Bernard Fréjabue, un camarade, un ami nous a quittés.

Il est des personnes dont les convictions sont la vie même, et qui portent leur courage et les valeurs d’amitié et de camaraderie jusqu’au bout.

Bernard Fréjabue était de ces militants là, de ces êtres humains là.

Il respirait ses idées comme il incarnait son quartier adoré, celui de La Plaine, qu’il a été l’un des premiers à considérer comme le coeur de la vie politique, populaire et culturelle marseillaise.

Militant révolutionnaire, antifasciste, internationaliste et syndical infatigable, la maladie, plus têtue que lui, a fini par le détourner de ses combats et nous priver de notre ami.

Entré aux Jeunesses Communistes Révolutionnaires puis à la Ligue Communiste Révolutionnaire à la fin des années 1970, il était viscéralement attaché à son organisation.

En 1997, alors que la LCR ne comptait que des cellules d’entreprises ou de secteur, il fonde la première cellule de quartier à Marseille, la fameuse « cellule Plaine ».

Elle était pour beaucoup de jeunes de « la Ligue » un espace de formation, d’échanges, et de réconciliation entre le militantisme révolutionnaire et la culture populaire, l’un des combats essentiels de Bernard.

Chez « Fréja », c’était surtout un lieu de joie et d’amitié où il recevait ceux qui, venus d’ailleurs, laissaient La Plaine et Marseille les conquérir par la plus conviviale des entrées.

Il vécut la fin de la LCR comme un déchirement mais a maintenu son engagement dans le Nouveau Parti Anticapitaliste dont, malgré les déceptions, il continuait de suivre l’actualité tout en étant très attaché à l’unité du mouvement ouvrier.

Militant syndical dévoué, Bernard était entré aux Chèques Postaux en 1980 et avait immédiatement adhéré à la CGT. En 1991, il rejoint le syndicat Sud PTT dont il était l’un des membres particulièrement actifs.

Il s’était plongé dès le début des années 1980 dans le combat antiraciste et antifasciste. Révolté par la progression du Front National dans les années 1990, il rejoint Ras l’Front dès sa création et le triangle rouge ne quittait jamais le col de son blouson de cuir.

Père attentif, Bernard était un ami et un camarade d’une sincérité totale à qui seuls la petitesse d’esprit et l’égoïsme étaient étrangers.

Toutes celles et ceux qui souhaitent célébrer la mémoire de Bernard Fréjabue pourront se joindre à l’hommage qui lui sera rendu le samedi 7 mai 2016 au Crématorium de Saint Pierre à Marseille à 11h30. Nous nous retrouverons ensuite au local de Solidaires, 29 boulevard Longchamp.

Les amis et camarades d'Ensemble ! 13 et ceux du comité Marseille centre-ville en particulier, doivent beaucoup à Bernard, et souhaitent rendre hommage à sa mémoire en poursuivant ses combats.

 

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