Emplois aidés : une mobilisation pour l'instant dispersée...

Avec les récentes décisions du gouvernement, les licenciements secs, actés ou annoncés, représentent donc l’équivalent de la fermeture de 1000 entreprises de 250 personnes.
Quand quelque part, une usine ferme, cela fait du bruit, les travailleurs montent au créneau et une solidarité s’organise. Les travailleurs concernés ont la force d’un collectif qui s’est forgé au quotidien, à travers une histoire commune,  le partage de traditions et la culture de métiers, la défense de ses intérêts à travers l’organisation syndicale… La disparition d’une’entreprise touche tout l’environnement : impact sur les emplois induits, sur la vitalité du commerce, sur le maintien des services publics…

DES SALARIÉS TROP DISPERSÉS POUR CONSTITUER SEULS UNE FORCE COLLECTIVE
Mais ces 250 000 personnes qui risquent de perdre leur emploi sont dispersées dans de multiples administrations et associations ; elles sont précaires, de par leur histoire professionnelle qui les a conduits à être éligibles sur ce type d’emplois, précaires par leur statut et leur avenir incertain. Tout est fait pour leur faire porter la responsabilité de leur situation. La suppression brutale de leur emploi leur envoie un message désespérant : quelle utilité reconnait-on à un travail dont –apparemment- on peut se passer du jour au lendemain ? Difficile dans ces conditions  de s’organiser collectivement.
Au fond, les « emplois aidés » ne sont que la face immergée de l’iceberg de la précarité, de toute la population qui n’accède pas à l’emploi stable et qui tourne en rond entre le chômage,  les CDD, les temps partiels subis, l’ubérisation, les stages, le service civique, les périodes de formation qui ne débouchent sur rien…

MAIS CE DÉSENGAGEMENT DE L’ETAT MOBILISE COLLÈGUES, ÉLUS, ASSOCIATIONS ET USAGERS
La brutalité et la masse des suppressions des contrats aidés leur donne une visibilité. Leurs employeurs élus et associatifs, dont l’activité était liée à cette main-d’œuvre largement subventionnée, ont intérêt à faire entendre les conséquences de ce nouveau désengagement de l’Etat pour le public. Les collègues de travail sont choqués par les drames humains de ceux et de celles qui se retrouvent renvoyés à la case départ d’une possible sortie de la précarité. Ils s’inquiètent également du travail qui ne sera plus accompli. Les usagers, eux-aussi, partagent cette indignation et cette inquiétude.
Face aux attaques tous azimuts que subissent les classes moyennes et populaires déclenchées par le Blitzkrieg de Macron, la suppression des contrats aidés n’en est qu’un des aspects. Ne nous y trompons pas : le feu couve sous la cendre. Il existe une réaction diffuse et multiforme qui trouve un écho essentiellement dans la presse locale.

LES RÉACTIONS DES ASSOCIATIONS-EMPLOYEURS
De nombreux emplois aidés ont été recrutés par des associations, pour lesquelles ce mode de subvention leur permettait de maintenir, voire de développer des activités d’intérêt public. La suppression des financements pour les contrats aidés met en péril leurs activités, et pour certaines d’entre elles les contraindre à mettre la clé sous la porte.
Souvent constituées en réseaux, les associations n’ont pas tardé à intervenir sur le plan national. Elles dénoncent vigoureusement l’argument du gouvernement affirmant que les contrats aidés ne débouchaient pas sur des emplois pérennes.
Les grandes associations disposant d’une importante visibilité comme les Restos du cœur ou la Croix-Rouge négocient avec le gouvernement le maintien des emplois aidés à l’intérieur de leur structure. L’enseignement catholique réclame un moratoire.
D’autres réseaux moins connus du public – comme le syndicat national des radios libres- font  valoir l’accès à 60% en CDI des emplois aidés. Ceux-ci assuraient des missions de service public, notamment d’animation dans les écoles ; ces actions sont aujourd’hui suspendues.
Des référés suspensions ont été déposés auprès du Conseil d’Etat par des élus et des associations. A la pointe de ce combat, l’association Pouvoir Citoyen, mais aussi l’association des élus écologistes en Île-de-France, la commune de Grande-Synthe (Nord), ou encore la fédération des MJC d’Île-de-France. En vain.
Le Collectif des Associations citoyennes a lancé la pétition « NON à l’immense plan social sur les contrats aidés !» et émis un mot d’ordre pour “une journée noire” le 18 octobre .  Cet appel a été suivi dans de nombreuses villes, une page de leur site s’en fait l’écho. Une autre journée aura lieu le 10 novembre.
Sur le plan local, des coordinations prennent des initiatives, comme  le collectif inter-associations de Nantes, le Collectif des associations du Franc-Moisin et autres quartiers à Saint-Denis et d’ailleurs, le collectif des associations du pays de Brest, le  comité local des associations citoyennes (Clac 77)…
Là où de tels collectifs n’ont pas d’existence préalable, l’annonce en coup de massue de la fin des financements suscite des rapprochements en vue de réactions communes, quelquefois  en association avec des communes.

