« Front commun » : une première réunion en Ile-de-France

Le mardi 11 octobre à Paris s’est tenue la première réunion francilienne des signataires de l’appel national « En 2017, faisons front commun », lancé en septembre 2016 par des membres du PCF ayant soutenu le texte « Ambition communiste » et des membres d’ « Ensemble! », ainsi qu'un certain nombre d’élu-e-s, de responsables de syndicats ou d’associations, de personnalités, d'intellectuel-les et d'artistes. Une centaine de personnes sont venues débattre et poser les bases d’une campagne pour soutenir la candidature de Jean-Louis Mélenchon sans entrer dans France Insoumise (voir ici le texte de l’appel https://www.ensemble-fdg.org/content/en-2017-faisons-front-commun).

En introduction, Frédérick Genevée (Ambition communiste, PCF), insistait sur la nécessité d’un véritable cadre collectif pour la campagne présidentielle. « Nous devons entrer en dialogue avec Jean-Luc Mélenchon pour le faire bouger. » Quant aux divergences avec Jean-Luc Mélenchon, « les mettre en avant est un prétexte. Il y a beaucoup de divergences dans le PCF ou entre nous, et cela ne nous empêche pas de travailler ensemble ». Pour Olivier Mollaz (Ensemble !), «  il nous faut faire entendre une autre voix dans la campagne présidentielle pour élever le rapport de force ». Il propose aux participant-es de concevoir des outils pour aller à la rencontre du Parti de gauche, de France Insoumise, du PCF, d’Ensemble !, etc. Et d’organiser des rencontres locales, vers une rencontre nationale.

Devant l’invitation d’un jeune militant du PG « à rejoindre la France Insoumise, ouverte à tous et à faire état des divergences avec Jean-Luc Mélenchon », plusieurs intervenant-es pointent la forme de sa campagne. Philippe (ex-PG, Fontenay-sous-Bois, 94) : « Ce n’est plus un mouvement qui se donne un candidat, mais un candidat qui se donne un mouvement. Il est encore temps de se donner un cadre commun, collectif », insistant sur la vitalité de l’assemblée citoyenne du Front de gauche de sa ville, conservée à gauche sans le PS lors des municipales de 2014 grâce à une campagne unitaire. Pour Marc (membre du PCF dans la même ville), gagner suppose de « rassembler et convaincre ceux qui veulent s’abstenir dans les quartiers, France Insoumise n’est pas ce cadre », tandis que Sylvie, syndicaliste de la CFE-CGC ayant participé à Nuit debout, souhaite « entendre ce que la jeunesse a à dire ».

Pas de fatalité donc au fait de voir le social-libéralisme en tête au premier tour de la présidentielle, à condition d’avoir une démarche de front, une construction collective. « Utiliser le vote Mélenchon pour battre la droite et l’extrême droite », c’est ce que propose Nicolas, du PCF 93. « Car l’enjeu de 2017 est qui sera en tête à gauche : un porteur de l’alternative à gauche ou les socio-libéraux. »

Plusieurs personnes mettent en cause les trop nombreux appels « pour l’unité » à signer, mais Jacques Bidet estime que « tous les appels vont dans le même sens ». A l’inverse de ce que proposent des intervenant-es, il estime qu’on peut « déconnecter les deux campagnes », les législatives permettant un travail unitaire de terrain.

« Mélenchon, atout ou obstacle ? » Daniel, de Chaville, considère que « le soutien à Mélenchon ne sera pas un ralliement. Dans notre circonscription, nous avons élaboré dans l’unité (PCF, Ensemble !…) la base d’une plate-forme législatives, que nous distribuons autour de nous ». La plupart des intervenant-es défendent la nécessité d’un autre cadre, plus collectif, à côté de France Insoumise, « car celle-ci ne peut être le cadre pour construire la gauche de transformation sociale », souligne Jean Malifaud (Ensemble !, Paris) : « Il nous faut agir sans attendre les grands partis, rencontrer JLM et préparer les législatives. »

Patrick (PCF), qui soutient JLM depuis mars dernier, estime l’appel « Front commun » tardif., Il invite à rejoindre France Insoumise, « qui est un label, comme le Front de gauche » et dont « le travail sur le programme est bien entamé ». Ce à quoi Fatia répond que France Insoumise n’est pas un exemple de démocratie. Elle regrette que « énormément de temps a été perdu à courir après les frondeurs du PS, alors que Montebourg vient de rentrer dans le rang », et elle propose « d’aller chercher les gens dans les quartiers populaires ».

Les désaccords avec Jean-Luc Mélenchon ne sont pas un obstacle, selon de nombreux intervenant-es, tel Patrick Cohen-Séat (PCF) : « Avec l’Humain d’abord, nous avons su nous rassembler sur l’essentiel. Le sens de notre appel, c’est de pousser nos partis à débattre entre eux et avec Mélenchon. Laisser Mélenchon seul, c’est un risque terrible. »

Comme le souligne Janette Habel, « face à une situation politique défavorable, avoir le score le plus haut possible pour Jean-Luc Mélenchon est décisif », car cela permettra un meilleur rapport de force pour l’après-2017.

En conclusion, à l’instar de Fabien (Front de gauche culture), Christophe Aguiton estime que « seul JLM peut faire un bon résultat à gauche du PS, et on n’aura un score correct que si on élargit le soutien à JLM. Si Ensemble ! et le PCF le soutiennent, on aura atteint notre but. C'est décisif pour les luttes à venir, les résistances aux politiques libérales. Si ce n’est pas le cas, commençons à mener campagne à partir de novembre ».

Atteindre les dix mille signatures rapidement, organiser des rencontres locales et départementales ainsi qu’une réunion nationale courant novembre, prendre contact pour débattre avec le PG, France Insoumise, le PCF, « Ensemble ! »... Un programme de travail très copieux pour les prochaines semaines.

Sylviane Gauthier, avec Olivier Mollaz et Michel Bidaux.

Voir aussi https://www.ensemble-fdg.org/content/avec-lappel-faisons-front-commun-po...

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