Défaite grecque, dégâts européens

N’est-il pas paradoxal que l’acceptation du 3e mémorandum par Alexis Tsipras le 13 juillet dernier suscite tant de commentaires et de déchirements ? Après tout, n’était-ce pas le dernier chapitre du récit d’une défaite annoncée ?

Tous les gouvernements européens, appuyés par une armada médiatique, ont expliqué au long des semaines et des mois précédents que le défi lancé par Syriza aux créanciers et aux dirigeants de l’Union européenne était extravagant. La social-démocratie en ses différents représentants n’a cessé de brocarder une politique selon elle inéluctablement condamnée à l’échec. Au sein même des gauches radicales, où on se félicitait grandement de la victoire électorale de Syriza et de la formation du gouvernement Tsipras, les voix n’ont pas manqué pour dire que, les mesures indispensables (principalement la sortie de l’euro et le défaut de paiement de la dette) n’étant pas prises, l’affaire était compromise et condamnée à mal finir…

Bref, on devait se tenir avertis, puisqu’on nous l’expliquait incessamment et de tous bords, que la Grèce n’avait ni le droit ni les moyens au sein de l’Union européenne d’une rupture avec les politiques d’endettement et d’austérité. Pas le droit, parce qu’une dette ça se paye ! Pas les moyens, parce que la Grèce est trop faible économiquement (2 % du PIB européen) pour imposer sa volonté, d’autant, ajoutaient certains, qu’Alexis Tsipras ne prenant pas les mesures nécessaires il n’avait aucune chance de faire reculer l’oligarchie européenne.

Si tout était écrit d’avance, pourquoi le choix de juillet a-t-il provoqué un tel choc ? Au point, en une confusion de mauvais augure, d’ébrécher bien des convictions tout en renforçant quelques certitudes, et de semer un trouble durable… Que faut-il penser de Tsipras, est-il sincère, est-il fourbe ? Et de Merkel et Hollande, l’un est-il bon et l’autre méchante, ou les deux sont-ils de mèche ? Qu’est-ce que la Troïka, qui prétend tout régenter mais paraît parfois tirer à hue et à dia ?

Et, au final, qu’est-ce que la Grèce ? Oubliée la Grèce des richissimes armateurs, des capitaux planqués, de la corruption, des gouvernements PASOK et Nouvelle Démocratie qui ont mené le pays là où il se trouve ! Au profit d’une Grèce imaginaire où ont été dilapidés les fonds généreusement distribués par l’Union européenne, qui s’est ingéniée à truquer ses comptes pour être acceptée dans un euro et ensuite cultiver une confortable paresse… La seule vraie Grèce est celle qui subit une régression économique et sociale d’une ampleur que seuls ont connue les pays victimes de dégâts de guerre, et celle qui, après des années de souffrances et de lutte, a porté au gouvernement un jeune parti de gauche radicale pour en finir avec cette dévastation.

Objectif d’une outrecuidance que les classes dirigeantes européennes ont décidé de punir. Ce pourquoi on a dit et répété que Tsipras allait se brûler les ailes, et qu’il devait nécessairement chuter. Chose faite le 13 juillet !

Fin de partie ? Certains le disent, et s’en félicitent, beaucoup le croient et le déplorent… Peut-être faut-il, avant d’en décider, reprendre la totalité du récit, avec le souci, puisque malgré tout il a surpris, de déchiffrer derrière les a priori et les stéréotypes un éventuel sens caché.

Pari syrizien

Parce que lors du référendum du 5 juillet le non majoritaire aux diktats bruxellois a en moins d’une semaine été renversé en un oui – dans les deux cas sous la responsabilité du même Alexis Tsipras –, le traumatisme est évident. Et le verdict est tombé : capitulation !

Le mot est à double face. L’une étant le constat d’une reddition imposée en fonction d’un rapport de forces implacable. L’autre valant accusation de trahison par refus d’assumer l’épreuve du combat.

