Communiqué de Ensemble! A propos de la nouvelle politique de vaccination

Le médicament aux mains des laboratoires privés : une menace contre une politique de santé publique.

Les enfants nés depuis le 1er  janvier 2018 devront recevoir 11 vaccins obligatoires contre 3 auparavant (diphtérie, tétanos, poliomyélite, regroupés sous l’appellation «  DTP  »). L’annonce par Madame Buzyn, ministre de la santé de Macron, de rendre obligatoire la vaccination pour onze maladies a suscité et suscite de nombreuses réactions.

La première chose à noter, c’est que les politiques et les méthodes suivies portent une lourde responsabilité dans la résurgence des ligues antivaccinales et surtout dans le malaise voire la défiance créée et développée dans la population envers les vaccins. En effet, la vaccination, comme méthode de lutte contre les maladies infectieuses a depuis longtemps fait la preuve de son efficacité et utilité. Mais ce seul fait ne résume pas tout.

Il y a de multiples débats soulevés à cette occasion qui sont à mener. Car  la santé publique  concerne tout le monde... et pas seulement les firmes pharmaceutiques et le Ministère de la santé !

Tout d'abord, il y a les déats à mener sur les méthodes de fabrication, l’utilisation de certains adjuvants comme l’aluminium. Et puis celui sur les effets indésirables et le droit à indemnisation des personnes déclarant avoir eu de tels effets indésirables suite à une vaccination.

Et encore les débats, de façon urgente, sur la fixation des prix, et donc sur l’opacité du fonctionnement des instances sanitaires. Sans oublier les débats sur les "autorisations de mise sur le marché" et sur les recommandations produites.
Ce sont ces débats qu'une politique de santé soucieuse du bien commun engagerait. Une autre politique de santé, indépendante des intérêts privés.

En matière de  prévention, la question de l’adhésion de la population est bien sûr essentielle. Elle doit reposer sur l’information la plus large, l’éducation à la santé pour recréer la confiance entre les responsables de la politique de santé publique et le peuple. La calamiteuse campagne de vaccination contre la grippe H1N1 menée par Roselyne Bachelot en 2009 basée sur une communication médiatique paniquarde et le gouffre financier qui a suivi, ont laissé des traces.

Dans ce contexte, rendre obligatoires 8 vaccins supplémentaires qui auparavant étaient seulement recommandés- apparait comme une décision bureaucratique et se montre contre-productif.
Rappelons ici la faiblesse des politiques d’éducation à la santé qui devraient être largement développées, et le poids dérisoire des budgets consacrés à la prévention. Prévention : ce mot magique toujours présent dans les discours électoraux mais qui reste toujours lettre morte après.

Il faut remarquer l’existence d’un point aveugle rarement abordé et traité  : celui de  la place et du poids des firmes pharmaceutiques comme Sanofi, GlaxoSmithKline, Pfizer, MSD vaccins filiale de Merck Sharp & Dohme qui produisent et commercialisent ces vaccins.
En effet leurs choix industriels et commerciaux s’imposent dans les faits aux autorités de santé au mépris y compris de la réglementation.

Depuis longtemps, en France, existent une obligation vaccinale pour «  DTP  » et des recommandations pour les autres vaccins notamment ceux apparus ces 40 dernières années (coqueluche, rougeole-oreillons-rubéole ou «  ROR  », hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque, méningocoque C).

Nous ne rentrerons pas ici dans le débat sur obligation versus recommandations.
Mais force est de constater que les firmes pharmaceutiques ont décidé d’abandonner la production de DTP depuis plusieurs années (en 2008 par SANOFI Pasteur MSD) sous des motifs discutables pour développer des vaccins penta ou hexavalents (5 ou 6 maladies dans la même injection) beaucoup plus chers, mélangeant vaccins obligatoires et recommandés.

Cette décision des labos n’a fait l’objet d’aucune remarque des autorités de santé qui se sont contentées d’enregistrer la décision.
Cela a permis à une association d’engager un recours au conseil d’Etat. Celui-ci au vu de la réglementation en vigueur prend un avis en janvier 2017 contraignant le ministère de la santé à mettre à disposition de la population les vaccins obligatoires (le DTP) séparément des vaccins recommandés.

La décision de Madame Buzyn, suite à l’avis du conseil d’Etat de janvier 2017, apparaît ainsi comme une réponse d’alignement sur les intérêts des laboratoires pharmaceutiques.
Rendre obligatoire la vaccination pour 11 maladies apparaît comme une parade-réponse au conseil d’Etat et vient donc entériner les choix de production imposés par les laboratoires.

Une nouvelle fois, les autorités publiques se sont placées à la remorque des firmes pharmaceutiques. C'est contre le poids des intérêts privés dans les choix de santé publique que nous avons à lutter. 

Le 17 janvier 2018.

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