La FASE dans Ensemble !

Discussion destinée à restituer l’évolution des relations entre la FASE et « Ensemble ! » pour le Collectif national d’« Ensemble ! », le 15 juin 2014.

Ce texte résulte des discussions menées lors du Collectif danimation national(CAN) de la FASE des 13 et 14 juin. Il a été rédigé, en fonction de ces discussions, par Pierre Cours-Salies et Pierre Zarka. Il a été soumis, comme prévu, aux participant.e.s des réunions du 13 & 14 et du Collectif National d« Ensemble ! ». Il a été rectifié en prenant en compte diverses remarques. En létat, après des corrections et une dernière relecture, il est diffusé sur la liste CAN et au Collectif national d« Ensemble ! » Il faut cependant présenter nos excuses pour le retard dans la diffusion de ce texte : des emplois du temps chargés et quelque panne technique en sont la cause. 

Panorama et première idée de notre situation

Comme il a été dit lors du CAN, pour la FASE, accepter de « se dépasser » en construisant « Ensemble ! » n’est pas un problème. Réaliser un tel regroupement est, pour la FASE, un engagement constitutif dès 2008-2009. Cela permet de comprendre pourquoi, dans l’enquête interne lancée sur ce sujet, la quasi-totalité des réponses exprime une volonté de voir la FASE se dissoudre au profit de la construction et du développement d’« Ensemble ! » Certains ajoutent « si « Ensemble ! » arrive à mieux s’organiser et à s’enraciner… ». Toutefois, nous pensons que ces doutes ou ces questionnements ne portent pas ainsi sur le but mais expriment le souci d’avoir la garantie qu’un autre regroupement est vraiment le dépassement souhaité.

Depuis l’adoption de sa Charte de fonctionnement, la FASE a une structure fédérative. Une petite moitié des collectifs a répondu. Nous avons une grosse vingtaine de réponses de localités et/ou départements ; il nous en manque au moins autant, dont certains sont de petits collectifs mais d’autres non.

Un tiers, pour le moment, exprime un fait qui semble vérifiable : leur activité se confond avec celle d’« Ensemble ! »  Pour un autre tiers, tout en étant partie prenante d’« Ensemble ! », des collectifs poursuivent une activité en tant que FASE.

Nous prenons donc positivement l’échéance de décembre, afin que les diverses composantes puissent faire le point de leurs projets et prendre des décisions pour la prochaine étape de construction commune d’« Ensemble ! »

Nous avons trois préoccupations différentes et liées

Nous tenons à ce que se fasse un travail d’élaboration politique. Il est, selon nous, indispensable d’affirmer un horizon d’émancipation, une perspective historique de renversement de la domination de classe : droits des individus, appropriation sociale (des moyens de production, des banques, des assurances et un autre rapport aux institutions…) pour permettre une démocratie active et une réorientation écologique et sociale des productions. Défendre publiquement de tels objectifs est inscrit dans le calendrier d’activité d’« Ensemble ! » pour l’automne (avec une initiative publique en novembre-décembre).

Ce « nouveau projet émancipateur » suppose un travail commun. Nous suggérons donc la tenue de quelques journées pour réflexion et discussion sur des « brouillons ». Certains d’entre nous parlent d’un séminaire avec plusieurs séances, en plus des échéances déjà annoncées.

Ce que nous rendrons public et soumettrons au débat doit engager vraiment « Ensemble ! ».

De même, un travail de discussion sur la stratégie doit traverser « Ensemble ! » Cela ne se réduit pas à « adopter un texte ». Les liens entre les luttes immédiates, le projet de démocratie radicale à faire progresser, les mesures de ruptures et la façon d’en faire avancer la possibilité, tout cela donne une unité de démarche qu’il faut débattre et partager afin de mieux éclairer les questions tactiques.

Une organisation a besoin d’un cadre de principes, de priorités

L’option pour une révolution démocratique dans notre mouvement suppose que la démarche puisse être restituée partout, concrètement, au jour le jour. La reconnaissance de la diversité doit devenir une dimension culturelle essentielle de notre mouvement : c'est la garantie interne d'une autre pratique politique. Mais c'est aussi une nécessité vis à vis de toutes celles et ceux qui agissent pour un changement radical de la société. Les intéressé-e-s doivent avoir le pouvoir d’organiser et de décider leurs mouvements propres. Les mobilisations ne sont pas seulement des lieux de protestations ou de réclamations mais aussi des lieux d’élaboration des objectifs et elles peuvent imposer en actes des réalités nouvelles.  Pour être compris de celles/ceux qui nous font et feront confiance, nous avons un fil conducteur. Il est vital, dans la construction d‘un rapport de forces que le plus possible d’acteurs/trices, et le plus grand nombre dans la société, aient la maîtrise collective de leurs mouvements et de ce qui en résulte.

Il nous faut préciser ce que nous entendons par la notion de révolution citoyenne, lancée par le Front de gauche auquel nous participons.

Ce travail d’auto-définition, avec ces deux préoccupations, s’accompagne d’un troisième : quel type d’organisation nous voulons.

Ce débat doit évidemment être partagé par les membres d’« Ensemble ! » puisqu’il est présent dans les discussions avec toute personne qui envisage de se joindre à nous.

Dans l’immédiat, il appelle des transformations dans les relations entre les collectifs locaux et le collectif national : cohésion, démocratie d’une organisation, fédéralisme et efficacité ne se contredisent pas. Ce débat appelle aussi une transformation du rôle du CN comme lieu de véritable débat et d’élaborations d’axes que l’EAN et éventuellement d’autres camarades mandatés devront suivre. L’EAN est composée, de façon très diversifiée, de membres de Commissions, de Collectifs locaux, de « personnalités non encartées », de membres des anciennes ou de nouvelles composantes. À nous de montrer comment la transformation de l’EAN progresse : la préparation de l’étape suivante de construction en dépend, mais aussi les liens entre les diverses activités que nous nous sommes fixées pour l’automne.

Des contributions ont circulé sur ces questions. Il faudra y ajouter, sans aucun doute, la dimension de l’action à construire avec les réseaux militants de lutte contre les discriminations (racistes, sexistes, homophobes…). Il faut aussi, évidemment, marquer comment aborder les questions de mobilisations sociales et les débats syndicaux. Cela passe bien sûr par des tâtonnements dans l’organisation, des règles de relations, des moyens définis, dégagés et maîtrisés en commun. Des propositions et des demandes précises sont d’ores et déjà discutées (le travail a commencé, et il y a déjà des contributions). Les six prochains mois doivent permettre cette progression, qui ne sera pas achevée en janvier prochain. Et c’est bien logique.

Mais, pour remplir notre objectif de fin 2014-début 2015, il est essentiel de réussir la mise sur les rails de l’affirmation de nos axes politiques comme des rapports d’élaboration et de décision entre collectifs locaux et collectif national.

 

 

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