G20 à Hambourg : une mobilisation massive !

Depuis la crise 2008, les chefs d'Etat et de gouvernement des 20 pays capitalistes les plus puissants se réunissent régulièrement sous le nom de G20 afin de promouvoir la domination du système économique en place.

Pourtant les problèmes du système sont nombreux : la croissance de la productivité des plus grands pays se caractérise par un niveau historiquement bas, le PIB réel par habitant est toujours en dessous du niveau d'avant la crise, les inégalités augmentent, la guerre et la misère provoquent de plus en plus de réfugiés et le réchauffement climatique est chaque jour plus réel. Autant de raisons pour protester contre cette réunion des représentants politiques de la classe dominante, et de proposer des mesures pour un monde solidaire. En effet, du 6 au 9 juillet la gauche allemande et internationale a organisé d'un côté un contre-sommet, le sommet de la solidarité, et de l'autre côté des manifestations et actions de blocage.

Les puissants du monde semblent avoir eu peur des mobilisations contre le G20. Ainsi, avant le sommet la police allemande a annoncé qu'elle utilisera « tout l'équipement de police qui existe ». Autrement dit, face à des manifestant.e.s elle aura recours à des véhicules blindés, des drones, des bateaux, des hélicoptères et mitrailleuses. Or, cette militarisation de la police ne semble pas suffisante. Elle se combine avec une politique de plus en plus autoritaire : la mairie de Hambourg, dirigée par le SPD et les Verts, a ainsi interdit le camping qui était prévu pour accueillir les opposants au G20 à Hambourg. Face a cette restriction de la liberté d'expression les organisateurs du « Camping de protestation anticapitaliste » ont obtenu gain de cause devant un tribunal administratif. Or, malgré cette décision de justice la police a empêché, y compris au moyen de la violence physique, le bon déroulement du camping. Heureusement, le club de foot hambourgeois proche des milieux antifascistes et antiracistes FC St. Pauli a ouvert les portes de son stade aux manifestant.e.s.

En dépit des différentes actions d'intimidation, de provocation et de violence de la part de la maire de Hambourg et de la police, des mobilisations importantes ont eu lieu. Dès jeudi 6 juillet, des actions très diverses ont commencé : un match de foot contre le G20, une soirée techno sous le titre « Va chercher 20 bières », un manifestation à vélo contre la pollution, une marche de zombies, de nombreux débats pour sortir du capitalisme et pour en finir avec la guerre, ou encore le sommet GAY20 qui a souligné les discriminations et les violences d'Etat dont souffrent les personnes LGBTI dans un certain nombre d'Etats-membres du G20. En parallèle, entre le jeudi 6 juillet et le samedi 8 juillet des actions de blocage de l'économie allemande ont eu lieu partout dans la ville et notamment dans le port de Hambourg. Toutefois, l'attention médiatique s'est concentrée sur la manifestation « Welcome to Hell » du 6 juillet, à laquelle plus de 12 000 personnes ont participé. C'est lors de cette manifestation que la police a réalisé sa promesse d'utiliser tout son équipement de haute technologie. En effet, même des journalistes de médias qu'on peut difficilement qualifier de sympathisant.e.s des luttes anticapitalistes comme le Huffington Post, le NDR ou encore le Deutschlandfunk, ainsi que des observateurs et observatrices parlementaires ont souligné que la police a attaqué une manifestation pacifique. De plus, la police était prête à causer des mort.e.s lorsqu'elle a à titre d'exemple tire avec le canon à eau sur des personnes qui se trouvaient sur le toit d'un immeuble.

Pourtant, le déchaînement politique contre les manifestant.e.s, qui a fait suite à cette manifestation, n'a pas empêché la poursuite des mobilisations. Pour preuve, sous le slogan « Solidarité sans frontière au lieu de G20 », la dernière manifestation de ces journées d'actions et de débat a réuni environ 100 000 personnes le samedi 8 juillet. Malgré un climat de haute tension entretenu par la police et une mairie qui, face à la critique du G20, répond par des mesures autoritaires, les journées de mobilisations ont permis de montrer l'opposition massive aux dominant.e.s de ce monde. Toutefois, le sommet de Hambourg a une nouvelle fois montré que la gauche ne peut pas ignorer les combats démocratiques qui sont de plus en plus urgents dans la période de crise actuelle : ainsi la réponse contre le G20 ne peut pas seulement être sociale et écologiste, elle doit aussi explicitement aborder l'autoritarisme et la violence des gouvernements et de leur police.

Ed Ouri

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