Ensemble! 76 dans les élections régionales

Les prochaines élections régionales de décembre 2015 se situent dans le cadre des réformes territoriales mises en œuvre par le gouvernement Hollande.

Au nom de la doxa libérale, les objectifs sont de rationaliser, de moderniser et d' économiser... Cela se traduit par l'effacement des communes au profit des Métropoles, par la volonté déjà exprimée de supprimer à terme les départements, et par la fusion des régions et la réduction de celles-ci à 13, dont 12 métropolitaines.

13 régions décidées d'en haut, qui sont pensées pour être en mesure de participer avec les autres euro-régions au grand jeu concurrentiel voulu par les institutions de l' Union européenne.

A quelques semaines de ces élections (1er tour le 6 décembre) force nous est de reconnaître qu'au niveau national le Front de gauche ne part pas partout uni, ni dans les meilleures conditions.

Dans 3 régions les prétentions hégémoniques du PCF ont empêché Ensemble d'être partie prenante de la campagne, le PCF se présente donc seul sans les autres composantes du Fdg (Auvergne Rhône-Alpes, Pays de Loire et Centre Val de Loire).

Dans 8 autres régions les 3 composantes du Fdg se retrouvent : Bretagne, Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, Bourgogne Franche-comté, Ile-de-france, Normandie, et associées de plus avec EELV en Provence Alpes Côte d' Azur et dans le Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon.

Une exception notable dans le Nord Pas-de-Calais Picardie avec 2 listes: EELV, PG, Nouvelle Donne, et PCF et Ensemble du Nord Pas-de-Calais.

Les forces politiques en Normandie

La nouvelle région Normandie se compose de 5 départements avec une répartition des sièges dans la prochaine assemblée, comme suit: Seine-Maritime 41 sièges, Eure : 20 sièges, Calvados : 23 sièges, Orne : 11 sièges, La Manche : 17 sièges.

Si les deux conseils régionaux actuels (Haute et Basse Normandie) sont dirigés par le PS, il risque d'en être différemment à l' issue des prochaines élections de décembre, puisque depuis les dernières élections départementales les cinq départements sont ancrés à droite.

Les candidats significatifs :

- Hervé Morin, ancien ministre de la défense de Sarkozy, il est la tête de liste de la droite (Les Républicains, UDI…),

- Nicolas Mayer-Rossignol : socialiste fabiusien, président de région depuis 2013 qui aurait milité à Attac dans sa jeunesse…,

- Nicolas Bay : député européen et secrétaire général du FN, il avait rejoint Bruno Mégret en 1998 puis a réintégré le FN en 2011,

- Yanic Soubien : EELV, partisan d' une alliance avec le PS au second tour,

- Sébastien Jumel : maire de Dieppe, tête de liste du Front de gauche...du coup notre candidat !

Les candidats marginaux : LO, toujours dans l'attente de la prise du palais d'hiver, DLR, le groupuscule de Dupont-Aignan, souverainiste de droite, passerelle entre la droite et l' extrême droite, UPR : souverainiste de droite, scission des précédents, encore plus groupusculaire…

Le positionnement d'Ensemble, au niveau national, adopté le 7 juin 2015 était sans ambiguïté. Il visait à proposer une véritable alternative aux électeurs et électrices, et à commencer de développer une articulation entre social et politique :

« Nous souhaitons un accord national entre le Fdg, EELV, Nouvelle Donne, les forces locales et nationales qui partagent cette démarche, les militant-e-s du mouvement social afin de créer les conditions d'une dynamique nationale… il convient d'inviter le NPA à rejoindre cette perpective... ».

Il s' agissait en fait de généraliser et d' élargir ce qui avait pu être réalisé dans un certain nombre d'endroits lors des élections départementales, comme en Seine-Maritime ou l'Eure, où le rassemblement incluait EELV et Nouvelle Donne. Les résultats bien souvent avaient été prometteurs.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres, et les difficultés étaient à venir dans notre région.

Le problème est simple avec le NPA puisque la majorité normande est sur la position nationale excluant tout accord avec le Fdg jusqu' en 2018. La minorité, bien que plus unitaire, est persuadée que le Front de gauche n 'est qu' un cartel électoral au bénéfice du PCF, qui ne permettra pas de faire apparaître ou de construire une véritable alternative politique. 

