pharmaceutique.

Comme le revendiquent des syndicats du secteur de la chimie et de la pharmacie, c’est l’appropriation sociale des entreprises de la pharmacie qu’il faut mettre à l’ordre du jour d’un gouvernement qui aurait au cœur de ses préoccupations les besoins de santé des populations. Cela signifiera un droit d’intervention et de contrôle des salariés des entreprises concernées mais aussi des usagers et des malades à travers leurs associations par exemple.

Ce serait une manière bien plus concrète d’éviter le pillage de la sécurité sociale par ces groupes pharmaceutiques. Ce serait tourner le dos à la politique actuelle Valls-Touraine qui prévoit 3 milliards d’économies sur la santé des populations l’an prochain et refuse la suppression des franchises qui pèsent sur les malades et leur famille.

Ces questions seront présentes dans les débats que le collectif ‘’notre sante en danger’’ organisera le 25 avril prochain à Paris à la maison des métallos de 10 h à 17h à l’occasion du projet de loi santé de Marisol Touraine.

La commission santé protection sociale d’Ensemble !

 

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