Contrats aidés : face au licenciement sec, sortons les emplois de la précarité !

Le gouvernement sert les intérêts d’une toute petite minorité et s’attaque à tous les autres citoyens, et en particulier les plus modestes. Casse du droit du travail, casse des normes sanitaires, casse du logement social,  casse des services publics, casse des libertés, casse de notre humanité…

Les choix budgétaires du gouvernement sacrifiant les contrats aidés sont l’annonce d’un monstrueux plan de licenciement visant plus de 200.000 personnes !

Un plan de licenciement monstre

En 2016, 450.000 contrats aidés furent signés. En 2017, il n’y en aura plus que 320.000 ; les réactions venant de toute part, et en particulier de sa majorité, ont contraint le gouvernement à  modérer quelque peu ses plans initiaux mais les suppressions des aides de l’Etat concernent toujours 130.000 personnes.

Mais le gouvernement ne s’en tient pas là. L’enveloppe, déjà insufffisante, votée en 2017, vont diminuer de 41,6% en 2018, soit encore 120.000 suppressions de contrats aidés qui dans la plupart des cas se traduiront par des licenciements secs.

Entre 2017 et 2018 ce sont donc à peu près 250.000 emplois qui seront supprimés !

 

Une perte énorme de services offerts à la population

En même temps que les drames humains vécus par les personnes qui se trouvent du jour au lendemain privé de leur emploi, c’est toute la population qui va être affectée par la disparition des services assurés par les salariés agissant en contrats aidés.

Actuellement les effets se font ressentir dans l’éducation nationale, les petites communes, et les associations, dont beaucoup risquent de mettre sous la porte. Le secteur hospitalier et les maisons de retraite s’inquiètent.

Les services assurés dans les collectivités locales vont soit être supprimés, soit devenir plus onéreux (et donc plus élitistes), soit peser davantage sur les budgets locaux. Un maire estime qu’il faudrait augmenter de 10% les impôts locaux pour faire face au désengagement de l’Etat.

Le secteur associatif va être impacté dans les missions de service public qu’il assume parfois, dans son rôle de maintien du lien social, d’aide à la vie quotidienne, de diffusion de la culture, d’expérimentations sociales variées.

Secteur par secteur, la liste est longue des services qui vont disparaitre et de ceux qui sont à terme menacés. Et ceci d’autant plus que ces nouveaux chômeurs pèseront à leur tour sur les budgets d’aides sociales, réduisant ainsi la marge de manœuvre des collectivités territoriales.

Les emplois aidés remplissent de réelles fonctions sociales, sortons les de la précarité !

Côté hypocrisie, notre gouvernement, c’est une synthèse !

Pour mettre fin à la précarité des contrats aidés, créons de vrais emplois, pérennes, sans temps partiels imposés, avec accès à la qualification (et sa reconnaissance).

La ministre nous déclare que les emplois maintenus seront destinés aux personnes les plus éloignées de l'emploi et qu’ils concerneront « les secteurs où il y en a le plus besoin, notamment pour l'accompagnement des élèves handicapés, l'outre-mer et l'urgence en matière sociale et sanitaire".

Pourquoi faudrait-il être parmi les personnes les plus éloignées de l’emploi pour  pouvoir accompagner des élèves en situation de handicap ? Les secteurs jugés prioritaires doivent donner lieu à la création de postes statutaires dans la fonction publique et stables dans le secteur associatif.

La création de ces postes ne devrait pas relever de la lutte contre le chômage, mais d’un financement ordinaire des missions de service public.

Une véritable lutte contre le chômage consisterait moins à armer individuellement le chômeur qu’à relancer l’économie, entre autres en cessant de mettre les services publics et sociaux au régime sec.

Mettre en tête d’affiche l’accompagnement individuel du chômeur consiste à faire croire que c’est lui le problème, parce qu’il ne serait pas assez formé ou assez dynamique dans sa recherche de travail.

Les politiques pour aider les catégories les plus éloignées de l’emploi doivent être avant tout collectives ; comme par exemple augmenter la capacité d’accueil des jeunes enfants, dans de bonnes conditions.

