Communiqué de Ensemble. Le chantage d'Areva ou qui déstabilise les pays africains ?

Un bras de fer est en train de se jouer entre la direction d’AREVA et le gouvernement nigérien qui risque bien de devoir céder au chantage du géant nucléaire.

Souhaitant augmenter ses recettes, le gouvernement nigérien entend appliquer à la multinationale les dispositions du Code minier de 2006 qui prévoient des redevances pouvant être égales à 12 % du chiffre d’affaires, en fonction des profits réalisés, contre 5,5 % actuellement.

De son côté, le groupe français fait valoir un titre octroyé en 1968 par Niamey au CEA, devenu depuis AREVA, titre prévoyant des clauses de « stabilisation » pendant une période de 75 ans donc jusqu’en 2043 ! Donc, traduisez en clair : aucune augmentation de revenus pour le peuple nigérien pendant 75 ans ! Pendant ce temps là, le groupe qui se définit lui-même comme le leader mondial de l’industrie, aura augmenté ses profits de quel pourcentage ?

Le géant AREVA, n’entendant pas négocier, a tout bonnement fermé ses chantiers d’extraction réalisant un chantage scandaleux sur le gouvernement nigérien.

En décembre 2013, des manifestations ont eu lieu au Niger pour protester contre les relations nouées entre AREVA et l’Etat nigérien.

Il est utile de rappeler que l’Etat français est actionnaire d’AREVA pour plus de 85 % notamment à travers le CEA. Il est donc possible pour lui d’intervenir pour que les ressources du Niger, un des pays les plus pauvres du monde malgré la rente que pourrait lui conférer l’uranium, lui soient rémunérées à une juste valeur. Si tel n’était pas le cas, les conséquences pour ce pays pourraient être catastrophiques car mettant en cause le président Mahamadou Issoufou qui avait mis tout son poids dans la balance en réclamant un partenariat équilibré.

Ce pays pris en étau dans le Sahel déstabilisé par les groupes fondamentalistes pourrait bien à son tour être ainsi déstabilisé alors que quelques avancées ont été réalisées ces dernières années.

Quelle tartufferie alors pour le gouvernement Hollande de vouloir faire semblant de rétablir « son ordre » en Afrique alors que par le biais financier il asphyxierait ce pays.

Le colonialisme n’en a pas fini de sévir en Afrique, sous d’autres façons, plus hypocrites mais tout aussi nocives qu’il y a 50 ans pour les pays concernés.

Le 9 janvier 2014.

 

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