La population algérienne dans la rue

Communiqué d’Ensemble !

Mouvement pour une alternative de gauche

écologiste et solidaire

 

L’officialisation de la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel le 10 février dernier, si elle a été soutenu par les partis de la coalition gouvernementale (FLN, RND…) et largement approuvée par la galaxie opaque des « décideurs » (généraux et anciens généraux à la retraite reconvertis dans les affaires, import-export notamment) a été peu appréciée par la population algérienne qui le fait savoir clairement : ce sont des milliers de personnes qui ont manifesté pacifiquement dans les rues de dizaines de villes, d’Alger à Tamanrasset et d’Oran à Annaba le vendredi 22 février, et ceci malgré l’interdiction de manifester à Alger en vigueur depuis 2001. Appelées sur les réseaux sociaux en dehors des partis politiques largement décrédibilisés, les manifestations se sont déroulées dans le calme, malgré les forces de sécurités bien présentes qui ont parfois utilisé les gaz lacrymogènes et procédé à quelques arrestations.

Ces manifestations sont les plus importantes depuis la fin de la « décennie noire », véritable guerre civile ayant opposé le pouvoir aux groupes terroristes islamistes qui avait fait entre 150 000 et 200 000 morts. Pour la première fois depuis 20 ans, il semble que les manifestants et manifestantes,

jeunes principalement, n’aient plus peur, que la crainte d’un retour de la violence soit passée au second plan. Et ces manifestations continuent : dimanche, c’est le collectif « Mouwatana » (citoyenneté) qui prône le boycott de l’élection présidentielle qui a appelé à manifester, mardi le relais a été pris par les étudiants et pour vendredi (le jour férié), les appels à manifester se multiplient. Il semble bien qu’un mouvement citoyen commence à se mettre en place en Algérie et l’on ne peut que s’en féliciter.

 

Le 27 février 2019

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