RÉACTIONS SYNDICALES
AU PLAN NATIONAL : ASSO (SOLIDAIRES)
Le 14 septembre, soit à peine plus d’un mois de l’annonce des mesures le 9 août par la voix de Muriel Pénicaud, « Asso » organise une réunion à la bourse du travail à Paris. Asso,–Action des salariés du secteur éducatif- affilié à Solidaires,  lutte pour l’application du droit du travail dans le secteur associatif.
Cette réunion avait pour but de préparer la riposte contre la suppression du financement de ces contrats. Le secteur associatif ne dispose pas de financement assuré et on y rencontre toutes les formes de contournement du contrat de travail de plein droit, comme les contrats d’engagement éducatif, le volontariat en service civique…
Les témoignages ont insisté sur la disparition des services au public qui allaient suivre celle des emplois aidés, dans la démocratie locale, la culture, le social, l’environnement… et sur les drames vécus par les salariés privés du jour au lendemain de leur emploi. Mais l’assemblée a coupé court à ces témoignages pour se concentrer sur les actions à mener : interpellation des élus, intervention au forum des associations et autres « happenings ».
Asso édite une carto-crise, évolutive et interactive, qui recense le nombre de contrats supprimés, et leurs conséquences sur les services rendus à la population.

LA SOLIDARITÉ DES COLLÈGUES, AU PLAN LOCAL
Ici et là, des mouvements de grève éclatent, en réaction au non renouvellement des contrats de collègues en emploi aidé, principalement dans l’éducation nationale et, dans une moindre mesure, dans les structures municipales. Dans les EHPAD la mobilisation cible globalement le manque de moyens et de personnels, que la disparition des emplois aidés va aggraver.
Indignation et solidarités autour des collègues licenciés conduisent à des manifestations, où sont conviés les parents d’élèves. L’ampleur de ces manifestations est très variable.
Au collège Vercors de Grenoble, la grève a duré trois semaines. Les arrêts de travail touchent tout l’établissement, le personnel des cuisines comme les enseignants.

LES RÉACTIONS DES ÉLUS
La protestation des élus locaux, qui ont eu largement recours aux contrats aidés, se traduit parfois par le vote d’une motion. C’est le cas à La Rochelle, où le maire, « un peu moins Macron » comme le titre la presse régionale, en présente le texte à son conseil municipal. Certains écrivent à la ministre du travail.
D’autres se regroupent et demandent à être reçu par le Préfet, où profitent de circonstances particulières pour s’exprimer.  Devant signer des  conventions avec Pôle Emploi, le président de l’Association des maires des Landes, Hervé Bouyrie, a débuté une liste non exhaustive des contrats aidés menacés dans les collectivités publiques landaises. Une prise de parole qui marqué les esprits, selon la presse.
Certains prennent l’initiative de rassembler les différentes parties prenantes de leur territoire, tel Sébastien Jumel, député de Seine-maritime, qui provoque une réunion avec les élus locaux de Dieppe, d’Eu et du Tréport, des titulaires d’emplois aidés et des associations employeurs. Ils décident d’adresser une lettre ouverture au premier ministre et à la Préfète de Région. Celle-ci est signée par neuf maires du territoire, d’autres élus locaux, des instances de la CGT, des structures de formation, d’action sociale, éducative, et culturelle, des associations du monde du sport, des loisirs, et de la protection des animaux.

