« Ensemble » et la candidature de Jean-Luc Mélenchon

Depuis son élection en 2012 François Hollande n'a de cesse de préparer sa réélection en 2017.

S'étant déjà résigné à la présence de Marine Le Pen au 2ème tour, son calcul, cynique, consiste à tout miser sur le 1er tour pour l'emporter ensuite face à Marine Le Pen.

Pour cela il prépare déjà le 2ème tour en cherchant à séduire l'électorat de droite et du centre. Telle est l'explication de sa politique qui n'a de gauche que le nom.

Mais il lui faut aussi déblayer la route à gauche pour écarter toute candidature susceptible de lui disputer l'accès au 2ème tour.

De ce point de vue il a jusqu'ici plutôt bien réussi : Christiane Taubira, Nicolas Hulot, Emmanuelle Cosse ne sont pas candidats.

La primaire va lui permettre de neutraliser l'aile gauche du PS. Quant à Cécile Duflot c'est encore plus explicite, il s'apprête « à la tuer » (dixit).

Le seul qui reste et qui résiste c'est Jean-Luc Mélenchon.

Pour l'abattre, toutes les ficelles liées au système médiatique et sondagier ont été utilisées. Sans effet.

La seule chance de Hollande c'est de séparer le PCF et Jean-Luc Mélenchon.

Le PCF fait l'objet d'une immense pression dans ce sens ce qui le plonge dans un grand embarras politique comme en témoigne ses hésitations pour la présidentielle. Le modèle économique du PCF le rend vulnérable : aucun communiste ne peut être élu sans le soutien du PS. Le PCF est actuellement l'objet d'un chantage terrible sur la pérennité des groupes communistes au sénat et à l'assemblée nationale.

On peut se demander au passage si d'aventure, Pierre Laurent n'aurait pas donné imprudemment quelques gages à Hollande. Car comment comprendre le pont d'or qui lui a été fait en 2014 aux municipales à Paris ? Le PS ne donne jamais rien pour rien.

Pour pouvoir se rassembler, la gauche doit d'abord « être de gauche ». Pour que la gauche soit «  de gauche » la gauche antilibérale ( celle victorieuse en 2005) doit ravir au PS le leadership à gauche.

Aujourd'hui seule la candidature de Jean-Luc Mélenchon le permet.

« ENSEMBLE » doit, sans plus tergiverser, soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Car enfin que reproche-t-on à Jean-Luc Mélenchon ?

Ses défauts ? Ne les avait-il pas déjà en 2012 ?

Des défauts ? Qui n'en a pas ?

Que personne ne donne des leçons à personne et que chacun la joue modeste.

La méthode unilatérale de Jean-Luc Mélenchon ? Elle ne pose un problème qu'en apparence. Elle a surtout le mérite de dévoiler, en creux, les souhaits cachés de ceux qui font mine de s'en offusquer : Une discussion « programmatique » préalable débouchant miraculeusement sur une candidature consensuelle. C'est le scénario servi au public et aux militants en 2012.

L'envers du décor est moins glamour. En coulisse, à l'insu des électeurs(trices) et des militant(e)s les discussions ont été une sordide bataille de chiffonniers. Alors que nous avions un accord politique sur un programme et un candidat, nous (PCF, PG et GU) nous sommes déchirés pendant plus de 7 mois sur les investitures aux législatives. Parce que les législatives servent d'étalonnage pour le financement public ! Une honte.

Aujourd'hui, la démarche de JL Mélenchon se déploie en compagnie de plus 120000 citoyens et citoyennes tout en restant ouverte aux partis politiques mais en les remettant à l'endroit : des appareils au service du projet politique, non l'inverse. Ca change tout.

Aujourd'hui pour rassembler et élargir les forces du Front de Gauche la mission de « ENSEMBLE » doit consister à retisser les liens politiques entre le PCF et la France insoumise en aidant d'une part le PCF à s'extirper du chantage du PS et d'autre part en impliquant les insoumis dans une dynamique collective.

Aucun des deux ne le refusent ni ne le refuseront. Chacun des deux a besoin de l'autre.

La première chose à faire est de prendre langue avec les 2. Le plus tôt sera le mieux.

Les programmes coïncident à 99 %, il n'existe aucun obstacle de nature politique.

La catastrophe écologique est en cours, la misère sociale est à son comble et le danger fasciste menace.

Il est urgent de dépasser les petites mesquineries qui seules empêchent depuis 2005 l'union des forces antilibérales : les questions d'égo, les rancoeurs anciennes, l'arrivisme, les patriotismes de structures et les affaires de fric, etc...

Hâtons-nous de faire de la politique.

 

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Auteur: 
Christian Causse