Passons rapidement sur Nouvelle Donne, dont le faible nombre de militant-e-s et l' absence de traditions et/ou d' expériences politiques n' ont pas facilité le positionnement.

EELV était très divisé entre partir en autonomie ou avec le Front de gauche en reconduisant l'alliance expérimentée aux départementales, c'est finalement l' autonomie (socialo-compatible en réalité) que majoritairement les militant-e-s adoptèrent dans un rapport de 55/45 semble-t-il. Le score qu' ils réaliseront le 6 décembre aura des conséquences importantes sur le devenir de cette organisation s' il est inférieur à leurs ambitions, le tout dans un contexte de crise interne suite au départ des éléments droitiers hollando-compatibles emmenés par Placé et de Rugy. Le courant « gauche » présent es-qualités à l' université d' été d' Ensemble cette année, existe à Rouen de façon significative.

Le Front de Gauche en Normandie

Le PCF : il fut acquis d' emblée que non seulement il ne partirait pas seul, qu' il ne s' allierait pas au premier tour avec le PS, mais qu' il souhaitait des listes Fdg élargies comme aux départementales, même si certains en basse-Normandie n 'étaient pas foncièrement hostiles à une alliance avec le PS.

C'est avec le PG que les problèmes les plus importants virent le jour sur la base d' une incompréhension assumée de la résolution adoptée lors de leur conseil national de juin. Que disait-elle : « ...nous avons contribué à des appels en faveur de listes citoyennes, autonomes des partis du gouvernement....nous constatons qu' ils regroupent des milliers de citoyens, membres ou non de partis politiques ou de syndicats...toutes et tous partagent la volonté de s' organiser pour reprendre leurs affaires en main sans attendre les consignes pour cela ». Le succès des listes de convergences citoyennes aux municipales de Barcelone et Madrid était considéré comme un point d' appui. Dans un courrier en date du 20/08, adressé aux organisations du Fdg, d'EELV, Nouvelle Donne et Nouvelle Gauche Socialiste, Eric Coquerel et Danielle Simonnet proposaient« la mise en place d' assemblées représentatives au plan départemental et régional associant les représentants des collecttifs citoyens et des mouvements politiques, syndicaux ou associatifs s' engageant dans ces rassemblements ». En somme un mixe de Podemos pour les assemblées citoyennes et de Syriza pour le cartel des partis...ce qui était tout à fait acceptable pour nous.

Mais le PG normand en décida autrement en ne retenant que la seule version « Podemos » c'est à dire en créant, avec le soutien actif de la députée ex-vert du Calvados Isabelle Attard, le RCEN (Rassemblement Citoyen en Normandie). Il était même précisé dans un appel en date du 25 avril que les candidat-e-s à l' élection seraient obligatoirement choisis parmi les participant-e-s du RCEN. Dans le contexte actuel en France, bien différent de celui de l' Espagne, cette démarche ne pouvait aboutir à des assemblées réellement représentatives. Mais il était important que le PG, et le RCEN s'il le souhaitait, participe à ces élections avec nous. Ensemble n' a pas ménagé ses efforts pour qu' il en soit ainsi.

Finalement de rencontres en rencontres, de réunions en réunions, nous nous sommes acheminé-e-s vers un accord PCF, Ensemble et PG stipulant que la diversité du rassemblement devait être visible, que chaque composante devait être repésentée au moins par une tête de liste départementale.

Et maintenant ?

Notre liste n 'est pas aussi ouverte que nous l' aurions souhaitée, reconnaissons toutefois que ce sera la SEULE liste significative qui se situera à la gauche du PS et qui portera haut et fort la nécéssité de se mobiliser contre l' austérité et de lutter contre la politique libérale du gouvernement.

Votez pour une alternative à gauche, pour la liste Front de Gauche conduite par Sébastien Jumel.

 

Certes des problèmes subsistent sur lesquels nous serons vigilant-e-s : certain-e-s critiqueront la tête de liste régionale, mais dans tous les cas de figure elle ne pouvait être que PCF en raison des rapports de force, le problème des fusions envisageables au second tour, sans engagement de solidarité de gestion avec la politique du PS ou le refus de participer à des exécutifs..., les prises de position de la liste sur le nucléaire ou la LNPN ne pourront s' effectuer que dans un cadre consensuel entre les différentes composantes…

Collectifs Ensemble! Sotteville-lès-Rouen et Rouen

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Auteur: 
Raphaëlle BRANG...