Quant à la formation, il faudrait peut-être déjà la penser avant que les jeunes arrivent sur le marché du travail, en rétablissant dans l’éducation nationale un enseignement professionnel digne de ce nom et en redonnant les moyens à la formation professionnelle des adultes (AFPA) de proposer à tous les salariés les moyens de se former tout au long de sa vie professionnelle.

La fin des contrats aidés au profit de la « garantie jeunes », dispositif de conditionnement à l’acceptation de la précarité ?

Un milliard supprimés par l’Etat (l’enveloppe passe de 2,4 à1.4 milliard d’euros) : le gouvernement met en avant le coût de ces mesures et  leur inefficacité.

Quand on raisonne en milliards d’euros cela peut effrayer le public, les particuliers n’ayant en général guère l’occasion de manipuler de telle sommes ! Mais en réalité dans le cadre du budget de l’Etat, la somme n’est pas si importante, surtout si on la met en regard avec le CICE et ses piètres résultats (si tant est qu’ils fussent réels) : 20 milliards, ou avec le montant de la fraude fiscale, estimée entre 60 et 80 milliards d’euros….
Donc le gouvernement ment quand il dit que la mesure coûte cher. Elle entraînera pour les contribuables usagers d’autres surcoûts, et pour les finances publiques, il faudrait défalquer du  milliard économisé ce qu’il faudra bien verser aux intéressés en indemnisation du chômage ou en RSA.

Le gouvernement affirme qu’il va substituer aux contrats aidés d’autres mesures de formation qu’il prétend plus efficaces. Mais on peut s’interroger sur « l’efficacité » visée par les nouveaux choix budgétaires.

Concernant la formation, 400 millions supplémentaires vont être affectés à la formation des demandeurs d'emploi les plus en difficulté et jeunes décrocheurs de moins de 25 ans. Quelles formations pour quel type d’emplois, on ne sait pas.

Par ailleurs, 500 millions vont être attribués au dispositif « garantie jeunes », pour un budget global de 2,8 milliards d’euros (dont une part de fonds européens), destiné aux jeunes de 16 à 26 ans sans emploi ni formation. Pendant un an,  les jeunes perçoivent une alllocation minime (461 €) et s’engagent à accepter l’accompagnement personnalisé, à rechercher des opportunités d’emploi et à accepter les  « mises en situation professionnelle ».

Les entreprises sont censées jouer le jeu et  proposer d stages, immersions, contrats de travail… pour permettre aux jeunes "d’enrichir leur expérience et de développer leurs compétences." Les patrons n’ont en général pas l’habitude de jouer de façon désintéressée les nounous pour jeunes chômeurs, gageons que le dispositif produira plus de travail gratuit que de réels acquis professionnels.

Quelle que soit l’engagement sincère des salariés des missions  locales auprès des jeunes, on peut réellement s’interroger sur la finalité réelle de ce montage. Il s’adresse à des jeunes précaires qui n’ont guère de chance que d’accéder à des contrats précaires, que la loi Travail XXL généralise par ailleurs. Quelle peut-être l’impact de ce dispositif, sinon d’aider le jeune à intérioriser la situation, à lui apprendre à accepter n’importe quoi et à avoir le bon comportement qui n’incommode pas l’employeur ?

Autour des contrats aidés et de la loi Travail XXL, la bataille pour un choix de société

Suppression des contrats aidés et casse du code travail vont donc de pair.

Personne ne défend les contrats aidés dans leur forme actuelle, mais leur rétablissement est une mesure d’urgence pour que les salariés concernés retrouvent un minimum de sécurité, que les services ne s’interrompent pas et que les associations ne mettent pas la clé sous le paillasson…

Mais l’objectif de notre bataille est le financement ordinaire de ces contrats qui doivent sortir de la précarité. Si le gouvernement nous dit qu’il n’a pas d’argent, nous, on peut lui dire là où il peut le trouver !

Ce plan social de 250.000 personnes nous concerne tous !

@Waouh76

 

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Auteur: 
Eve76