Communiqué de presse d’Ensemble ! Franche Comté

Etat d’urgence : protéger la population et préserver nos libertés

Les députés viennent d'approuver la prolongation de l'état d'urgence.

Barbara Romagnan, députéE du Doubs et 5 de ses collègues ont eu le courage de s’opposer par leur vote à cette mesure.

Nous leur exprimons notre soutien dans l’exercice difficile de l’expression démocratique en des temps aussi troublés.

Les militantEs d’Ensemble ! ont participé aux diverses initiatives de deuil et de solidarité avec les familles des victimes des attentats, en particulier à Pontarlier et à Besançon.

Pour « Ensemble! », si des mesures sont nécessaires pour assurer la sécurité des populations, l'état d'urgence fait peser de graves menaces sur les libertés publiques et le droit de manifestation. Déjà, plusieurs manifestations ont été interdites : celles contre les violences faites aux femmes le 21 novembre, en solidarité avec les réfugiéEs le 22 novembre, et, à l'occasion de la Cop 21, les 29 novembre et 12 décembre. Ce dispositif s'inscrit dans un processus de durcissement constant des textes législatifs parallèlement à une réduction des moyens de la police et de la justice.

L'état d'urgence implique que l'autorité administrative a pendant trois mois la prééminence sur la justice.

Nationalement le Syndicat de la Magistrature, ATTAC, la CGT et d’autres sont opposés à cette prolongation de l’état d’urgence.

L'actuelle surenchère sécuritaire puise dans les propositions de la droite et de l'extrême-droite. Elle les légitime.

Toutes les interprétations extensives, les stigmatisations sont rendues possibles sans qu’il ne soit prouvé que ces mesures améliorent efficacement la nécessaire lutte contre les terroristes et la possibilité de nouveaux attentats.

C'est pourquoi, « Ensemble! » condamne la prolongation de l'état d'urgence voulue par F. Hollande et son gouvernement et qui préfigure ce que pourrait être la réforme constitutionnelle instaurant un régime civil d'état de crise.

Ce n'est pas d'une refondation sécuritaire et autoritaire dont nous avons besoin mais d'une République sociale et démocratique, de plus d'égalité, de justice sociale et de liberté, ce qui implique la lutte contre le chômage et la précarité, contre tous les racismes, les discriminations.

Nous prendrons part dans les jours à venir aux mobilisations et initiatives démocratiques dénonçant à la fois le terrorisme et les dérives sécuritaires, plus que jamais aux côtés de la population dans sa diversité.

Notre meilleur rempart contre la barbarie de DAECH est la vitalité de notre démocratie, la force des principes qui nous guident depuis la Révolution de 1789. L'état d'urgence et sa prolongation ne sont pas la solution, ils sont le symptôme de la faiblesse du pouvoir.

Le  21 novembre 2015.

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