La loi de 2004 sert aussi à exclure des enfant-e-s de la plage

La loi du 15 mars 2004 (dite sur les signes ostentatoires religieux à l'école) s'est appliquée à 98% à des filles musulmanes. (Analyse : http://citoyen.eu.org/doc/blanctriarcat.php) Les discussions (médiatiques puis parlementaires) qui ont poussé à cette loi ont permis de libérer une parole de stigmatisation des femmes musulmanes. Depuis lors, cette loi et la laïcité sont instrumentalisées pour exclure des femmes si elles se montrent musulmanes en portant un foulard, un voile, un bandana, une longue robe.

Un exemple est l'accès à la plage artificielle de Wissous, dans l'Essonne, samedi 5 juillet. Le tribunal administratif de Versailles a suspendu un règlement de la mairie interdisant le port de signes religieux pendant l'opération estivale « Wissous Plage ». Cette décision est provisoire, le juge des référés ne statuant pas sur le fond de l'affaire, qui devra faire l'objet d'une nouvelle audience.

C'est la loi "anti-foulard à l'école" du 15 mars 2004, sexiste et raciste, qui doit être abrogée. Elle sert de faire-valoir, quotidiennement, à de nombreuses discriminations envers les femmes musulmanes de notre pays, du maire, à la directrice d'école en passant par le restaurateur ou le chauffeur de bus.

La commission Égalité des droits d'Ensemble !

Islamophobie : virées de la plage pour port de voile

Un article de Saphirnews du mardi 8 Juillet 2014
http://www.saphirnews.com/Islamophobie-virees-de-la-plage-pour-port-de-voile_a19219.html

Deux femmes voilées se sont vues refuser l'accès à la plage artificielle de Wissous, dans l'Essonne, samedi 5 juillet. Elles accompagnaient leurs enfants sur ce lieu de loisirs lorsqu'elles ont été refoulées car elles portaient le voile.

L'article 8 du règlement intérieur de Wissous-Plage interdit l'accès à toute personne qui arbore « un signe religieux » distinctif, a justifié Patrick Kitnais, le directeur du cabinet du maire, contacté par Europe 1. « Il se trouve que le maire était sur place, et il a donc refusé l'accès à ces personnes », a précisé M. Kitnais.

Aucune discrimination pour le maire

Le maire UMP Richard Trinquier a lui-même donné ses explications au Parisien. « Wissous Plage n'est pas un espace public mais un ERP (établissement recevant du public). A ce titre, il y a un règlement qui interdit le port de tous signes religieux », met-il en avant. « J’applique la loi de 2004 et le principe de laïcité. A Wissous Plage, nous sommes en présence d’enfants en bas âge qui n’ont pas à être exposés », ose même t-il dire alors que la loi du 15 mars 2004 à laquelle il fait référence ne s’applique qu’aux établissements publics scolaires.

Sur son compte Facebook, l’élu écrit qu’il n'y a pas de discrimination et que le règlement interdit également la kippa, les grandes croix chrétiennes mais aussi le burkini qui, selon lui, pose « problème » dans de « nombreuses communes ».

Un refus assumé qui irrite

Richard Trinquier assume pleinement une décision sans fondement qui discrimine les femmes voilées. Son attitude suscite le tollé auprès de la communauté musulmane. « Les enfants ont été choqués et n'ont pas compris pourquoi ils ne pouvaient pas aller sur les jeux gonflables comme tous les autres », a dénoncé Abdelkrim Benkouhi, le président du collectif Al Madina, une association locale œuvrant pour la transmission de la culture arabo-musulmane.

« Venant de Monsieur Trinquier, cet acte islamophobe n'est pas étonnant. Nous sommes dans la continuité des idées qu'il partage avec le Front national », a réagi de son côté Régis Roy-Chevalier, maire PS sortant, aujourd’hui conseiller municipal d’opposition.

Le maire et ses adjoints rencontraient lundi soir le collectif Al Madina mais le face-à-face n’a rien donné. Face à une nouvelle dérive islamophobe née de la loi de 2004, l'association a déclaré son intention de porter plainte, en concertation avec le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF).

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