Départementales dans la Vienne : "Le Front de gauche associé : une parole à quatre voix"

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Patrick Lavaud

Le Front de gauche a tenu, hier soir, à Poitiers, son “ grand meeting ” qui a réuni les quatre partis. Et parlé d’une seule voix.

Les valeurs de gauche, sociales et environnementales ne sont pas mortes avec le Front de gauche. Bien au contraire. Europe-Écologie Les Verts, Ensemble, le Parti communiste français et le Parti de gauche pensent avoir trouvé une nouvelle voix en « inventant la Vienne écologique et solidaire ». 
Ils ont fait l'union, hier soir, à Poitiers, en organisant un « grand meeting » pour convaincre les quelque deux cents personnes présentes dans Les Salons de Blossac (en fait, plus de 250...E!). Sandrine Rousseau, porte-parole EE-LV, a pris le relais d'Emmanuelle Cosse, venue en début de semaine, pour rappeler qu'il n'est pas supportable d'entendre « que les fraudeurs sont ceux qui touchent le RSA : 63 % des personnes qui doivent toucher le RSA ne le touchent pas. »

Le retour d'un internat au collège

Une injustice. Et puis il y a aussi, ce vote FN qui la met en colère : « Le PS fait sa tambouille et n'a pas voulu de proportionnelle, il s'aperçoit d'un seul coup que le vote FN va les éliminer. Je suis effaré », dénonce la militante qui en rajoute une couche sur l'écologie. Le dérèglement climatique, la disparition des abeilles, « des vrais problèmes qui n'attendent pas. » Un peu comme ce rassemblement de ces quatre partis politiques qui ont engagé le « chantier de l'espoir » pour construire un projet alternatif. Et parler d'une même voix. 
Ainsi, hier, s'est exprimé en introduction du meeting Jacques Chabalier, responsable national au PCF : « Nous devons montrer qu'il existe un autre chemin. Le scénario imposé de l'abstention, du vote du FN et le discours de la droite n'est pas celui à suivre. Les gens sont écœurés de la politique gouvernementale d'austérité que nous remettons en cause. Il faut créer une dynamique. Le conseil départemental reste l'échelon pour porter cette exigence-là. » Son camarade Yves Jamain, patron du PCF dans la Vienne, souhaite revoir des internats de collège. « Il n'y en a plus dans ce département ». 
Myriam Martin, porte-parole, d'Ensemble n'est pas tendre non plus « Ce 22 mars est un référendum anti austérité, il doit être une claque au gouvernement libéral. C'est de l'enfumage. La grande menace ce sont les milliards d'économies au détriment des services de proximité. C'est un projet de rupture que nous voulons. » L'analyse de Fred Abrachkoff, du Parti de Gauche, appuie sur les points abordés par ses amis politiques : « Nous sommes vent debout contre cette réforme territoriale qui a été prise à l'envers. La loi NOTRe est ambiguë. » Hier soir, le Front de gauche associé a été clair en contestant cette logique de concurrence entre les grandes métropoles et les grandes régions.

Didier Monteil. Publié dans la Nouvelle République.

 

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