LES RÉACTIONS DES USAGERS
Ce sont surtout les parents d’élèves qui se mobilisent. Déjà organisés en associations, se rencontrant aux sorties des écoles, ils connaissent bien les personnes en emplois aidés de l’établissement de leur enfant et savent le rôle qu’elles jouent. Ils sont sensibles tout autant aux drames humains causés par ces ruptures brutales qu’à la perte du service rendu.
Le public signe aussi facilement les pétions qui lui sont proposées, comme celle proposé pour le maintien d’un emploi aidé dans un chenil et qui a recueilli 6000 signatures. Car si le chenil ferme, qui s’occupera des chiens et des chats ? A Chalus, dans  la Haute Vienne, les résidents d’une maison de retraite ont signé une lettre au Président de la République, dénonçant les conséquences pour leur vie quotidienne de ces suppressions de personnel.

DES TERRITOIRES PLUS AFFECTÉS ET PLUS MOBILISÉS
MARTINIQUE : UN ACCORD DE FIN DE CONFLIT
La mobilisation démarre dès les mois de septembre  dans l’éducation nationale. Le 11, des établissements secondaires ferment leurs portes ; enseignants et agents territoriaux se sont mis en grève. De jour en jour, le mouvement se durcit et s’étend. Le 15, les syndicats encerclent le rectorat et le mouvement entraîne aussi les enseignants du  primaire. La rectrice, qui rentre de France, reçoit une délégation.
Dès le 18 septembre, c’est le début des actions « molokoy » (tortue, en créole), autrement dit des opérations escargots de véhicules, qui accompagnent les opérations « villes mortes », lancées par l’Association des maires de Martinique : tous les bâtiments et services municipaux sont fermés.
Pour calmer le mouvement, le préfet fait des propositions le 21 septembre, jugées insuffisantes : les manifestants veulent que les 3000 emplois aidés supprimés soient pris en compte, et pas seulement ceux qui dépendant du rectorat. Le collectif « Unité syndicale et associative contre la suppression des contrats aidés » décide de poursuivre et de durcir la lutte.
De son côté, le président du Conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique rencontre la ministre de l’Outre Mer le 25 septembre, avec la revendication d’un moratoire sur l’ensemble des emplois aidés, dans l’attente de la mise en place d’une véritable politique d’emploi, notamment au bénéfice des personnes en situation précaire et des jeunes Martiniquais. Plusieurs élus locaux demandent l’implication du premier ministre, faisant valoir un chômage trois fois supérieur à celui de l’hexagone et agitant le spectre de l’explosion sociale.
Ce même jour, 2000 personnes sont dans les rues de Fort de France pour une démonstration de force. La mobilisation fait boule de neige. Le collectif grossit jour après jour et se compose de citoyens, d'organisations syndicales, d'élèves, d'enseignants, mais aussi de membres d'associations ou de maires. Les propositions dilatoires du préfet sont jugées manipulatoires ; elles attisent la colère.
L'Unité syndicale et associative contre la suppression des contrats aidés soumet une proposition d’accord au préfet ; un accord de fin de conflit est singé le 26 septembre prévoyant le maintien de ces emplois et l’ouverture de négociations pour identifier les moyens de les rendre durables.
Jean-Marc Party, éditorialiste à France Info, pose à ce sujet les bonnes questions :
« Faute d’emplois qualifiés en nombre suffisant et décemment payés, ils et elles échappent au chômage quelque temps. Faute pour nos entreprises d’embaucher, ces 3.000 et quelques chômeurs intermittents rendent service à la communauté. Et s’ils sont, en fin de contrat, reversés à Pôle Emploi, c’est parce que notre économie n’est pas suffisamment dynamique et performante. (…) quand donc sera décrétée la fin du trépied sur lequel repose notre économie, à savoir : les exportations de banane, l’importation de marchandises par des monopoles avides et l’injection de crédits publics sans contrepartie d’activité réelle ? Puisse la crise des emplois aidés nous amener à réfléchir à d’autres horizons.”

