Déclaration de Clémentine Autain. L'Etat doit reloger les 71 de Saint-Denis.

Elles sont 71 à être les victimes de l'intervention de la BRI et du RAID à Saint-Denis dans la nuit du 17 au 18 novembre.

71 délogées de leur logement, contraintes de le quitter sans rien pouvoir emporter suite à l'intervention contre un appartement situé 48 rue de la République à Saint-Denis qui abritait, entre autre, Abdelhamid Abaaoud, coordonnateur supposé des terribles attentats du 13 novembre à Paris.

Depuis, elles ont été prises en charge par la municipalité et hébergées dans un gymnase.

La solidarité des habitantEs s'est spontanément manifestée. C'est un précieux réconfort dans une situation qui génère beaucoup de stress et de traumatisme, notamment pour les 26 enfants concernés.

Leur immeuble, déjà fragile, est aujourd'hui inhabitable.

Leur relogement immédiat est vital pour leur permettre de redémarrer une vie normale.

Le gouvernement qui a fait voter l'état d'urgence, doit assumer ses responsabilités quant aux victimes collatérales de l'intervention des brigades spécialisées de la police.

De plus, un sans-papier égyptien de 63 ans, en France depuis de nombreuses années, blessé lors de l'intervention s'est vu notifié une invitation à quitter le territoire. La chasse aux terroristes débouche sur la chasse aux sans-papiers.

Cette situation est inacceptable !

Je suis solidaire des 71 personnes de Saint-Denis qui demandent un relogement pérenne et du sans-papier en instance d'expulsion.

J'exige du premier ministre, M. Valls, et du gouvernement qu'ils assument leurs responsabilités et qu'ils répondent positivement aux demandes de ces familles.

Le 24 novembre 2015.

 

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