Le gouvernement Macron-Philippe est bloqué

En interrompant le débat en cours au Parlement sur la réforme des institutions et la réforme constitutionnelle, le gouvernement Macron-Phillipe fait l’aveu d’une sorte « d’empêchement » à gouverner. Sa légitimité est mise en cause. Refuser d’admettre qu’une ou des milices privées (un « commando » dit même un proche de l’Elysée au journal Le Monde !) ont été mises en place autour du chef d’Etat, et ont exercé des fonctions régaliennes illégales allant jusqu’à utiliser la violence contre des citoyens, représente une atteinte très grave aux principes du droit. Nous savions qu’E. Macron savourait l’exercice d’un pouvoir vertical, de type monarchique, n’admettant pas le pluralisme démocratique. Mais il vient de franchir une borne en pensant que les institutions de la 5ème République, elles-mêmes issues d’un coup d’Etat, l’autorisaient à gouverner en s’affranchissant des règles légales.

Face à cette situation, les parlementaires ont déjà pris des dispositions tendant à reprendre une autonomie de décision face à l’exécutif : commission de contrôle, suspension de fait de l’ordre du jour, convocation de fait de certains ministres. C’est positif mais il convient d’aller bien plus loin. C’est la totalité de l’exécutif, Macron en tête, qui doit s’expliquer à l’Assemblée nationale et devant le pays tout entier.  L’argument de la séparation des pouvoirs n’est pas recevable. La séparation des pouvoirs n’autorise pas l’exécutif à s’affranchir des lois.

Il convient donc plus que jamais de mettre en cause une 5ème République dont toute l’histoire et les principes montrent qu’elle a tendance à s’affranchir de la démocratie et des règles élémentaires de l’Etat de droit. Ensemble ! défend la rupture avec de telles institutions et se prononce pour une 6ème République basée sur des assemblées élues au suffrage universel, la suppression de la fonction présidentielle, mais aussi de nouvelles institutions basées sur l’auto-organisation de la société.

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