Une ambivalence sémantique révélatrice, en ce qu’elle dessine deux lignes de fuite par rapport au problème posé. L’une marquée d’objectivisme : si en Europe les rapports de forces sont tels que rien n’était réellement possible, l’échec était inscrit dans une victoire électorale qui ne pouvait rien promettre que d’illusoire. L’autre cédant au subjectivisme : si l’affaire a mal tourné c’est que le possible a été gâché, par incompétence, ou pire, par tromperie. Fatalisme là, ressentiment ici, la défaite se trouve redoublée par intériorisation, soit qu’on ait rêvé en croyant à une issue positive, soit que la réussite nous a été dérobée…

Est-il possible d’échapper à ce double déterminisme, de rompre ce nœud gordien ?

Il faut préciser le pari que représentait Syriza accédant au gouvernement.

Syriza n’est pas un parti social-démocrate qui habillerait de mensonges son adaptation complète aux impératifs de l’ordre capitaliste, cela afin de maquiller sa politique réelle et tromper l’électorat de gauche. Il s’est affirmé comme un parti d’opposition à la politique ultralibérale, rompant radicalement avec le PASOK et le dénonçant. Il n’est pas non plus un parti révolutionnaire qui considérerait que s’emparer du gouvernement n’est que la condition pour une prise réelle du pouvoir en vue d’opérer une rupture avec le capitalisme et ouvrir la voie au socialisme. Sur la base d’une victoire électorale, relative en termes de voix, mais, du fait du système électoral grec et de la prime accordée au parti arrivé en tête, il est de parti d’opposition devenu parti de gouvernement. Porteur d’un programme de réformes ayant pour objectif de desserrer l’étau imposé par la Troïka et d’en finir avec le cortège de misères, de régression sociale et démocratique infligé au peuple grec. Et cela en considérant que c’était possible au sein de l’Union européenne et en conservant l’euro comme monnaie.

Était-ce un pari raisonnable ?

Bien des voix opposées expliquent que non. Les unes pour convaincre que les règles de l’ultralibéralisme (paiement exténuant de la dette et austérité sans fin…) sont, sinon justes du moins impératives. Les autres parce qu’ils jugent que de tels objectifs, pour modestes qu’ils soient, nécessitent la mise en œuvre de tout autres moyens que ceux envisagés par la majorité de Syriza : en particulier sortir de l’euro et récuser le paiement de la dette… Ceux-là accusent Syriza d’aventurisme et d’irresponsabilité, ceux-ci d’inconséquence. Et tous de penser que le gouvernement Syriza est coupable d’avoir entretenu de désarmantes illusions.

Tentons un autre éclairage.

Le compromis porté par le programme de Thessalonique et défendu par le gouvernement Tsipras (y compris assorti, sous la pression des créanciers et des instances européennes, de concessions successives) était économiquement rationnel (quel banquier est prêt de gaieté de cœur à ruiner un client débiteur ?), et acceptable au regard des valeurs et des intérêts européens, puisque assurant un minimum de solidarité avec la société grecque en grave difficulté et de respect de la démocratie de la part d’une Europe à juste titre accusée d’autoritarisme technocratique.

Pourquoi a-t-il été rejeté par les classes dirigeantes européennes ? Parce qu’une telle issue positive à la situation aurait été portée au crédit du gouvernement Tsipras. D’où un renforcement de sa légitimité et un possible effet de généralisation de ce bénéfice politique vers d’autres forces de gauche radicale en Europe, en premier lieu Podemos en Espagne.

Il fut donc décidé que, loin d’envisager un compromis aussi modeste que raisonnable, l’occasion s’offrait d’une démonstration politique : celle qu’un gouvernement qui tente une mise en cause, pour limitée qu’elle soit, des politiques ultralibérales doit être cloué au pilori et condamné à une défaite humiliante. Aucun gouvernement ni aucune force politique endogène au système européen n’ayant fait entendre une voix discordante, l’entreprise a été menée à son terme. À Bruxelles, en juillet, après moult sommets, Tsipras a été placé face à un dilemme : ou la reddition, ou le recours à des solutions extrêmes. De celles-ci nul ne peut prétendre savoir ce qu’en auraient été les conséquences en termes de banqueroute et de dérapages sociaux et géopolitiques. Le 13 juillet, le chantage au Grexit a conduit Tsipras à signer un nouveau mémorandum. Le pistolet sur la tempe, pour reprendre sa formule.

