Débats dans Quebec Solidaire

Formation de gauche radicale au Québec, Québec Solidaire (plus de 10 000 militant-es avec un score de 7,6 % aux dernières élections) se définit comme : « un parti de gauche qui vise la construction d’une société basée sur la justice sociale, l’élargissement de la démocratie, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect de nos écosystèmes, l’établissement de liens égalitaires et pacifiques avec les peuples du monde entier et, en premier lieu, avec les nations autochtones avec lesquelles nous partageons ce territoire. Son projet de société a pour fondement la démocratie participative et la souveraineté populaire. »

L'organisation est traversée par un débat suite à la proposition faite par le nouveau dirigeant du Parti québécois (anciennement au pouvoir) d'une unité face au Parti libéral au pouvoir depuis 2014. 

Nous publions les deux points de vue qui se sont développés au sein de Québec Solidaire (qui compte 3 député-es).

QUÉBEC SOLIDAIRE TRACE LES CONTOURS DE SES AVENIRS POSSIBLES !

Les débats sur « l’ensemble des questions liées aux alliances, sociales et électorales ou pactes tactiques » auront des incidences politiques importantes sur l’avenir de Québec solidaire, sur son projet et sur sa place sur la scène politique. Ces débats sont parvenus à certaines conclusions, mais il reste que ces débats ne sont pas terminés et que c’est le prochain congrès qui aura à prendre « les décisions concernant les alliances stratégiques et électorales » [1]. Il s’agira ici de revenir sur les tenants et aboutissants de ces débats tant pour présenter les conclusions sur lesquels ils ont débouché que sur les implications de ces décisions auront sur l’avenir de Québec solidaire. Ces conclusions doivent également être évaluées à la lumière de leur réception par la direction du Parti québécois.

Les options 1 et 2 : des approches hétérogènes à un questionnement différent

L’option 1 partait de la caractérisation du Parti québécois, de ses politiques pour déduire qu’il était nécessaire de s’en démarquer radicalement. Le recul du vote péquiste n’est pas dû à la fragmentation du vote francophone dont serait responsable Québec solidaire, mais aux politiques néolibérales menées par le gouvernement Marois (déficit zéro, coupures des prestations sociales, subventions à l’exploitation pétrolière à Anticosti…), à l’absence de stratégie d’accession à l’indépendance du PQ qui conduit à remettre la lutte pour l’indépendance à un avenir indéterminé et à la campagne identitaire autour de la Charte des valeurs qui a fissuré la société québécoise et a discrédité encore plus la perspective indépendantiste dans les communautés culturelles. Le Parti québécois est le seul responsable de son affaiblissement et de sa défaite de 2014 et des reculs du soutien à l’indépendance. Il ne faut pas cesser de le répéter.

Il faut donc remettre radicalement en cause la prétention du PQ à diriger le mouvement souverainiste et Québec solidaire doit se présenter comme le seul parti capable d’offrir un projet d’accession à la souveraineté et une alternative véritable et sociale à la population. C’est à partir de cette perspective qu’on peut construire une majorité indépendantiste.

L’option 1 concluait donc que la participation au OUI-Québec est une réponse inadéquate, car le OUI-Québec est lié au PQ et que notre participation au OUI-Québec va donner le message que nous considérons le PQ comme un parti progressiste cautionnant la crédibilité de la perspective de changer le PQ. L’option 1 préfère avancer la perspective d’un front social dans lequel nous travaillerons de concert avec les secteurs de la population pour un changement de société et l’appropriation de notre territoire.