GUADELOUPE
La Guadeloupe ne semble pas avoir connu ce même degré de mobilisation. Cependant les interpellations des élus ont eu gain de cause, le maintien des emplois aidés se fera, selon la minister de l’Outre-mr, dans les mêmes conditions qu’à la Martinique. Le gouvernement a-t-il eu peur de  la contagion ?

LA RÉUNION : INCERTITUDES
La Plateforme des associations emplois verts de La Réunion (PAEV974) lance la mobilisation dès le mois de septembre. Le 14 septembre, les “emplois verts” se réunissent dans les jardins de la Sous-Préfecture.  La mobilisation continue avec deux caravanes qui sillonnent l’ile pour sensibiliser les habitants.
Les élus interpellent Paris. Leur tâche est d’autant plus compliquée que la Cour des comptes a dénoncé un recours aux emplois aidés jugés abusive. Les engagements de la ministre sont bien en deça de ceux pris envers la Martinique et la Guadeloupe.
Le 26 octobre, lors d’une conférence de presse, les maires de La Réunion ont alerté sur les conséquences de ces décisions. Ils insistent sur  le  taux de chômage trois fois supérieur à celui l’hexagone, et aux menaces qui pèsent sur l’économie réunionnaise,  fin des quotas sucriers sur la filière canne, et perspective des Accords de partenariat économique qui mettront la production réunionnaise en concurrence avec celle des pays voisins. La baisse de la dotation aux communes  et le passage du taux de financement de 75% à 50% des emplois aidés ne leur permettront peut-être pas de procéder à toutes les embauches théoriquement possibles… Plutôt qu’une fin brutale en 2019 des contrats aidés, les maires demandent une sortie du dispositif étalée sur cinq ans, à condition « que l’État mette en place les conditions de développement pour accueillir les potentiels demandeurs d’emploi ».

A MAYOTTE
La suppression des emplois aidés intervient dans un contexte marqué par un cruel sous-investissement public. Dans les écoles du 1er degré, faute de salles de classe, les élèves sont accueillis par rotation… Aussi, suite à la suppression de contrats aidés, plusieurs maires ont décidé de fermer l’école de leur commune, faute de pouvoir en assurer la sécurité et l’hygiène. Ailleurs ce sont les parents d’élèves qui ont bloqué l’entrée d’un lycée, faute de sécurité suffisante pour les élèves.
La CGT Ma et du SNU-ipp FSU s'indignent à travers des communiqués ou une lettre ouverte au préfet de la non-reconduite de ces emplois aidés, et au-delà, à l’état d’abandon de l’éducation publique à Mayotte.

NORD DE LA FRANCE
Les réactions touchent toutes les régions, mais elles semblent particulièrement vives et bien suivies dans le Nord de la France. Elles sont souvent inspirées par la volonté de défendre un territoire délaissé.
Ainsi, partant du principe que l’union fait la force, le président de la Maison pour tous de Calais appelle «  tous les employeurs de contrats aidés, présidents d’associations et élus, à se rassembler pour défendre le Calaisis, déjà bien touché par le chômage. À nous, ensemble, de voir ce que l’on peut faire. Sinon, nous allons au-delà de graves problèmes  ». Il craint qu’à terme, les contrats aidés soient remplacés par des personnes en service civique.
Dans le Sambre-Avesnois, ce sont 500 maires qui ont battu le pavé,  ceints de leur écharpe tricolore. Le sentiment d’abandon de la Sambre-Avesnois a été mis en avant, une nouvelle fois, par les élus. Les présidents et directeurs des centres sociaux leur font écho : «  L’Avesnois est un territoire oublié”
Dans le Valenciennois, trente-cinq élus ont été reçus par le sous-préfet. L’ul cgt prend l’initiative d’interpeller les députés et de  réunir ces salariés : “«  C’est un plan de licenciement de 800 salariés, s’insurge Émile Vendeville, de l’UL CGT. Une entreprise ferait ça, on en parlerait tout de suite ! »
Dans le Pas-de-Calais 150 communes du pôle métropolitain de l'Artois (bassin minier Lens, Béthune, Liévin) ont organisé une journée «mairie-morte» Sept cents personnes environ, élus et simples citoyens, ont manifesté jeudi devant la préfecture à Arras pour réclamer "un moratoire" sur la réduction des contrats aidés.

