En pleine pandémie, la casse de l’hôpital public continue

 

Depuis l’accélération de la pandémie de coronavirus en France, le président de la République fait mine d’honorer le service public de la santé. Au-delà des seuls hommages, il a affirmé en effet, dès son allocution du 12 mars dernier, que les services publics devraient « être placés en dehors des lois du marché ». En visite à l’hôpital Mulhouse, saturé de victimes de la maladie, Emmanuel Macron a ré-insisté ce 25 mars, promettant « un plan massif d’investissement et de revalorisation de l’ensemble des carrières sera construit pour notre hôpital. »

Au-delà de ces déclarations, les premiers signes concrets de ce « plan d’investissement » sont pourtant inquiétants. Ce mercredi 1er avril, Mediapart publie les « premières propositions post Covid-19 » pour le système de santé. Demandé par Emmanuel Macron à la Caisse des dépôts, ce document n’annonce pourtant qu’une poursuite de la destruction méthodique du système de santé publique.

Les préambules du document annoncent la couleur, insistant en premier lieu sur l’endettement de l’hôpital public (certes réel) pour souligner, en second lieu, les « grandes vertus » de la « santé numérique (plus de 700 start-up MedTech) ». Les « axes à creuser » présentés ne sont autre que, précisément, les bonnes idées responsables de la casse du service de santé français : « mettre en place des PPP [partenariats public-privé] vertueux », création d’un « fonds de partage » évidemment ouvert aux « investisseurs privés », ou encore « incitation financière des médecins et des hôpitaux à prescrire le traitement à domicile ». Promotion du secteur privé, accentuation de la logique de l’ambulatoire et du soin à domicile, enrobage numérique : ces « innovations » sont dignes des vieilles méthodes libérales.

La pandémie mondiale de coronavirus doit au contraire mener à une rupture avec les logiques de marchandisation qui ont fragilisé les systèmes de santé, sacrifié les stocks stratégiques d’État (masques, réactifs, respirateurs), délocalisé les productions de matériel et de médicaments, laissant les territoires à la merci de la concurrence mondiale pour s’équiper. Nous devons mettre en œuvre tous les moyens possibles pour la santé : réquisitions, commandes groupées, appuis des actions collectives efficaces, aide massive à la recherche, et même nationalisations, comme le demandent par exemple des salariés de l’usine pharmaceutique Famar Lyon, menacée de fermeture. Alors que, face à la crise, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin propose de lancer une cagnotte en ligne, nous réaffirmons notre attachement à la sécurité sociale ainsi que la nécessité de préserver et conforter notre service public et hospitalier de santé.

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