Avec Macron : « Travaille, consomme et tais-toi » !

Le président de la République est intervenu ce 14 juin pour la quatrième fois depuis le début de la pandémie. Il était attendu sur plusieurs terrains, l'économie, l’école, mais aussi sur la question du racisme et des violences policières.

« Réinvention », avait-t-il dit ? Non ! Nous avons eu droit à une habituelle fraude à l’autosatisfaction. A l’écouter, une mobilisation collective des soignant.e.s, et des femmes et hommes au travail, ferait oublier le manque de préparation, les mensonges sur les masques et les tests, l’état de l’hôpital public dégradé depuis des années…
« Réinvention » ? « Tous les enfants doivent être accueillis », pour envoyer les parents « au travail » ; et le triste Blanquer devra refaire de nouvelles circulaires pour dix jours !

Pour une grande partie de l’intervention, des propos creux, sans intérêt ou dans l’esprit néolibéral d’Emmanuel Macron : travaillez, consommez, produisez plus. Comme quoi, pour le président le monde d’après ressemble furieusement au monde d’avant. En pire car l’allusion à la nécessité de travailler davantage laisse présager de nouvelles attaques contre les droits des salarié-e-s. De plus, comment accepter l’injonction de produire plus sans discernement alors même que la crise écologique nécessiterait que nombre de productions néfastes et/ou inutiles soient arrêtées. Alors que la crise sanitaire devrait être l’occasion d’une remise en cause profonde de nos modes de production et de consommation, le président de la République veut redémarrer comme avant.

Et pourtant : qui travaille ? Qui doit être entendu pour les circuits courts, pour les conditions de sécurité dans les entreprises, pour des changements de productions ?  Qui va dire les besoins des services de santé, des services publics ? Qui va lier, dans les choix indispensables le social et l’écologie ?

Quant aux questions des manifestations contre le racisme et les violences policières, les propos d’Emmanuel Macron sont proprement scandaleux. Pas un mot sur l’attitude de Trump aux Etats-Unis ! Rien sur la jeunesse et les manifestant-e-s, qui exigent d’en finir avec le racisme. Mais au contraire des propos méprisants pour renvoyer la lutte antiraciste au « communautarisme et au séparatisme », rappelant que la France est « un pays d’ordre ». Circulez :  il n’y a rien à voir, rien à dire sur les violences policières et les faits de racisme au sein des forces de l’ordre. C’est un soutien inconditionnel à la police, sans écouter, une fois de plus, ce qu’exprime une partie de la société. Enfin, rien sur l’histoire de l’esclavage, sur le passé colonial qui pèse encore si durement, alors que partout dans le monde, cette mémoire rejaillit.

Le président de la République promet « des changements » sans aucune précision.   Il n’a fait que rappeler en fait ce qu’est sa présidence depuis le début : libérale et autoritaire.

Décidément, le macronisme, c’est la droite ! L’appel à se « réinventer », il faudra y répondre par nos mobilisations, à commencer par celle du 16 juin pour défendre le droit à la santé, et par les mobilisations contre le racisme et les violences policières. Et pour préparer une autre sortie de crise, sociale et écologique. A nous de réinventer un autre avenir.

Article