L’option 2 soulignait l’importance de répondre aux discours du PQ sur la fragmentation du vote francophone. Il faut donc obliger le PQ à faire des concessions majeures s’il souhaite une quelconque forme de convergence avec nous. Il faut accepter le dialogue avec le PQ et éviter d’apparaître comme un parti favorisant la réélection du PLQ nourrissant ainsi le vote stratégique pour le PQ et affaiblissant notre base électorale en la poussant à voter pour le PQ. C’est ainsi qu’on pourra éviter de payer le coût politique qu’il y aurait à refuser de participer au dialogue de la feuille de route dans le cadre du OUI-Québec. Ce refus permettrait en effet à nos adversaires de nous qualifier de sectaires et de dogmatiques. Ce refus détournerait de nous nos allié-e-s dans les mouvements sociaux et aurait un effet négatif sur notre base électorale et les segments électoraux que nous voulons attirer. C’est pourquoi l’option 2 propose de participer à la première étape du dialogue dans le cadre du OUI-Québec sur la feuille de route pour l’indépendance pour y défendre des éléments essentiels de notre programme : l’assemblée constituante, la pleine justice sociale et fiscale, la transition énergétique, la mise en place d’un système électoral comme des éléments de proportionnalité et l’abandon de toute politique identitaire. Et qu’aucun pacte électoral sous aucune forme ne soit abordé dans les discussions portant sur la feuille de route. Les décisions à ce niveau sont reportées au prochain congrès. C’est l’ensemble de cette option qui a été finalement adoptée par le Conseil national.

Malgré ce qui était mis en jeu politiquement, le Conseil national ne devait trancher que sur la participation au OUI-Québec. C’était déjà peu. L’évolution de la conjoncture allait bouleverser considérablement cette situation.

L’offensive de Jean-François Lisée contre Québec solidaire bouleverse les cadres du débat

L’élection de Jean-François Lisée s’est faite suite à une course à la chefferie dont le thème central était la promesse de ne pas tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat. Il redéfinissait le sens de la prochaine élection pour le PQ comme la nécessité de battre le gouvernement Couillard. Il ne s’agissait pas de construire une « convergence souverainiste » autour d’une feuille de route pour l’indépendance, mais bien de construire une « convergence progressiste » pour en finir avec le gouvernement libéral. D’ailleurs, le Oui Québec devait prendre en compte ce choix du Parti québécois et mettre de côté sa phase 2 portant sur les moyens de faire élire une majorité de députés indépendantistes à l’Assemblée nationale lors de l’élection de 2018. De plus, l’élection partielle était l’occasion d’une manœuvre du chef péquiste qui a proposé une candidature commune (QS-PQ) et a lancé même un sondage auprès de l’électorat de la circonscription pour démontrer que la base électorale de QS était d’accord avec sa proposition. La réponse de Québec solidaire a été très défensive, se contentant d’argumenter que l’on était dans un processus de débat sur nos politiques d’alliances. Sans compter que l’apparition du dialogue politique ayant pour nom « Faut qu’on se parle » élargissait les débats.

Il apparaissait de plus en plus clairement que limiter la prise de décision à la participation ou non au OUI-Québec faisait fi des problèmes politiques soulevés par l’évolution de la conjoncture. C’est pourquoi le Comité de coordination nationale, bouleversant les procédures habituelles, mettait sur la table une nouvelle proposition dont l’essentiel consiste « à mandater 1. « le CCN d’ouvrir un chantier de réflexion et d’action sur les sujets suivants : les convergences et les alliances possibles entre Québec solidaire et les mouvements sociaux et politiques ainsi que des partis politiques porteurs d’un projet politique souverainiste inclusif, de valeur comme la justice sociale, l’égalité entre les hommes et les femmes, le respect de l’environnement, et mettant de l’avant la réforme du mode de scrutin ; la pertinence de candidatures indépendantes dans des élections partielles à venir. 2, que ce chantier soumette des propositions au congrès de mai 2017. [2]

Cette proposition élargissait le cadre de la discussion. Elle proposait que Québec solidaire passe à l’action et devienne un centre d’initiative. Elle fait une place à des alliances avec les mouvements sociaux. Elle pose une série de conditions politiques et programmatiques à l’insertion dans le chantier, mais jamais elle n’exclut explicitement le PQ, même si ces conditions sont perçues par nombre de militant-e-s comme des garde-fous à cet égard.

En fait, il y au moins trois niveaux d’interprétation à l’adoption de l’option 2 et de la proposition du CCN amendée.

Postures et diversité de positions différentes peu ou pas explicitées

Les débats sur la nouvelle proposition du CCN ont été reçus tardivement. Les débats ont été riches, mais ils sont le reflet de plusieurs positions et postures.

