Iran : Trump joue à l’apprenti sorcier et pousse à la guerre au Moyen-Orient

   L’assassinat du général iranien Ghassem Soleimani et de son adjoint entre certes dans la logique
binaire de Trump « les bons et les méchants », mais va bien au-delà ; il sonne comme une déclaration de
guerre contre l’Iran.

   On ne peut faire abstraction de deux éléments fondamentaux de la politique impérialiste
étasunienne : la volonté permanente de contrôler et dominer le Moyen-Orient en s’appuyant sur des alliés
locaux (la famille saoudienne et le Shah d’Iran d’abord, puis Israël par la suite) et l’humiliation ressentie
lors de l’occupation de l’ambassade étasunienne de Téhéran en 1979/80. Depuis l’élection de Trump les
relations entre les deux pays sont marquées par une montée des tensions du fait du retrait unilatéral des
Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien et du rétablissement des sanctions. La
responsabilité de la crise actuelle qui peut déboucher sur une guerre dévastatrice pour toute la région est
donc celle de Trump et des faucons républicains, avec l’approbation totale de Netanyahou et de la
dynastie saoudienne.

   Néanmoins, nous ne pouvons exonérer l’Iran de ses responsabilités. Depuis la révolution
islamique de 1979, la « mollarchie » iranienne n’a cessé d’intervenir au Moyen-Orient pour y étendre sa
zone d’influence. Et l’on ne peut oublier le soutien permanent apporté à Bachar al-Assad, pas plus que
l’on ne peut oublier aussi, conséquence au moins en partie des sanctions états-uniennes, la violente
répression du régime contre les manifestations populaires de l’automne 2019.

   L’engrenage guerrier dans lequel Trump s’est lancé avec l’Iran, et dont chaque jour apporte un
nouvel élément, conforte l’intransigeance du régime des mollahs et contribue à unir le peuple iranien
contre les Etats-Unis. Cet engrenage n’est pas la solution, il faut faire baisser la tension et revenir à la
table des négociations, mais cela ne semble pas au programme. Le début des mobilisations anti-guerre
aux Etats-Unis sont des initiatives qu’il faut soutenir et transposer en France. Il faut également apporter
tout notre soutien aux mouvements démocratiques en Iran et dans la région.

Ensemble !

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