Aurait-il dû assumer un refus et rompre les négociations ? Il est sûr qu’une telle voie n’avait pas été préparée, ce que d’aucuns dénoncent comme une erreur stratégique originaire. L’aurait-elle été techniquement, était-elle assumable politiquement et socialement, c’est-à-dire susceptible d’être acceptée et soutenue par le peuple grec ? Il se serait alors agi de tout autre chose que de l’usage d’un bulletin de vote, mais bien d’être confronté à une situation de banqueroute, grosse de dégâts sociaux catastrophiques et sans doute de tensions sociales non contrôlables.

Autant il peut être légitime de prôner une telle prise de risques, autant il convient d’être prudent dans la sévérité des jugements portés à l’encontre de ceux qui ont renoncé à la prendre.

Défaites honorables et victoires honteuses

Pour ceux qui ont mené cette entreprise visant à abattre Syriza, on savoure les fruits du succès. Tsipras a dû renier ses engagements, son autorité s’en trouve affaiblie, Syriza a subi une scission dramatique, la gauche radicale grecque est plus divisée que jamais, et ce sont toutes les gauches radicales européennes qui ont encaissé un coup sévère…

Des mêmes, la détermination est grande de ne pas s’arrêter là. On voit que la concomitance de l’échec de Tsipras chef de gouvernement et le succès de Corbyn prenant la tête du Labour conduit à développer une argumentation en forme de tenailles : lorsqu’on prône une rupture avec les politiques austéritaires et le désordre ultralibéral, si on est au gouvernement on sera conduit à se renier (scénario Tsipras), si on est dans l’opposition on se condamne à ne jamais accéder au gouvernement (scénario Corbyn) ! On entend en écho l’obsession existant au sein du PS français : la seule question qui vaille est d’affirmer le PS comme un parti de gouvernement, apte à gouverner dans la durée…

Faut-il juger que, côté grec, c’est le retour à la normale ? C’est-à-dire d’un côté un Syriza confirmé au gouvernement parce que devenu parti de gouvernement (au sens que donnent à cette formule les socialistes français), c’est-à-dire obéissant loyalement à l’oligarchie financière et européenne, donc social-démocratisé, et plus exactement social-libéralisé. Et, de l’autre côté, une extrême gauche ayant renoncé à assumer des responsabilités gouvernementales pour attaquer l’ordre établi, donc repliée sur l’action à la base et préparant les mobilisations à venir avec l’espoir qu’elles s’inscriront dans l’horizon d’attente de bouleversements révolutionnaires. Est-ce là le bilan de la récente expérience grecque ?

Avant d’en venir à un jugement aussi déprimant, il convient de re-dérouler le film des derniers mois. Pour chercher où il y a eu erreurs, voire fautes d’orientation. Mais en considérant que, précisément parce qu’il s’agit d’une expérience inédite, les leçons à en tirer ne correspondent pas à des schémas préétablis : l’irresponsabilité et l’incapacité à gouverner, pour les uns, la trahison, pour d’autres… Elles ne relèvent donc pas des méthodes du médecin légiste, plutôt de l’opération à cœur ouvert…

Syriza, même affaibli et amputé d’une grande part de sa gauche, n’étant pas un parti social-démocrate, il ne saurait l’être devenu subitement. De ce point de vue la thèse de la « mutation mémorandaire » n’est guère convaincante. Les récentes élections législatives en témoignent. Peut-on penser que les électeurs qui, malgré une croissance importante de l’abstention, ont donné une nouvelle victoire électorale à Tsipras l’ont fait en considérant qu’ils votaient pour une des versions d’un bloc parlementaire « pro-mémorandum », allant de Nouvelle Démocratie à Syriza, au sein duquel n’existeraient que des nuances (et ne laissant de côté que le KKE et Aube dorée) ? Ou ont-ils considéré qu’il fallait empêcher le retour de la droite au pouvoir, parce qu’ils gardent une certaine confiance en Syriza pour gérer au moins mal une situation dramatique ?

