Je suis en colère. Nous devrions toustes être en colère

Féministe, un terme chargé « de connotations lourdes et négatives », un chef de classe qui ne saurait être une cheffe de classe, la soit-disant culture étrangère au féminisme, « La culture ne crée pas les gens. Les gens créent la culture », la poursuite de la chose qui en fait un fait normal, les qualités des individu-e-s, « les hormones ne jouent aucun rôle dans ces qualités », les lieux dont l’accès est interdit aux femmes non accompagnées, être élevée pour plaire, « nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement », l’estime de soi, « Nous apprenons aux filles à se diminuer, à se sous-estimer », l’assignation au mariage, le vocabulaire de possession, le double standard sexuel et la virginité, l’apprentissage de la honte, la détermination sexuelle qui « vous dicte ce que vous devez être au lieu de prendre en compte ce que vous êtes », désapprendre les intériorisations et les assignations, « Le regard de l’homme en tant qu’arbitre de mes choix est essentiellement anecdotique », la justice, « nous ne sommes pas des singes », question de genre et question de classe, « S’il est vrai que notre culture ne reconnaît pas l’humanité pleine et entière des femmes, nous pouvons et nous devons l’y introduire »…

Un texte plus que réjouissant. Et n’en déplaisent à certain-e-s, la révolution féministe est bien en cours là comme ici…

Le talent féministe de l’écrivaine se manifeste de manière particulièrement jubilatoire dans sa nouvelle Les marieuses.

Chimamanda Ngozi Adiche décrit une femme et « son mari tout neuf », le conformisme masculin – apparaître comme d’ici (USA), en adoptant les particulières coutumes ou le langage banalisé -, le silence des marieuses sur de nombreux points (ronflements désagréables, appartements handicapés de l’ameublement, odeur de la bouche de l’autre au petit matin, combat cuisinier, etc. ), l’impression d’un autre univers physique, les mensonges…

Cette femme n’acceptera pas…

Chimamanda Ngozi Adiche : Nous sommes tous des féministes

suivi de Les marieuses

Traduit de l’anglais (Nigeria) par Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal

Folio, Paris 2015, 90 pages, 2 euros

Didier Epsztajn

https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/04/25/je-suis-en-c...

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