Continuons Ensemble !

Militant.e.s ou sympathisant.e.s d'Ensemble !, nous continuons de nous reconnaître dans l'objectif de rassemblement de la gauche de transformation sociale tel qu'il était présenté dans le texte de référence du mouvement : un rassemblement ouvert, réunissant des organisations et permettant l’engagement individuel, pour créer une dynamique citoyenne.

Le Front de Gauche avait soulevé des espoirs bien au-delà des organisations qui en étaient à l'origine et aurait pu constituer un point d'appui majeur pour atteindre ce regroupement mais, malgré des expériences locales plus qu'encourageantes, il n'a pas été possible de dépasser nationalement la forme  initiale de cartel de Partis. Pour autant, nous ne renonçons pas à l'unité des forces politiques syndicales et associatives opposées au libéralisme.

Dans ce contexte, le mouvement France Insoumise (FI) s'est  développé autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2017. Ensemble ! , avec d'autres organisations, a soutenu cette candidature et certain.e.s de nos camarades ont fait le choix de s'engager à la fois dans la campagne et le mouvement, d'autres uniquement dans la campagne, d'autres encore optant pour une position de retrait.
Après la séquence électorale présidentielles/législatives, FI s'est imposée comme une force incontournable de la gauche française et des camarades ont décidé de s'y investir pour y apporter leur contribution.
Or, le fonctionnement extrêmement centralisé de la FI nous paraît en contradiction avec ce que nous considérons comme des acquis en matière de démocratie interne. S'il nous semble que la majorité des militant.e.s et sympathisant.e.s de FI sont des partenaires du futur rassemblement pour une alternative de gauche, FI ne peut pas en être le cadre exclusif. Si les « groupes d'action », nouveau nom des « groupes d'appui » conservent formellement autonomie et liberté d'action, ils n'ont pour l'instant servi qu'à populariser les positions de Jean-Luc Mélenchon et de son premier cercle. L'objectif de changer le rôle de l' « espace politique », le pouvoir des « groupes d'action », n'a pas été atteint pour l'instant.  Sous couvert d'horizontalité totale, FI s'avère être une organisation ultra-centralisée et verticale au sein de laquelle l'élaboration collective et démocratique des orientations politiques du mouvement aux niveaux local et national  est exclue. L'espoir de voir naître un fonctionnement innovant et démocratique est au point mort.

Les positions  publiques de la FI sont parfois bien éloignées de ce qui constitue le minimum commun de nos traditions. Des porte-paroles nationaux reprennent à leur compte à propos des migrant.e.s des conceptions chauvines opposées aux nôtres. D'autres refusent de dénoncer le régime de Bachar Al Assad et ses alliés russe et iranien responsables de massacres en Syrie. Pour nous, la défense des migrant.e.s, l'internationalisme et l'antiracisme doivent continuer d'être au cœur des principes de la gauche de transformation sociale.
À l'égard des autres organisations et représentant.e.s de la gauche de transformation sociale, FI fait preuve d'un étonnant sectarisme par la voix de ses porte-paroles (à l'exception notable de François Ruffin ou de Clémentine Autain, issue de nos rangs). Loin d'œuvrer au rassemblement de ces forces, FI a plutôt eu pour objectif de les nier. Or, le rassemblement de toutes celles et ceux qui s'opposent à la politique d'une rare violence de Macron et qui veulent construire une alternative sociale, écologiste, féministe et antiraciste est pour nous une urgence. Dans cette perspective, FI est un partenaire au même titre que d'autres forces, un partenaire avec lequel il faut débattre, sans mettre de côté nos désaccords.

Nous avons besoin d'une force qui travaille au rassemblement nécessaire pour répondre aux enjeux politiques de la période. C'est pour cela que nous ne nous résolvons pas à une lente dissolution d'Ensemble ! qui pourrait se traduire par l'engagement exclusif de nos camarades dans la FI et l'éloignement silencieux d'autres.
Nous proposons qu'au sein d'Ensemble ! se réunissent  et s'organisent les camarades qui se reconnaissent dans la démarche de ce texte, à l'échelle locale et nationale. Ce rassemblement doit à la fois permettre de continuer à nourrir le débat au sein de la gauche de transformation sociale mais également d'offrir un espace d'élaboration aux camarades qui souhaitent continuer leur engagement politique, sans intégrer la France Insoumise.

Des militant.e.s et sympathisant.e.s d' Ensemble !

Annick KARSENTY (CALME, Marseille-Est), Bernard ALLAIN (Marseille-Centre), Christiane GACHES (CALME-Marseille-Est), Henri SAINT-JEAN (Marseille-Nord 15è-16è ardt), Hervé DO ALTO (Nice) , Jacques PRADEL (CALME, Marseille-Est), Jérôme THUET (Marseille-Centre) , Lulu GUINOT (CALME-Marseille-Est), Marie-Luce YOUCHENKO (Marseille-Nord 15è et 16è ardt) , Marlène YOUCHENKO (Marseille-Nord 15è et 16è ardt , Norig NEVEU (Marseille-Centre) , Paul PASQUALI (Marseille-Centre) , Pauline DELAGE (Marseille-Centre) Philippe YOUCHENKO (Marseille-Nord 15è et 16è ardt), Renaud CORNAND (Marseille-Centre ) , Tahar AOUALI (Marseille-Centre ), Vève GUINOT (CALME-Marseille-Est).

Pour apporter votre signature à cet appel écrire à bernardallainv@gmail.com

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