ÉLECTIONS TERRITORIALES EN CORSE : LA GAUCHE ÉLIMINÉE

Bonsoir

      CORSE : Voici quelques éclairages après les élections territoriales :

de la liste de gauche : l’Avvene, a Corsica in cumunu (dont ENSEMBLE fait partie) :

Un vif remerciement aux 6788 électrices et électeurs qui ont choisi le vote du changement avec la liste l'Avenir, la Corse en commun – l’Avvene, a Corsica in cumunu. 

Cette liste, représentant la gauche sociale et environnementale, a réalisé 5,68 % lors de cet important scrutin. Par rapport à la liste du FDG de 2015, elle progresse très légèrement en pourcentage, mais elle ne se maintiendra pas au deuxième tour, car elle ne fusionnera avec aucune autre liste. Elle ne négociera pas de strapontins. Elle restera claire dans ses intentions politiques et elle ne soutiendra personnes pour ce second tour.

Il faudra dans les jours qui viennent, avec tous les militant(e)s engagé(e)s dans la démarche de rassemblement, tirer tous les enseignements de cette campagne qui a été rendue très difficile par les violentes attaques verbales et l'entreprise systématique de dénigrement dont la liste a été victime. Cette situation a pesé lourd dans les résultats. Des esprits malsains, au sein même de notre mouvement FI et de cette gauche de la transformation sociale, ont conduit à empêcher la Corse d'avoir une représentation démocratique de notre liste au sein de l'Assemblée Territoriale. Ils ont, de ce fait, exclu la gauche de cette institution la laissant uniquement entre des mains libérales.
         
Ajaccio le 5 décembre 2017.

 

de Anghjulu Leonetti :

Disons-le sans détour, la vraie gauche a réalisé un très mauvais score aux élections territoriales (5,68%). Elle n’aura aucun représentant au sein de l’Assemblée de Corse. C’est le scenario le plus mauvais qui vient de se produire. Notre île serait-elle atteinte du syndrome italien, à savoir la disparition pure et simple de la gauche du paysage politique ?

La liste Pé a Corsica est la grande gagnante du scrutin avec 45,36% des suffrages exprimés. Si on ajoute le résultat obtenu par Core in fronte, la mouvance nationaliste dépasse les 52%.

Les deux listes de la droite classique obtiennent respectivement 15 et 12,8%.  Celle de la République en marche vers le passé, 11,3%.

Le Front national s’arrête à 3,3%. On peut s’interroger sur ce faible score, sachant que Marine Le Pen avait obtenu près de 28%, au premier tour de l’élection présidentielle ! Mais où sont donc passées ces voix et qui en a profité ? La question mérite d’être posée.

Enfin, un parti triomphe, celui des abstentionnistes. Il frise les 48%. Niveau jamais égalé pour des territoriales. Les causes sont probablement à rechercher dans le rejet de la politique politicienne, dans le désarroi et la désespérance qui règnent chez de nombreux insulaires, en particulier parmi les couches sociales les plus défavorisées.

La victoire de Pé a Corsica est sans appel, ni contestation. La mouvance nationaliste et ses dirigeants ont su capter, au fil des années, un profond désir de changement, en particulier chez les jeunes, à partir de revendications pour l’essentiel identitaires. Mais l’euphorie des élections passées, il n’est pas sûr que ces revendications permettront de régler les problèmes de fond qui secouent la Corse, à savoir, le chômage, la création d’emplois utiles, le logement social, la santé, la lutte contre la spéculation foncière et immobilière, l’affairisme, etc. La future majorité sera très vite confrontée à ces problèmes.

Revenons au score de la liste l’Avvene, a Corsica in cumunu, soutenue par la Corse insoumise, le Parti communiste et Manca alternativa/Ensemble. Elle avait un espace remarquable à conquérir. Elle se présentait avec un programme anti austérité, de rupture et de transformation sociale, économique et écologique. Elle n’y est pas parvenue. Elle n’a pas été entendue par les dizaines de milliers de Corses qui vivent dans la souffrance et la précarité.

A chaud, on peut dégager plusieurs causes. Il y a tout d’abord le rôle des media qui ont souvent occulté la présence de cette liste. Il y a les effets dévastateurs de la politique menée par François Hollande et par les pratiques des clans et autres dynasties durant des décennies. Il y a aussi les relations souvent exécrables entre Jean-Luc Mélenchon et les dirigeants du Parti communiste. Enfin, il y a l’attitude à l’égard des insoumis de Corse du même Mélenchon qui n’a pas cessé d’écrire des tweets assassins, peu dignes d’un homme politique de gauche. Cette attitude a sans doute dérouté de nombreux électeurs de gauche et coûté la qualification de la liste l’Avenir, la Corse en commun, pour le second tour des élections territoriales. Disons-le, Jean-Luc Mélenchon a privilégié la mouvance nationaliste au détriment de ses partisans. Il a commencé à faire du nettoyage parmi la France insoumise. Cela n’augure rien de bon pour le futur de la vraie gauche.

 

 

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Auteur: 
GBories