La lutte contre la « ferme des 1000 vaches » : un enjeu de taille

En ce début d’été 2014, les choses s’accélèrent du côté de la lutte contre la « ferme des 1000 vaches » picarde. Ce 1er juillet, la Confédération paysanne organisait un grand rassemblement national devant le tribunal d’Amiens, en soutien aux militants arrêtés en mai dernier pour avoir démonté une partie des installations de la ferme. Les 5 et 6 juillet prochain, l’association de riverains Novissen sera, en tant qu’invité d’honneur, au rassemblement estival de Notre-Dame-Des-Landes. Alors que les infrastructures de l’usine sont en place, et que les 300 premières vaches sont en voie d’être acheminées, la mobilisation devrait passer à un rythme de croisière. Il faut dire que l’enjeu est de taille.

Car concrètement, l’idée des « 1000 vaches », c’est quoi ? C’est de créer une ferme-usine de 8000 m², assortie d’un méthaniseur géant. Les vaches ne vont pas uniquement produire du lait, mais de l’énergie. Des conséquences écologiques désastreuses sont évidemment à prévoir : les vaches seront nourries au soja transgénique, puis goinfrées de médicaments pour faire face aux risques liés à la concentration du bétail ; tandis que le « digestat » (le résidu des bouses transformé en biogaz, le méthane) sera épandu sur 3000 hectares de champs alentours, causant de fortes infiltration dans les nappes phréatiques.

Mais ce n’est pas tout. Grâce aux économies d’échelle ainsi réalisées et à la déqualification de la force de travail, le coût de production du lait va baisser drastiquement, inaugurant une restructuration d’ensemble de la filière laitière. Suivant les statistiques actuelles (2,1 emplois par tranche de 50 vaches), la ferme-usine devrait employer 42 personnes, or celle-ci ne prévoit de créer que 18 emplois : avec une telle hausse de productivité, qui balaiera les élevages laitiers traditionnels, c’est à terme quelque 70 000 emplois qui devraient être détruits dans la filière.

 

Le combat contre les « 1000 vaches », c’est celui de la petite production paysanne face à une nouvelle étape de développement capitaliste en milieu agricole. Il fédère les forces anticapitalistes, écologistes et les luttes des habitants pour le contrôle de leurs espaces de vie. La lutte, débutée il y a plus de 3 ans, monte en puissance tandis que les élites socialistes locales ont donné leur bénédiction à Michel Ramery, le patron de la ferme-usine, et que le gouvernement fait arrêter les syndicalistes de la Confédération paysanne. Ici comme ailleurs, c’est un choix de classe !

Ensemble! Amiens

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