Les bases d’une démarche de communication

Pour beaucoup de délégué-e-s au Conseil national, notre maintien au OUI-Québec et la proposition du Chantier sont une démarche de communication démontrant notre ouverture au dialogue. Nous pouvons avancer notre démarche stratégique sur la Constituante et faire progresser son impact. Nous faisons ainsi preuve d’ouverture. Nous apparaissons comme partie prenante du camp souverainiste et progressiste. En même temps, nous présentons des principes qui sont largement partagés. Si le PQ n’accepte pas ces principes, il devra rejeter notre démarche. Et on pourra faire assumer au PQ la rupture. Il portera ainsi la responsabilité de la division. C’est la une posture gagnante au niveau de la communication politique.

Les bases d’une démarche de négociation qui peut porter fruit

Pour certain-e-s, le dialogue peut faire évoluer la situation. Sur le terrain, le rapport de force a changé en notre faveur. Ainsi, la volonté de changer le mode de scrutin est largement répandue.+ Le PQ est prêt à reculer sur ce point et l’adoption d’un nouveau mode de scrutin est à l’ordre du jour de son congrès. Sur la question de la constituante également nous avons déjà marqué des points. Le PQ peut changer. Nous ne reculerons pas sur nos principes, mais il y aura des accords concrets qui pourront peut-être se dégager et nous assurer une progression sur le terrain électoral nous permettant de renforcer le poids de notre députation. Le prochain congrès permettra de prendre une décision éclairée sur ces accords concrets.

Le chantier proposé, un pas vers une nouvelle convergence des indépendantistes

Pour d’autres, les principes et particulièrement le fait que Québec solidaire « mette de l’avant sa propre feuille de route pour préparer l’indépendance en vue des élections de 2018, qu’il mette de l’avant la potentialité rassembleuse et non partisane de l’assemblée constituante et qu’il commence dès maintenant à travailler à des alliances indépendantistes »[amendement, 4.1.11] constitue déjà une rupture assumée avec l’orientation proposée par Jean-François Lisée, orientation sur laquelle le PQ ne reviendra certainement pas… La conclusion du Chantier est donc prévisible. Le PQ ne pourra accepter nos principes. Et ce chantier de QS ouvre la voie à une nouvelle convergence.

Comme on peut le constater, la proposition de chantier adoptée est susceptibles de différentes lectures.

La perspective de la construction d’une convergence indépendantiste et progressiste a été jugée comme irrecevable

Des associations de QS (Jean Lesage et Hull) ont proposé une convergence indépendantiste et progressiste et « que Québec solidaire annonce dès maintenant son intention de faire de la question de l’indépendance du Québec un élément central de sa plate-forme électorale lors des élections générales ; que Québec solidaire invite Option nationale, collectif Faut qu’on se parle et tout autre organisation indépendantiste et progressiste intéressée à entamer de nouvelles discussions formelles en vue d’une alliance électorale lors des élections générales de 2018. » Ces associations proposaient également que Québec solidaire décline l’invitation du OUI-Québec. Il s’agissait donc d’opposer une convergence de gauche contre le projet péquiste de marginaliser la question de l’indépendance aux prochaines élections. Ces propositions ont été jugées irrecevables, car seuls des amendements à la nouvelle proposition du CCN pouvaient être recevables car ces propositions ont été considérées comme de nouvelles propositions.

La réception de la proposition de Chantier par les grands médias et le Parti québécois

Pour les médias, la seule question pertinente était : « Allez-vous vous unir ? » La réponse des porte-parole de Québec solidaire à leur conférence de presse a été très claire : « La réponse est oui. Nous, on veut tenter de rallier les forces vives de la société québécoise, des personnes engagées et même des partis politiques car on veut battre les Libéraux et mettre au pouvoir des progressistes qui apporteront du changement. » Mais on promet que Québec solidaire exigera que les principes à la base des chantiers soient partagés par les gens qui veulent s’unir avec Québec solidaire. Mais, le dialogue est ouvert.

Jean-François Lisée s’est dit très satisfait de l’ouverture de Québec solidaire a des candidatures communes. Il accueille dit-il la main tendue à la main qu’il avait tendue envers Québec solidaire. Une lecture bien particulière de ce qui a été adopté par le Conseil national, n’est-ce pas !? Il minimise les divergences entre le PQ et QS. Il souligne les convergences. Il affirme être pour la fin de l’austérité, pour l’égalité des hommes et des femmes, pour la fin du développement des hydrocarbures et pour la réforme du mode de scrutin. Il insiste que le défi n’est pas d’assurer une convergence souverainiste, mais de bâtir une convergence progressiste contre le gouvernement Couillard. Sur la souveraineté, il avoue que Québec est plus pressé que le PQ sur la question du référendum ! Mais pour battre Couillard, il souligne que voter le PQ demeure la seule alternative.