QUEL AVENIR POUR CES MOBILISATIONS ?
POUR DES EMPLOIS PÉRENNES
Les mobilisations doivent viser l’avenir des salariés et non le maintien de la précarité des emplois.
Les réactions individuelles, recueillies par la presse lors de manifestations, témoignent de cet état d’esprit :
« Je suis pour la pérennisation de ces emplois. C’est ça la priorité, pas de les supprimer. L’investissement public, c’est une richesse. Ça permet à tout le monde vivre.»
Les associations souhaitent des financements assurés pour embaucher du personnel stable. Quant aux collectivités territoriales les plus engagées dans la lutte, elles exigent un moratoire pour mettre en place d’autres solutions, avec l’implication de l’Etat.
COMMENT CRÉER LE RAPPORT DE FORCE ?
L’indignation est générale, mais les luttes ont un défi à résoudre en termes de moyens pour créer le rapport de force. L’appel à l’opinion publique ? Mais les attaques pleuvent de tous les côtés, mise en cause du droit du travail, de  la sécurité sociale, des libertés…Le gouvernement décidé à passer en force dans tous les domaines, se moque comme d’une guigne des grèves de solidarités et des manifestations. Dans le domaine des contrats aidés comme du reste, il attend « que ça se passe », que les protestations s’épuisent dans le découragement  et la résignation faute de  marquer des points.
Justement, ne laissons pas cette question des emplois aidés disparaître dans la longue liste de nos défaites ! Après tout, le peuple martiniquais a bien réussi à marquer un point. Il y est parvenu parce que cette question des emplois aidés a cristallisé un mécontentement profond et généralisé qui a entrainé même les plus frileux des élus locaux. Le blocage de l’île n’a pas laissé d’autres choix au gouvernement que de négocier et de signer un accord de fin de conflit.
Chaque situation est particulière, et à chaque territoire d’inventer ses formes de luttes. Les salariés en emploi aidé  licenciés ou menacés de l’être ne doivent pas rester isolés. Le travail de popularisation doit se maintenir dans la durée. Les éléments à porter auprès du public ne manquent pas, sur les conséquences de ces suppressions, leur coût réel pour l’Etat (à peine supérieur au montant du RSA), à mettre en regard du service rendu d’une part, et des autres gaspillages de l’argent public de l’autre.
Le gouvernement nous dit qu’il veut sortir les jeunes de la précarité. Prenons-le au mot : quels moyens, et pour quels résultats, exemples concrets à l’appui ? Car nous savons bien que les formations et les accompagnements proposés sont des trompe-l’œil qui ne conduiront jamais les jeunes (et les autres) vers l’emploi stable. Car combien de personnes dûment diplômées sur le « marché du travail » ne sont pas sorties de la précarité ?
Le niveau de chômage actuel n’est pas, globalement, dû à une formation insuffisante des demandeurs d’emploi, mais à l’état de l’économie, sous l’effet de l’austérité, de l’encouragement aux bas salaires, des licenciements et des délocalisations. Il requiert une autre politique économique et sociale, à commercer par une reprise de l’investissement dans le service public à la hauteur des enjeux.
La lutte contre le licenciement des emplois aidés est un point de départ, qui doit à la fois s’intéresser aux situations particulières des personnes concernées tout en posant les questions relatives à la « fabrique » de la précarité et qui touche des pans de population de plus en plus importants.

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Auteur: 
Eve76