Le consensus expliqué au travers du contre exemple des municipales

Je vais tenter de vous expliquer ce qu'aurait pu être la situation dans le cadre de l'application du consensus au processus de positionnement dans le cadre des municipales.... Dans un premier temps, l'ensemble des acteurs se réunissent pour discuter Ensemble des propositions d'actions et de positionnement vis à vis de la problématique des municipales.

A ce stade, chacun est persuadé de l'évidence de sa position particulière et est inconscient des dissensions du mouvement sur cette question. Rapidement et localement, trois propositions se dégagent:

La première dit à peu prés cela:

Il est évident, je pense, pour tous ici, que l'action que nous avons à mener est en premier lieu dirigée vers l'amélioration du quotidien des populations. Il ne saurait être question de privilégier un quelconque message politique à cela. Il me paraît donc évident de favoriser la présence de nos représentants dans les instances de décision locales par tous les moyens, afin que ceux ci puissent de par leur action pratique faire valoir au travers de leur prise de parole et des actions qu'ils réussiront à mettre en place notre vision des choses et démontrer au travers de l'action visible par tous et toutes, la validité de notre message. C'est pourquoi, et comme il fut fait de par le passé, nous allons bien évidemment mener des négociations immédiates avec l'ensemble de nos partenaires afin d'établir au plus tôt les listes qui nous garantirons la représentation la plus large en même temps que le financement le plus grand pour notre mouvement. Financement qui rendra possible toutes nos actions pour l'émancipation des peuples et la lutte active contre le capitalisme.

La seconde:

Il est évident, je pense, pour tous ici, que l'action que nous avons à mener est en premier lieu celle de délivrer au peuple le message politique matérialisé par le programme de notre mouvement. Ce programme légitimé par l'ensemble de la population, plus de 4 millions de citoyens, qui s'est rangée derrière nous  et envers qui nous avons un devoir. Le devoir d'une opposition claire à la politique menée dans le pays qui passe nécessairement par la l'offre faite aux population d'entendre une autre voix à gauche et de pouvoir se positionner en sa faveur. Il ne saurait donc être question d'alliances contre nature qui priverai les citoyens de cette possibilité. C'est pourquoi, au risque de perdre en capacité d'action "légitime", au risque de perdre une part du financement "légal" pour nos actions futures, il paraît évident qu'il faut se positionner dans la démarche d'une "autonomie conquérante" et prendre le risque que nous devons au peuple qui subit jour après jour les effets toujours plus dramatiques de la politique gouvernementale basée sur une ligne politique libérale et austéritaire à laquelle nous ne pouvons pas nous associer. C'est pourquoi, nous allons ouvrir les négociations avec ceux qui pourraient nous rejoindre sur la ligne politique qui est la notre en vu de constituer des listes autonomes et proposer aux citoyens d'adhérer à l'alternative que nous portons. Il sera toujours temps entre les deux tours, sans concession aucune sur le fond, mais au moyen de la calculette, d'étudier la construction d'une liste commune de circonstance, afin d'assurer la plus légitime représentation de notre vision, au regard du rapport de force local et du processus plus qu'imparfait de représentation en place.

La troisième:

A l'occasion de cette élection, nous avons le double devoir de cohérence politique et de prise en compte des populations afin de pouvoir répondre au plus juste de par nos actions et la parole que nous porterons à ses attentes. C'est pourquoi, nous proposons, d'ouvrir le débat légitime avec les populations locales, pour co-construire des programmes et des listes sur la base la ligne politique qui est la nôtre, en utilisant comme filtre les valeurs qui la sous-tendent, afin de l'enrichir de propositions pratiques et théoriques nouvelles  en regard des problématiques locales. Pour cela, nous utiliserons la méthode du consensus et les pratiques démocratiques considérant qu'une personne égal une voix, afin de faire émerger des débats une ligne politique cohérente qui soit le réel reflet des volontés des populations et constituant une réponse construite basée sur les valeurs qui sont les nôtres. Pour le second tour, il sera toujours tant de "sortir la calculette" dans un esprit de pragmatisme dicté par un système de décision illégitime, mais notre devoir, au delà de ces élections, reste d'offrir à tous ceux qui le désirent, au moyen de leur implication et de leurs actions, la possibilité de faire advenir leur programme, celui qu'ils ont construit et pour lequel ils désirent se battre sur la durée.

Dans un second temps, l'ensemble des débats locaux, sous forme de comptes rendus, de vidéos, d'enregistrements sonores et d'argumentaires seraient mis à la disposition des comités locaux. Les débats seraient affinés par cet apport nouveau et peut être que deux ou peut être l'ensemble de ses lignes apparemment opposées auraient trouvées une position commune satisfaisante.

Dans tous les cas, la ligne politique majoritaire peut être extraite à tout moment des débats et inclure la reconnaissance de "dissidences".

Rien n'empêche, une fois levée la suspicion de malhonnêteté, de non respect des valeurs commune par l'une ou l'autre des propositions et qui motive le véto dans le processus du consensus, qu'une partie minoritaire use de son droit de retrait et même oeuvre pour la réalisation de sa proposition.

 

Ce qui tranche dans ce processus, ce n'est pas le débat, l'imposition d'une ligne majoritaire au mépris des lignes minoritaires, mais la réalisation de l'action pratique par l'adhésion idéologique qu'elle suscite.

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Auteur: 
Npoitier