Compte rendu du Forum européen de Marseille du 10 au 12 novembre

Plus de 400 personnes (de nombreux jeunes mais peu de diversité), une centaine d’organisations et 30 pays participent au forum.

Ensemble était représenté par Jean François Pellissier et Alima Boumediene Thiery.
Du côté français sont présents des membres du PCF, du PG, d’EELV, du PS, du mouvement du 1er juillet de Hamon, ainsi que des ONG dont ATTAC … à l’exception de France Insoumise.
Sur le plan international forte présence des anglais , italiens, grecs et espagnols ainsi que de syndicalistes (particulièrement la FGTB pour la Belgique), mais faible présence des pays de l’Europe de l’Est.

1ère plénière : Construire ensemble le Forum
Plusieurs interventions sur la nécessité de convergences des luttes au niveau européen face à la montée des politiques d’austérité, des offensives libérales, des extrémismes en Europe, … notamment des différents partis communistes européens, et de créer un espace politique permanent des forces de gauche progressistes.
La conviction d’un forum permanent pour coordonner toutes les forces de gauche, s’organiser ensemble et faire émerger des alternatives communes a été exprimée par de nombreux intervenants européens, notamment par des responsables politiques et des éluEs d’Europe du Sud (Espagne, Portugal, Grèce, Italie, …).
Allant de la même sens, pour une coordination permanente, pas seulement des militants de pays de l’UE, mais aussi de l’Europe en général (Suisse, Croatie, Chypre, Belarus,…) et plusieurs interventions venant de mouvements politiques en Colombie, Salvador, Brésil (Sao Paulo), Venezuela, Argentine, ... des militants turques, kurdes, égyptiens (SPA), palestiniens (PDU), maghrébins, …
Il s’agit de faire face à la fuite en avant libérale qui plonge l’Europe dans des crises politiques et de résister à la montée des extrêmes droites.
L’idée de faire des listes transnationales aux prochaines élections européennes a souvent été affirmées en rappelant la nécessité de faire une large alliance à gauche, même si celle-ci peuvent être parfois difficile. Il faut élargir au maximum et rassembler toutes les forces de gauche en travaillant sur un programme pour changer l’UE.
Il est réaffirmer la nécessité de donner toute leur place aux citoyens et citoyennes des mouvements associatifs qui mènent les combats pour l’égalité des droits, contre le racisme, contre les politiques répressives et policières, contre toutes les discriminations et pour la Justice sociale …
Plusieurs mouvements sont représentés et prennent la parole dans le débat : Femmes Solidaires, associations de soutien aux migrants, Jeunes Verts de différents pays (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, …).
Pour tous, il s’agit de relever le défi de l’unité des forces de gauches, de retrouver le chemin de la convergence sociale pour les droits des citoyens et citoyennes.

2ème plénière : Une Europe de la paix et des Libertés
L’ensemble des intervenants dans le débat rappellent que la paix est l’objectif mais que celle-ci ne peut être atteinte sans réaffirmer nos libertés démocratiques et sans rechercher sans cesse une justice sociale, notamment dans les quartiers populaires.
Les intervenants sont issus d’un large panel allant de la NGS, Mouvement du 1er juillet etc… pour la France, et pour l’Europe : Podemos, le Bloco de Esquerda,  SYRIZA, etc… Catalunya en comu,
Trois questions sont sans-cesse posées et reposées :
- l'appartenance à l'Union européenne permet-elle de construire un avenir de Libertés et de Justice ?
- le développement du fascisme qui s’exprime de plus en plus, notamment dans l’Europe de l’Est menace-t-il la paix ?
- quelle alliance à Gauche pour reconstruire/changer l’Union Européenne ?
( ABT est intervenue pour Ensemble).