Les coups fourrés de Jean-François Lisée vont se multiplier. La vigilance est de rigueur. Il a déjà écarté la convergence des forces pour l’indépendance aux prochaines élections. Une « Convergence progressiste dirigée par le PQ », c’est ni plus ni moins qu’un oxymore. Québec solidaire doit en faire la démonstration.

Un chantier de réflexion et d’action : construire d’une convergence pour un Québec indépendant et pour un projet de société égalitaire lors des prochaines élections

Le PQ a été l’instrument d’une fracture du Québec sur une base identitaire. Jean-François Lisée a arraché la direction en utilisant ce type de rhétorique. Il n’y aura pas d’élections gagnantes pour les personnes immigrantes tant que ne sera pas remise en question la domination du fédéral sur les politiques d’immigration et la remise en question des perspectives nationalistes qui traversent tant la CAQ que le Parti québécois.

Le dernier gouvernement péquiste a été le promoteur du déficit zéro et du recul des investissements dans les services publics. Il s’est refusé à hausser les impôts des entreprises. On verra bien si le PQ ne sera pas tenté à l’approche des élections par une nouvelle réduction d’impôt. Il n’y aura pas d’élections gagnantes pour les syndiqué-e-s et la majorité populaire si le PQ est reporté au pouvoir alors qu’il a mené des politiques d’austérité toutes les fois qu’il a formé le gouvernement depuis l’époque néolibérale.

Il n’y aura pas d’élections gagnantes sur le terrain énergétique tant que le gouvernement fédéral pourra nous imposer le passage de pipelines sur le territoire du Québec et que l’on fera confiance à un parti qui a inauguré et soutenu financièrement l’exploration pétrolière à Anticosti. Il n’y aura pas d’élections gagnantes pour les peuples autochtones tant qu’il n’y aura pas une reconnaissance de leurs droits ancestraux, reconnaissance que refuse l’État canadien.

Le Parti québécois n’a aucune stratégie pour la souveraineté. Le proposition du Chantier peut être l’objet de lectures diverses. Mais la défense des principes avancés dans le cadre du Chantier ne peut que nous orienter vers la nécessité de construire une nouvelle convergence qui fait de l’indépendance et d’un projet social émancipateur l’enjeu des élections qui viennent.

Bernard Rioux. Publié sur le site de Presse toi à gauche !

Notes

[1] Cahier de proposition, 18-19-20 novembre 2016, présentation du Bloc 2 : Participation à la feuille de route de OUI-Québec (convergence)

 

[2] Proposition initiale du CCN au Conseil national de novembre 2016

 

CONSEIL NATIONAL DE QS DU 17-18-19 NOVEMBRE, UN TOURNANT QUI RISQUE D’ÊTRE LOURD À PAYER !

Le Conseil national de Québec Solidaire portant sur la convergence souverainiste s’est tenu à Québec la fin de semaine du 17-18-19 novembre. Ce débat était présent à Québec Solidaire depuis les dernières élections, mais l’élection de Jean François Lisée à la tête du PQ et le déclenchement des élections partielles et particulièrement celle dans la circonscription de Verdun ont redonné une autre coloration à la situation politique.

D’autant plus que le chef du PQ en proposant une alliance avec QS pour se débarrasser du Parti libéral dans Verdun rejetait le résultat de l’échec de cette partielle sur le dos de QS alors que son propre parti est en pleine déconfiture dans Verdun et que QS avait sa candidate et sa campagne en marche depuis un certain temps. C’est facile de rejeter la faute sur le dos des autres.

Dans ce contexte d’attaque du PQ, le débat sur la convergence prenait donc une autre signification.

