« Blanquer démission ! »

C’est le slogan qui a retenti haut et fort sous la verrière de la Bourse du Travail de Paris le 4 juillet, lors de l’Assemblée générale des correctrices et correcteurs du baccalauréat. Cette assemblée a réuni plus de 600 personnes et fut le point d’orgue d’une journée où des dizaines de jurys d’examen et de centres de correction du bac et du brevet ont été perturbés, et ce dans toute la France.

Avec le soutien des associations de parents d’élèves, des syndicats de personnels et de lycéen-nes ainsi que des collectifs comme les « Stylos rouges », la mobilisation a été très forte pour s’opposer à la mise en place d’une école encore plus néolibérale. Dans le viseur, les réformes du lycée, du baccalauréat, Parcoursup, l’école du tri social. Mais également l’attitude autoritaire d’un ministre et d’un gouvernement qui comptent écraser toute volonté d’opposition. La loi Fonction publique et la loi Blanquer visent à mettre au pas les personnels et à en finir avec les services publics, dont celui d’éducation.

Cette attitude droit dans ses bottes de Jean-Michel Blanquer a fini d’exaspérer un milieu dans lequel les conditions de travail et d’études se dégradent à vue d’œil du fait des restrictions de moyens. Faire toujours plus avec moins, voilà qui coince quand la coupe est pleine.

C’est le cas aujourd’hui avec cette mobilisation qui, avec le soutien des organisations syndicales, se construit à la base dans des Assemblées générales et développe des moyens d’action inédits. De nombreux enseignant-es qui ne faisaient plus grève ont rejoint le mouvement, montrant une détermination tenace, avec la volonté d’engager le bras de fer contre un ministre qui a la volonté affichée de les écraser. Personne n’aurait pensé à ce que les épreuves du Bac soient perturbées à ce point, la mobilisation franchissant à chaque fois un palier supérieur d’action pour répondre aux provocations et au mépris du ministre.

Jean-Michel Blanquer, obligé de recourir aux notes du contrôle continu dans les résultats du baccalauréat pour remplacer les notes des copies retenues par les grévistes, s’est complètement décrédibilisé en montrant qu’il était prêt à tricher sur les résultats plutôt que d’écouter le mouvement. Les personnels, les parents et les élèves mobilisé-es ne comptent pas s’arrêter là, les vrais résultats du bac seront reportés et la rentrée s’annonce déjà très chaude.

Marion Nentreg

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