Communiqué Ensemble! Montreuil. Baras : une expulsion imminente scandaleuse !

Suite à la décision du Tribunal administratif de Montreuil, et après qu’aient été épuisés tous les recours, le préfet semble vouloir procéder dans les prochains jours à l’expulsion des Baras des locaux vides qu’ils occupent depuis plusieurs mois à Bagnolet.

Originaire pour la plupart du Mali, et après avoir vécu plusieurs années en Libye qu’ils ont fuit pendant le conflit, composés de plusieurs familles et de nombreux célibataires, ils sont plus de 200 à avoir investi les bâtiments vacants de l’entreprise Emerson, filiale d’une multinationale, qu’ils occupent depuis plusieurs mois au 124 Avenue Gallieni à Bagnolet.
Contrairement à ce qu’impose la loi, aucun diagnostic social digne de ce nom ni aucune solution de relogement n’ont été proposé aux résidents.

L’entreprise n’a aucun projet en vue à ce jour d’aménagement de ces locaux. La décision du Préfet prise contre l’avis des maires de Montreuil et Bagnolet, plutôt que d’exercer son droit de réquisition pour éviter une catastrophe humaine et sanitaire, relève donc purement de la défense idéologique de la propriété privée, contre le droit au logement des plus précaires et des
plus démunis.

Plus largement, cette expulsion ne fait que s’ajouter aux cortèges sinistres de toutes celles de moins grande ampleur qui visent des familles ou individus isolés, qui se multiplient pendant la période estivale. Que ce soit dans des logements privés ou en HLM, ils se voient contraints de
quitter leur logement souvent précaire ou insalubre.  Un tiers des expulsions en Ile-de-France sont exécutées dans le 93, environ 40% des jugements d’expulsion se terminent par une expulsion  forcée (contre 10% sur l’ensemble de la France).

Les migrants qui fuient les guerres et la misère de leur pays rejoignent  les victimes de la crise économique et sociale et des politiques  d’austérité brutales de François Hollande et Manuel Valls. Cette  situation fragilise les conditions de logement de milliers de familles et  d’individus qui n’arrivent plus à payer leur loyers, ou vivent dans des  logements insalubres, à la merci de marchands de sommeil sans vergogne.

A l’opposé d’une vigoureuse politique de construction de logements sociaux de qualité qu’il faudrait impulser, le gouvernement revient sur les quelques maigres avancées de la loi Duflot, réduit les dispositifs d’aide à la construction de logements sociaux et montre ainsi qu’il n’a que faire du droit au logement.

Ensemble! s’élève contre cette décision du préfet scandaleuse et inhumaine et son zèle à multiplier les expulsions pendant la période estivale, qui jetteront des familles, des hommes, des femmes et des enfants à la rue.

Ensemble! appelle à une large mobilisation des forces politiques, syndicales et de citoyens pour s’opposer à cette expulsion et à toutes les expulsions et soutient les efforts pour obtenir des solutions de relogement satisfaisantes.

Le 19 juillet.

Article