Hôpital du Rouvray : Victoire !

C'est incontestablement une grande victoire que viennent de remporter les personnels de l'Hôpital Psychiatrique du Rouvray, à Sotteville-les-Rouen.

Ils étaient en lutte depuis deux mois et demi (22 mars très exactement). Il aura fallu 18 jours d'une grève de la faim menée par 8 salarié-e-s, l'hospitalisation en urgence de 4 d'entre eux au bout de 14 jours, et sans doute l'entrée dans la danse des cheminot-e-s et d'autres secteurs venus en soutien, pour que l'ARS daigne enfin s'asseoir à la table des négociations. Non sans avoir tergiversé jusqu'au dernier moment (voir précédent article) et demandé l'assurance que la directrice ne serait pas séquestrée ! En dernier ressort, c'est la préfète Fabienne Buccio qui a intimé à Christine Gardel l'ordre d'ouvrir les négociations, sans plus de délais.

Les grévistes ont obtenu :

- création et financement de 30 postes pour les activités et structures de soin actuelles, d'ici 2019, sans que ces postes soient retirés à d'autres établissements de la région.
- arrêt des fermetures de structures extra-hospitalières type CMP.
- le service d'addictologie ne sera pas retiré
- attribution d'une unité d'hospitalisation pour les adolescent-e-s, ce qui devrait mettre fin au scandale de l'hospitalisation de mineur-e-s dans les unités adultes, avec toutes les violences qui s'ensuivent.
- projet restant à finaliser d'ouverture d'une UHSA (unités pour détenus).
- accès à la fonction publique pour un grand nombre de précaires en CDD travaillant actuellement au Rouvray.

A noter également que les postes nécessaires à la création de l'unité "ados" ne sont pas compris dans les 30 postes. Il s'agira de postes supplémentaires, chiffrés entre 10 et 20.

C'est donc une victoire totale, et qui plus est, acquise :

- dans l'unité : CGT, CFDT, CFTC, SUD, comité de grève représentant les non-syndiqué-e-s.
- la démocratie : les décisions ont toujours été prises en AG, et à chaque étape de la négociation, les délégué-e-s venaient devant l'AG obtenir son assentiment,
- le respect des personnels des autres hôpitaux : les salarié-e-s ont refusé les premières propositions qui étaient de 40 postes mais redéployés à partir d'autres hôpitaux de la région.

Cette lutte fera date, tant par sa durée, ses modes d'action que par sa conclusion. Les collectifs d'Ensemble ! de Rouen et du Havre, présents tout au long de la grève de la faim, ont envoyé une lettre de félicitations, mais aussi de remerciements : remerciements d'avoir montré que même dans une période où le capitalisme semble ne plus avoir de barrières dans ses attaques contre les travailleurs-euses, il était possible de se battre et de gagner.

En haussant la voix, les salarié-e-s du Rouvray ont ouvert la voie !

Gilles Houdouin

http://gilles-houdouin.eklablog.com/hopital-du-rouvray-victoire-a145084176

 

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