3ème plénière : Travail, droits sociaux en Europe
Plusieurs interventions sur la casse sociale en Europe, où Macron et ses réformes se multiplient, et un peu partout en Europe, les droits reculent.
Plusieurs militants syndicaux expriment leur désarroi et la difficulté de mobiliser, partout en Europe.
Plusieurs thèmes sont abordés : droit au logement, droit au travail, droit à la santé, droit à la formation, droit à l’éducation, … les questions écologiques et l’accès réel à ces droits.
Certains syndicats présents : CGT, FSU, Solidaire, UNEF, Confédération des services publics en Grèce, FGTB Metallurgy, Confédération Européenne des Syndicats. …, interviennent sur la question des minimums sociaux en Europe.
Et diverses organisations présentes, comme ATTAC, Espace Marx, DEMAIN Belgique, EELV, Fondation Gabriel Péri, Secours Populaire, Fondation Rosa Luxembourg, Stop à la Guerre, Transform Europe, STOP TTIP, …, interviennent sur les situations locales, nationales et leurs spécificités.
Les discriminations faites aux femmes et aux migrants sont rappelées à plusieurs reprises dans le débat général. La question des migrants et des réfugiés a souvent été posée. Elle doit être reprise dans notre projet pour l’UE : accueil, statut, intégration, ... (ABT est intervenue pour Ensemble). https://twitter.com/JFPellissier/status/929048954741972994

4ème plénière : Vers un modèle de développement soutenable
La plupart des interventions soulignaient qu’il ne fallait pas faire de séparations entre le social et l’écologie bien que la majorité de celles ci traitaient celles de l’un ou de l’autre en deux temps. Dans les thématiques abordées « l’acceptabilité sociale » pour des politiques de transition vers un développement durable, combattre l’austérité tout en défendant des investissement massifs dans les politiques environnementales : développer des campagnes pour inclure des conditions sociales dans les traités (salaires dignes, réduction du temps de travail, retraite à 60 ans dans l’UE), développer une plate forme des droits des travailleurs,… Tirer les leçons des expériences locales, en particulier en Grèce.
Les thématiques de la transition écologique de l’agriculture et du combat pour l’interdiction des glyphosates, des réfugiés climatiques, des modes de consommation et de l’égalité hommes-femmes ont été abordées plus marginalement, en particulier par des représentants des pays nordiques.
Bizarrement, lors de la synthèse une conclusion en forme d’interrogation : la question de choisir en une croissance durable et le maintien des conditions de vie.
(JeF est intervenu pour Ensemble.) https://twitter.com/Hugo_Carlos17/status/929353212582391808, https://twitter.com/fmaintenant/status/929353698999926784

Parallèlement à ces plénières, plusieurs ateliers sur :
- les organisations de jeunesse,
- atelier Transform/RLS
- s’approprier l’Europe comme un « Common »
- quelle alternative au libre-échange ?

Deux initiatives militantes :
- vendredi soir : Happening en solidarité avec les migrants au Vieux-Port
- samedi soir : concert en solidarité avec les migrants, le Monde est à nous !

Dimanche : Conseil des présidents (participation JFP-E ! y participe en tant que « partenaire »)
ODJ (Compte-rendu séparé)
1. Evaluation du Forum Européen de Marseille  
2. Elections en République Tchèque et Autriche 
3. Discussion sur les élections européennes et accord sur une éventuelle discussion sur l'UE  
4. Compte rendu de la réunion de Gregor Gysi avec Mario Draghi, Président de la BCE

Conclusion :

Vers un prochain Forum qui pourrait devenir un forum permanent.
Cette réunion du Forum est considérée comme la 1ère réunion du forum européen des forces progressistes.
Ce forum devient forum permanent ; de ce point de vue, des voix se sont élevées, dont la nôtre, que l’organisation des prochains forums soient déconnectés des échéances électorales européennes et nationales, et co-construits avec les forces syndicales, associatives et altermondialistes.

Un RDV pour un prochain forum est pris pour 2018 avec l’intention de s’élargir au maximum pour rassembler toutes les forces de gauche progressistes. 
Pour ces représentants politiques, syndicaux et associatifs présents, l’enjeu est d’opposer la solidarité à la montée des nationalismes et aux ravages du système ultralibéral qui se développe en Europe.

Le désir de rassembler toutes les forces de gauche est un défi qui existe dans toute l’Europe et qui doit rejeter toutes formes de sectarisme.
Le désir de se rassembler est réaffirmé, l’Europe doit changer et cela n’est possible que si on peut relever ce défi ensemble.

Ce forum est un acte fondateur pour les gauches progressistes dans leur désir de se rassembler, au-delà de leur grande diversité, pour une Europe des peuples et pas une Europe de l’austérité et du profit.

Alima Boumediene Thiery et Jean François Pellissier

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