En hommage à Christine Daure-Serfaty, décédée le 28 mai 2014 à Paris.

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Christine Daure-Serfaty laissera d’abord le souvenir d’une militante acharnée qui sut briser les silences, forcer les barrières, défoncer les murs dressés sur les mensonges et l’hypocrisie sans jamais craindre pour sa vie ou sa personne. Fille du grand résistant Pierre Daure, élevée dans le refus de l’ordre fasciste et pétainiste qui dominait alors la France, elle a repris le flambeau et ne l’a jamais lâché.

Elle a montré une farouche détermination à combattre l’injustice, toujours profondément persuadée que la justice triompherait forcément à force d’opiniâtreté. De courage, Christine n’en manquait pas. Personnalité rayonnante, toujours active, passionnée et passionnante, elle avait épousé la cause de la lutte anti-impérialiste, anti-colonialiste, celle de la dénonciation des tortures, Membre du CEDETIM, militante pour la libération des prisonniers politiques au Maroc, son action a été décisive pour dénoncer les conditions de détention des militants anti-impérialistes au Maroc, sous Hassan II, la prison de Tazmamart, l’arbitraire de la détention d’Abraham Serfaty, figure emblématique de ce combat, qu’elle a soutenu jusqu’à sa libération, qu’elle a épousé et accompagné durant les dernières années de sa vie.

Avec Gilles Perrault, elle a mené un combat opiniâtre et victorieux qui a mis fin à cette situation inique où des prisonniers politiques croupissaient dans des gêoles depuis des années, pour satisfaire le désir de vengeance d’un monarque absolu. En dénonçant l’existence de Tazmamart, ce « trou noir » où on oubliait les condamnés, elle en a révélé tous les détails atroces, minutieusement, aux termes d’une enquête qui a fait l’effet d’une bombe. Elle a été une actrice directe de sa fermeture.

En ces heures particulièrement sombres, souvenons-nous de cette militante de la liberté, de cette combattante contre les injustices, de cette femme debout, qui ne lâchait rien avant d’avoir gagné.

Hélène Adam

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