Tsipras explique qu’il est contraint d’appliquer une politique qu’il condamne, qui ne pourra en rien permettre un rétablissement de la situation économique du pays, mais qu’il a dû accepter pour éviter pire. Il s’agit là d’une situation on ne peut plus inconfortable et qui ne saurait durer en l’état. Reste qu’il serait prématuré et présomptueux de considérer qu’on en connaît la conclusion.

Une histoire inachevée…

Les enjeux, au-delà de Syriza, concernent toutes les gauches radicales européennes.

Pour ces dernières, il convient évidemment d’enregistrer qu’il y a eu défaite, pour travailler à en tirer des leçons et en conscience que c’est aussi pour une part leur défaite. Autre chose donc que de ruminer le ressentiment, et la tentation de traquer les responsabilités au sein de son propre camp, quitte à relativiser fautes et faiblesses de l’adversaire.

Si on croit que la partie n’est pas finie, on peut retourner quelques cartes.

° La victoire de l’oligarchie européenne est d’avoir réussi la démonstration politique qu’elle voulait faire.

Était-ce le moment opportun ? L’Union européenne connaît une désaffection croissante des populations qui de plus en plus la perçoivent comme grandement à l’origine des maux qu’elles subissent : le chômage de masse, la précarisation, l’aggravation des inégalités sociales, la dégradation des services publics… D’autant que les gouvernements nationaux sont souvent enclins à se dédouaner de la responsabilité des décisions prises en les imputant à Bruxelles et la technocratie européenne. De leur côté les instances européennes participent de ce pervers jeu de rôles, en affichant une arrogance sans égale, un parfait mépris de toute règle démocratique et du respect des souverainetés populaires. D’où, au sein de l’Union et des différents pays, une double crise sociale et démocratique qui alimente la montée des forces nationalistes anti-européennes, dont certaines affichent ouvertement leur xénophobie, voire leurs orientations racistes et fascisantes.

Se dessine ainsi un contexte où la dynamique positive de l’Union européenne paraît devoir s’inverser : les logiques d’unité et d’élargissement laissent place à la rétraction et à la division. La perspective d’un référendum, portant sur la possible sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, est symptomatique du fait que, au-delà de l’euro en tant que tel, c’est l’Union elle-même qui donne des signes d’une possible dislocation. Au moins d’une fragilité que confirme l’incapacité à apporter des réponses communes et un tant soit peu efficaces aux crises majeures auxquelles elle est confrontée, au Moyen-Orient, en Ukraine, avec les mouvements de migrations…

Au regard de cette situation, toute cette énergie dépensée, la dramatisation des « sommets de la dernière chance » et ces chantages à l’égard de la Grèce ont donné le triste spectacle d’une agitation irresponsable, qui ne peut que renforcer en profondeur et durablement les réactions d’hostilité à ce qui veut se nommer la gouvernance européenne…

Si l’unité des principaux gouvernements européens, au premier chef allemand et français, est apparue sans faille quant à la nécessité d’imposer à la Grèce une austérité aux effets gravissimes et une odieuse mise sous tutelle, des fêlures sont apparues lorsque l’hypothèse d’un Grexit est apparue pouvoir se concrétiser. Comment a-t-on pu en arriver à rendre crédible la réversibilité de l’euro, voire l’hypothèse d’une éviction de la Grèce de l’Union européenne ? Alors qu’un simple regard sur une carte permet d’appréhender ce que seraient les conséquences d’ordre géostratégique d’un tel bouleversement, la Grèce étant en proximité immédiate du chaudron moyen-oriental et en première ligne face aux mouvements de migration. Il n’est pas anodin que l’Administration américaine ait paru plus lucide que certains responsables européens de ces enjeux.

