Il y a le feu

La COP21 fut un show planétaire, où Valls put interdire les manifestations, où les bavardages peu compréhensibles de technocrates de mille pays furent traduits en mille langues, où l'on décida globalement de ne pas décider et de se féliciter de cette franche détermination. En 2002, le Président Chirac parlant de la planète lut un fort beau discours où était écrit : « la maison brûle ». Il parlait de la planète. La maison a continué de brûler, Chirac est devenu l'ombre de ce qu'il fut, il réapparut lors de la COP21comme si l'on avait voulu symboliser le monde de ces gouvernants rassemblés: sans éthique et sans mémoire. Car de l'Union européenne à la Chine, des USA à la Russie et au Brésil, les gouvernants et les capitalistes qu'ils représentent sont nos adversaires dans cette course de vitesse pour maintenir, au-delà de quelques générations, les possibilités d'une vie sur cette Terre. Face à eux, c'est une révolution sociale, écologiste et égalitaire, mondiale, qui est nécessaire, indispensable. Une révolution rouge et verte et multicolore. Et rouge.

Pourtant, lors des récentes élections régionales, avant, pendant et après, ce sont les mots du FN qui ont dominé. Les mots de la xénophobie, du racisme, de la haine de l'inconnu et de l'inconnue. Au nom de la patrie de Pétain et des tueurs de l'OAS, ils nous promettent une dictature d'un type nouveau mais fidèle à ses racines fascistes. Et Hollande et Valls avec leur état d'urgence qu'ils nomment volontiers « état de guerre » s'attaquent dès à présent à nos libertés. Et leur proposition de « déchéance de la nationalité » pour des binationaux terroristes exaspèrent les juristes du Syndicat de la magistrature comme les démocrates tranquilles de la Ligue des droits de l'homme, voire quelques dirigeants socialistes. C'est une époque où les idées contre-révolutionnaires issues des ennemis des Lumières dominent. Et le PS, avec les Hollande-Valls-Macron en sont des convertis frétillants.

Bien sûr, le Front de gauche avec son tribun quotidiennement coléreux Mélenchon, avec ses partis aux combinaisons multiples et illisibles pour les non-militants, ses élus PCF qui sont les amis des amis de Macron que leur parti pourfend à chaque tract, n’apparaît pas porteur du renouveau politique nécessaire. Non plus notre organisation, Ensemble !, si ignorée du public, plus apte jusqu'à présent à jouer les bons offices entre le PG et le PCF qu'à développer et populariser son programme politique. Et pourtant notre mouvement issu des marxistes révolutionnaires de la LCR (dissoute en 2009 pour créer le NPA), des « communistes unitaires » (issus du PCF et qui ont leur revue électronique « Cerises »), des autogestionnaires des Alternatifs (héritiers du PSU des années 1960 et 1970) a bien la révolution à son programme. Une révolution pour en finir avec le système capitaliste, ses injustices monstrueuses, ses guerres et son absurdité. Une révolution héritière des révolutions passées dont celles en France de 1789-1793, de 1848, de la Commune de Paris (1871), de l'insurrection des maquis (1940-1944), des grandes grèves de Mai 1968 ou de décembre 1995.

Alors que la politique de la peur est promue par Hollande et Valls qui se trouvent fort finauds de voler les mots de Sarkozy qui est le perroquet de Le Pen, quelques éditorialistes sans imagination trouvent qu'en ce pays, à part les proxénètes massacreurs de Daech, personne ne veut mourir pour ses idées. Ce qui est parole de banquier indifférent à tout sauf à ses médiocres affaires. Car si au 20ème siècle, des générations de lutteurs et de combattantes se levèrent pour la révolution et contre les fascismes, en ce 21ème siècle, c'est un appel à la révolution qui s'impose à nouveau. Mais cet appel ne résonnera que s'il est porté à nouveau par des jeunes générations s'auto-organisant. Avec les militant.e.s jeunes d'Ensemble !, nous sommes prêt.e .s à nous investir dans cette voie.

Pascal Boissel. 29-12-2015

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pascal boissel