Un conseil nouveau genre de prise de décision

Ce débat dans QS prenait forme depuis un certain temps au comité de coordination de QS. QS souffrait même d’un retard à répondre à cette question. Mais si la discussion tardait à se trancher c’est que des positions différentes voyaient le jour : prendre une chance d’aller avec les autres forces souverainistes au OUI-QUÉBEC en ne laissant pas la chaise vide, en ne se faisant pas étiqueter de souverainiste mou, en ne portant pas une image de vouloir s’isoler et en tenant ferme nos positions et nos valeurs (Option 2) ou d’un autre côté tirer un bilan clair du PQ comme parti néolibéral, rompre définitivement avec tout travail en commun et prendre l’initiative pour construire avec les forces progressistes, indépendantistes et féministes une autre coalition large et militante (Option 1).

Pour la première fois, les militantes et militants de QS ont eu un vrai débat politique à partir de textes soumis à la discussion. Ce n’était plus une ou deux propositions seulement soumises au vote, mais toute une analyse proposée à la réflexion. Et cela a fait toute la différence même si le temps pour les membres de QS était assez court pour s’emparer de toutes ces idées.

La conjoncture de l’élection à la chefferie au PQ et la proposition piège de Verdun sont venues chambouler les débats. La position invoquant la nécessité de participer au OUI-QUÉBEC a dû un peu changer son cadre d’action, car le report d’un référendum en 2022 changeait complètement la donne pour la convergence des forces souverainistes.

C’est pourquoi la coordination nationale de QS est arrivée avec une nouvelle proposition de chantiers de réflexion et d’actions pour les alliances. Cette proposition laissait beaucoup de flous sur les rapports avec le PQ malgré le ralliement des deux options à la mise en place des chantiers.

Cela a nécessité de changer les modalités de discussion à QS vu que les assos n’avaient plus le temps de disposer de cette nouvelle proposition. Des ateliers de discussion au Conseil national ont donc fait lieu de débat le samedi matin.

Les positions adoptées

Les positions adoptées vont dans le sens de la proposition acceptant la feuille de route du OUI-QUÉBEC, mais les chantiers de réflexion et les actions sur l’indépendance n’en font pas un acquis pour le PQ.

Au contraire, les membres de QS tiennent à assister aux rencontres avec les autres souverainistes au OUI-Québec, mais sans jamais faire de compromis sur les valeurs et le programme de QS. Cela signifie un jeu diplomatique important que la direction de QS doit tenir en compte.

De plus, il existe une couche très réfractaire au PQ qui se situe clairement à gauche et qui se définit comme socialiste, écologiste, féministe et qui n’acceptera jamais un travail en commun ni un partage de circonscriptions avec le PQ. Cette aile a fait des propositions de campagne sur l’indépendance et de priorité à l’indépendance pendant la prochaine campagne électorale. Mais ces propositions ont été jugées irrecevables. Cependant les conditions très claires de respect des valeurs et du programme de QS demeurent.

Une étape de croissance

En fait, ce débat se situe dans une étape de croissance de QS. Petit parti de trois personnes député-e-s avec un 10% de suffrages assurés partout au Québec, cela place QS au début d’un rapport de forces avec les autres partis politiques. On doit tenir compte de cela dans l’échiquier politique. Il n’est pas surprenant que la couverture médiatique commence à se faire meilleure.

Mais en même temps comment QS peut-il demeurer un parti de la rue tout en continuant sa progression comme parti des urnes ? Même si QS a mis des conditions précises aux alliances, ce qui ressortait au lendemain du Conseil national c’est que QS ouvre la porte au PQ.

Faire des amendements avec le PQ pour le projet de loi P70 sur les coupures à l’aide sociale a posé bien des questions chez les militantes et militants des groupes de défense des personnes assistées sociales. Pourquoi ne pas laisser l’odieux de la proposition au PLQ alors que déjà les amendements de couper seulement les nouvelles demandes étaient dans l’air ? Le bâillon de l’Assemblée nationale aurait été plus clair. Par chance, nos personnes députées ont fait un geste de protestation lors du vote ( qui leur a valu une réprimande du président de l’Assemblée nationale), ont émis leur horreur en conférence de presse qui montraient leurs liens avec les groupes communautaires en défense des droits. Mais, il s’en est fallu de peu de chose pour détruire nos liens privilégiés avec ces groupes.

Il est donc difficile de lier les urnes et la rue. Établir des liens avec le PQ rendra cette tâche encore plus difficile surtout auprès de la population en général qui percevra plus difficilement les différences entre les formations politiques. Le prix risque d’être lourd à payer.

Ginette Lewis. Publié sur le site de Presse toi à gauche !

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