Ce rappel, non pour relativiser la victoire remportée à Bruxelles contre la Grèce, mais pour souligner qu’elle a un prix pour ceux qui en ont été les champions. Il s’agit d’une perte de légitimité politique, certes difficile à évaluer, pour ceux qui cette fois n’ont pu se dissimuler à l’abri d’instances opaques, et se sont mis en pleine lumière, et globalement pour l’Union européenne elle-même.

° Et, au final, quelle est-elle cette démonstration qui a exigé de tels excès ? De prouver qu’une autre politique en Europe, et qu’une autre Europe, sont impossibles…

Mais le bilan c’est qu’il n’est pas non plus possible de continuer éternellement de la sorte. Au sortir de cet épisode, ce n’est pas la nécessité d’une rupture qu’impose l’échec subi. Celle-ci apparaît au contraire plus évidente que jamais, et dans les mois à venir elle ne pourra être que douloureusement confirmée. Le problème posé est celui des moyens pour y parvenir. En termes de mobilisation populaire et, face à un pouvoir dont on a pu mesurer et la puissance et la brutalité, de construction d’un mouvement d’ampleur européenne.

C’est donc une réflexion d’ordre stratégique qui s’impose.

Du côté de la social-démocratie on voit fleurir une thèse selon laquelle l’échec de Syriza vaudrait verdict de l’impasse dans laquelle est enfermée toute gauche radicale. La « preuve par Syriza » serait que la gauche radicale est condamnée à un dilemme : soit la marginalisation extrémiste, soit la social-démocratisation, c’est-à-dire le renoncement à contester les lois du marché et les exigences du capital. Ainsi Gérard Grunberg explique : « La gauche radicale française ne peut donc plus se réclamer de l’exemple grec pour condamner la leçon politique du pouvoir socialiste au nom de la lutte contre l’austérité » (in Le Figaro, 23 septembre 2015).

Reste que, venant du même bord et dans le même temps, on explique que le programme de Syriza relevait d’un réformisme de type social démocrate ! Ainsi, Jacques Julliard, constatant que « nulle part, la gauche radicale ne présente un vrai programme socialiste », conclut : « La social-démocratie dans ses principes, c’est la formule même du monde moderne » (in Le Figaro, 28. 09 . 2015). S’en trouvent posées deux questions. La première est pourquoi les partis socialistes européens qui étaient en situation de peser (en tout premier lieu le PS français et le SPD allemand) n’ont-ils pas agi pour permettre que les réformes voulues par Syriza soient acceptées ? La seconde est la suivante : si peut être caractérisé comme réformiste (au sens noble du terme), ou social-démocrate, tout parti qui vise à mener des politiques de rupture avec l’ultralibéralisme au niveau gouvernemental, que sont donc devenus les partis socialistes ? Question quasi existentielle ! Ou, pour reprendre les notions de Jacques Julliard : où sont passés leurs principes ? N’est-ce pas l’évidente preuve que ces partis sont à présent dans l’incapacité ou dans le refus d’engager toute réforme sur le terrain économique et social, donc avouent ne plus être que les relais des contre-réformes ultralibérales ?

La gauche radicale française et européenne ne saurait se désolidariser de la défaite essuyée par Syriza, en opposant ses propres certitudes aux fautes de la direction de Syriza. Il s’agit d’une défaite qui oblige à interroger, non seulement les erreurs et insuffisances du gouvernement Tsipras, mais aussi les limites du soutien qui a pu être apporté au cours de cette épreuve de forces décisive. Et plus encore à analyser les nouvelles conditions de la lutte de classes au sein de l’Union européenne, face à des pouvoirs totalement inféodés à l’ultralibéralisme et qui disposent d’instruments nouveaux pour s’opposer à toute tentative d’imposer une autre politique. La douloureuse expérience grecque doit nous empêcher de croire que seraient disponibles des solutions apparaissant faciles parce que connues. C’est sans doute une des conditions permettant de préparer les confrontations à venir en Grèce et ailleurs. Lesquelles sont inéluctables.

Francis Sitel. Publié dans ContreTemps n°27.

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