Chômage : François Hollande en baisse

Le plan pour l'emploi de François Hollande ne s'attaque pas au chômage mais aux chiffres du chômage. Trente-neuf ans après le premier pacte de Raymond Barre, ce sont les mêmes recettes usées jusqu’à la corde qui sont annoncées. Elles n’ont cessé d’échouer parce qu’elles passent à côté des défis structurels à relever pour résorber le chômage, attribuer de façon plus juste les richesses, répondre aux besoins sociaux et environnementaux.

François Hollande, comme ses prédécesseurs, part d’un premier postulat cher au MEDEF : le travail serait un coût. Il suffirait de baisser ce coût pour résorber le chômage. Faut-il rappeler que le travail n’est pas un coût mais ce qui permet de produire des richesses ? Le problème des entreprises aujourd’hui, c’est le carnet de commandes dans une économie atone et la pression financière dans un système économique qui favorise la rente au détriment de l’investissement productif.

La part de la valeur ajoutée attribuée aux salaires a considérablement baissé depuis les années 1970 au profit d’une meilleure rémunération des actionnaires et des dirigeants de grandes entreprises. Or, dans le même temps, le chômage a explosé. C’est dire si baisser toujours plus la part dédiée aux salaires n’est pas la solution…

Les aides directes aux entreprises créent des effets d’aubaine pour les grandes entreprises et un petit bol d’air pour les plus petites mais ne changent pas la donne du chômage.

François Hollande a également choisi d’assouplir le temps de travail : ce fil néolibéral est connu. Il se traduit par davantage de flexibilité pour les salariés et un moins-disant en terme de salaire puisque cet assouplissement touche au paiement des heures supplémentaires.

Hollande estime également que former les chômeurs est une solution pour qu’ils/elles trouvent un emploi. Mais depuis quand la formation crée-t-elle des emplois ? Elle permet à des chômeurs d’élever leur niveau de qualification, ce qui est tout à fait bénéfique, et de remonter plus haut dans la file d’attente. Mais cela ne change pas la file d’attente. Il n’existe pas des millions d’emplois non pourvus en raison du manque de qualification des chômeurs. Ce sont même souvent des emplois peu qualifiés, sous-payés et précaires, qui se trouvent plus longtemps vacants.

Le plan du gouvernement peut permettre de sortir des statistiques un certain nombre de chômeurs en formation et ainsi faire baisser, fut-ce à la marge, les chiffres du chômage. François Hollande s’y est engagé pour se présenter en 2017. Mais la ficelle est aussi grossière qu’indécente…

Une politique de gauche aurait du s’attaquer aux profits qui sont aujourd’hui redistribués en dividendes et non en investissements au service de l’emploi. Par le bais de la fiscalité et du crédit, elle aurait du favoriser le développement massif d’emplois utiles à la transition énergétique et aux besoins sociaux. Elle aurait du s’atteler à une nouvelle baisse du temps de travail pour que les emplois soient partagés. Elle aurait du imaginé des progrès dans le droit du travail pour sécuriser les parcours professionnels, et non faciliter les licenciements. Mais ces chantiers ne rentrent pas dans le moule néolibéral de François Hollande et du gouvernement.

Clémentine Autain

 

 

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