Bernard Defaix (1944-2018)

Bernard Defaix est décédé le 12 décembre, à l’âge de 74 ans.  C’est un moment de grande peine, pour notre organisation comme pour de très nombreux militants qui l’ont connu, même si sa santé ne laissait guère d’espoir depuis des mois.

Il fut longtemps membre du PCF, enseignant de français et militant au SNES (FSU), à Attac, et à Ensemble !

Bernard a été un militant : dévoué aux tâches qui demandent une continuité, pourvu qu’elles visent  à l’unité dans les combats de classe. Maire-adjoint communiste très actif à la Culture à la mairie de Guéret (1983-1995).

Tenace, réfléchi, volontaire, cultivé, unitaire pour dix quand il le fallait, toujours prêt à réexaminer les situations pour assumer une continuité. Nous l’avons connu, animant et assurant le calme des débats et aussi bousculant les somnolences de quelques « coups de gueule » quand il le pensait nécessaire.

A la suite de la campagne pour le Non au Traité, il s’était beaucoup investi dans les efforts pour constituer une dynamique des Comités unitaires anti-libéraux. En même temps, il a mis tout le monde sur le pont, principal organisateur de l’importante Manifestation nationale de Guéret, en 2005, en faveur des services publics à Guéret, qui voit défiler sept mille personnes sous la neige. Ensuite, pour que cela ne reste pas « un coup », il avait réussi à constituer la Fédération des collectifs de défense et de développement des services publics rassemblant élus, usagers et personnels salariés. Elle sera rebaptisée ensuite Convergence des services publics.

Son souci était que les luttes locales pour les services publics soient soutenues par un réseau d’informations national et si possible par des initiatives communes.

De la Convergence, il devait assurer la Présidence. Il n'eut de cesse d'agir pour qu'une structuration s'ordonne et s’adapte aux situations. Il le faisait avec le souci de passer le relai, de sorte qu’il puisse rester actif mais comme l'ancien président de la Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics. Il y tenait énormément et d’autant plus qu’il avait des alertes de santé ; sans un cadre collectif assumant les tâches politiques et pratiques il aurait eu, disait-il, l’impression d’avoir provoqué un échec.         

C’est surtout la Creuse qui aura marqué son existence professionnelle, militante et personnelle et ses passions. Puis en Ardèche où il passa d’abord ses vacances avant d’élire domicile dans ce département il y a une douzaine d’années. Mais l’image de Bernard est celle d’un grand voyageur, se déplaçant en permanence pour participer à telle conférence, telle manifestation ou pour intervenir à l’invitation de collectifs locaux.

Il était également attaché à ses engagements au sein d’Attac et la FSU, deux organisations au sein desquelles il aura occupé des responsabilités départementales.
De culture communiste, il avait été très heurté par la division des collectifs anti-libéraux en 2006-2007. Il participa dès 2007 à tous les efforts unitaires avec ce qui devint la FASE avec le double souci de ne pas créer une organisation de division supplémentaire et de faire avancer les possibilités de groupes locaux portant une reconstitution des forces de la gauche. Son espoir était que la dimension « services publics », souvent portée par des militant.e.s localement, soit un ferment de cette nouvelle politique à gauche. Comme beaucoup, il s’était engagé dans le Front de gauche en tant qu’indépendant et s’était investi dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2012. Il participa ensuite aux discussions et rencontres de Trait d’union entre les Alternatifs, la Gauche anticapitaliste, la FASE et la Gauche unitaire.
En novembre 2013, il signa l’Appel ardéchois à la constitution d’Ensemble !

Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire et en devient membre. Il avait lu avec intérêt Contribution d’Ensemble ! Services publics et autogestion pour les assises nationales du service public fin 2016. Il sera très assidu aux réunions et investi dans les débats jusqu’à la fin.

À l’image de son action au sein de la Convergence des services publics, il était toujours dans une démarche unitaire, d’ouverture. Nous tenons d’autant plus à saluer sa mémoire que, dans sa modestie, il est un exemple vivant de ce que peut être un militant pour qui la priorité est l’émancipation collective.

Ensemble !

Bernard portait une conception militante totale de l’engagement. Pour lui, les différents terrains de la lutte n’étaient que des facettes complémentaires d’une même cause, celle de l’émancipation humaine et de la justice sociale. Que ce soit en tant qu’animateur de radio dans ses jeunes années, professeur de lettres en Creuse engagé dans la réussite scolaire de tous ses élèves, adjoint communiste à la Culture à Guéret en tant qu’élu communiste, militant syndical au SNES-FSU, animateur national de Convergence des Services Publics, à ATTAC, à la FASE ou à Ensemble !, ces combats croisés formaient un tout indissociable.

A ce titre, il était aussi un défenseur acharné de l’unité, rejetant les divisions de boutique pour rester sur la ligne de crête des idées et des combats à porter. Cela faisait de lui, dans la gauche de lutte limousine, une figure du rassemblement, dont il avait pu démonter la force lors de la mémorable manifestation nationale pour la défense des Services publics à Guéret, organisée sous la neige, en mars 2005 qui dénonçait notamment l’abandon des services publics en milieu rural.

Regrettant la division des collectifs antilibéraux et 2007, il s’était réjoui de la dynamique créée par Limousin Terre de Gauche qui rassemblait alors le NPA (puis Ensemble !), le PCF et le PG. Il y voyait un des moyens politiques d’incarner une alternative de gauche à la domination sans partage du PS limousin et de créer une dynamique nouvelle qu’il appelait de ses voeux à l’échelle du pays.

Et quand sa voix tonnait, derrière sa barbe blanche, c’était toujours pour partager, avec conviction un point de vue riche de son histoire militante mais aussi pour trouver, dans la confrontation des idées, des éléments de réponses aux questions, qu’en militant soucieux de rester ancré dans la réalité sociale, il se posait sans cesse.

Salut camarade, tu vas nous manquer. Vraiment. En ce moment nous pensons aussi à Janine, ta compagne, qui partageait, avec la même intensité, tes combats pour les services publics et la justice sociale.

Pour ENSEMBLE! Limousin
Stéphane Lajaumont

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