Jean-Luc Fauche, Alterékolo, ex- Responsable des Verts rejoint Ensemble

QUE FAIRE en 2014 ? …. : faire ENSEMBLE

 

Comme le demandait Lénine il y a déjà cent ans, ou encore notre chroniqueur internet préféré, Benoist, dans ses chroniques de ce mois de décembre, QUE FAIRE ?

Là, maintenant, en cette période de vœux et dans ce désarroi généralisé qui va présider aux décisions politiques d'une partie de nos concitoyens (Municipales, Européennes..), se poser cette question primordiale, quasiment primale, est nécessaire. Il s'agit en effet de retrouver le sens DU politique, cela est nécessité... si l'on ne désire pas que les loups entrent une nouvelle fois dans Paris...

Les crises écologique, économique, sociale et politique se doublent dorénavant, ici en France, d'une crise de légitimité du gouvernement, d'une crise de confiance dans le régime, son président, dans la gauche et la droite traditionnelles tout entières mises dans le même sac. Ce sentiment contient en lui toutes les colères, toutes les révoltes, toutes les démagogies même et les extrémismes envisageables...

Cela va donc plutôt mal pour cette gauche, enfin celle qui est aux manettes - on n'ose pas dire aux affaires, pensant à Cahuzac et consorts –, PS et EELV confondus dans la même bouillie gestionnaire et technocratique, hélas essentiellement au service des pigeons, des dindons, des dodos, des tondus ou autres volatiles camouflant difficilement sous leurs prises de becs ou leurs bonnets rouges achetés en Ecosse, toute la volonté d'un capitalisme que l'on pourrait croire à bout de souffle, chaotique, et pourtant encore manipulateur et tout-puissant...

Au lieu de mettre en œuvre la souveraineté de l'Etat, cette fiction de l'intérêt général qui cimentait néanmoins le corps social, ce gouvernement donne ainsi à voir sa servilité face à la domination des marchés, des puissants, de ces très riches qui ont l'outrecuidance de se dénommer eux-mêmes pigeons....

Ce socialisme de l'offre mène une course qu'il sait perdue d'avance contre le capitalisme, vous savez, ce gros mot qu'on n'entend plus ni dans les allées du pouvoir ni dans les couloirs où officient les différentes « firmes » régnant sur les deux partis majoritaires...

Et ainsi, tandis qu'on allonge la durée des cotisations pour les retraites, qu'on augmente la TVA, qu'on rétablit une forme cachée de bouclier fiscal, qu'on a OUBLIE de mettre en œuvre et la réforme fiscale et la réforme bancaire,

on organise la baisse des dépenses publiques, on transfère des charges de la collectivité nationale sur les collectivités locales, on choisit l'ANI, on repousse l'éco-taxe aux calendes grecques, on octroie 20 milliards aux entreprises qui, en plus, boudent leur plaisir, on amuse le peuple avec la question des rythmes scolaires, on s'acharne à vouloir faire un méga-projet d'aéroport dans le bocage et l'on s'apprête à rallonger la durée de vie des centrales jusqu'à 50 ans.....

 

Pendant ce temps, la droite continue de se radicaliser (quand elle ne se ridiculise pas), l'extrême droite, le FN et consorts poussent leurs maudits pions vers une forme d'hégémonie idéologique, médiatique et peut-être politique, le centre se gondole au gré des pseudo-amitiés borloobayroutesques, et l'écologie politique, longtemps incarnée par les Verts, se vautre désormais sous le pseudo d'EELV dans les ors de la République, tout en perfectionnant le gestionnarisme technocratico-écolo et ayant définitivement renoncé à la lutte des classes pour une féroce lutte des places, exercée toutefois à tous les niveaux, selon les grands enseignements du catéchisme de l'écologie politique, du local au global.

Mais EELV a oublié nombre des autres enseignements de ces grandes figures que furent Illich, Monod, Dumont, Morin, Gorz... Ce dernier affirmait que l'écologie politique « suppose une subversion du rapport des individus à leurs outils, à leur consommation, à leur corps, à la nature ». En lieu et place de cet appel à la subversion, les verts sont passés de la politique autrement à une politique autrement pire : abandon des valeurs originelles, violences internes, pratiques scandaleusement non éthiques, c'est la politique des bricolages et des braconnages opportunistes... Et j'encarte, et j'encarte... Ce parti, dont je viens, contient désormais plus de partisans des chefs de tente, rémunérés ou non, que de militants...

A cela, qui donne le haut-le-coeur, il faut opposer la politique comme un souffle et une vision : il faut du grand air, de l'espace d'action, de la fraternité qui rassemble, et puis comme autrefois, toujours de l'audace.... Faisons ENSEMBLE !!

 

Jean-Luc Fauche

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